Archives de l'auteur : Childeric

Spectacles

L’Armagnat : Art contemporain, spectacles, festivals & vogues

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TravauxAgoraAmphithéâtreCafé des VoyageursCafé du Peuple102Centre culturel Jean MoulinComédie de ValenceEspace Albert CamusEspace Jean PoperenHexagone Karavan théâtreL’heure bleueLa PasserelleLa RampeLe (petit38)Le PolarisLe ToboganMC2Nouveau théâtre du 8° –  Théâtre AstréeThéâtre de l’IrisThéâtre de Vénissieux –  Théâtre du Briançonnaisthéâtre du VelleinThéâtre Jean MaraisThéâtre du RhôneThéâtre municipal de GrenobleThéâtre municipal de VienneThéâtre Théo ArgenceTNPTrain ThéâtreTricycle


Agora - St IsmierAgora
Place de l’Agora – 38330 – Saint Ismier
Site internet : http://www.agora-saint-ismier.com/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


AmphithêatreAmphithéâtre
Place Michel Couetoux -38800 – Le Pont de Claix
Site internet : http://amphitheatre-pontdeclaix.com/
Boissard aurait bien aimé ne pas voir :
Dedeuch m’a tué !Collectif écœurant


Café des voyageursCafé des Voyageurs
21 – avenue du Vercors – 38450 – Le Gua
Site internet : http://bistrotvivant.fr/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya


Café du Peuple

Café du Peuple
33, Rue Jean Jaurès – 05400 – Veynes
Site internet : http://www.fourmidiable.org/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


102
102, Rue d’Alembert – 38000 – Grenoble
Site internet : http://www.le102.net/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Espace Jean MoulinCentre culturel Jean Moulin
Rue Fabian Martin – 69780 – Mions
Site internet : http://www.ville-mions.fr

Les spectacles que M. Boissard aurait bien aimé voir :

27.11.2015 – l’homme qui tua Don Quichotte – Cie Premier acte
11.12.2015 – La 432 – Les chiche capon
04.03.2016 – Le Malade Imaginaire – Face Nord Cie.


an-5Coleo
2 – Avenue J F Champollion – 38530 – Pontcharra
Site internet : Coléo

Les spectacles que M. Boissard aurait bien aimé voir :

20.11.2015 – Richard III – d’après Shakespeare – Le Théâtre du Risque – Cie La Troup’Ment
11.12.2015 – Les Fourberies de Scapin – d’après Molière- Chapiteau théâtre
18.03.2015 – Antigone – d’après Jean Anouilh – Mise en scène Irène Jargot
01.04.2016 – Lala Napoli
08.04.2016 – Au secours j’ vais tous mourir – Mots Paumés & Robert Negro


Comédie de Valence
Place Charles Huguenel – 26000 – Valence
Site internet : http://www.comediedevalence.com   

Les spectacles que M. Boissard aurait bien aimé voir  :

02-03.10.2015 En Avant, marche !  NTGent / les ballets C de la B / Frank Van Laecke, Alain Platel, Steven Prenge
l6-18.10.2015 – Candide (si c’est ça le meilleur des mondes…) – Voltaire – Adaptation Kevin Keiss – Mise en scène Maëlle Poésy
12-19.11.2015 Roberto Zucco – Bernard-Marie Koltès – Mise en scène Richard Brunel
23-24.11.2015 – Fenêtres – Mathurin Bolze & 26-28/11 Barons perchés (L’habitant de la cabane se dédouble…)
15-16.11.2015 Werther ! – d’après Johann Wolfgang von Goethe – Mise en scène Nicolas Stemann
01.12.2015 Les Sonnets de Shakespeare – Shakespeare – chant Norah Krief – composition Frédéric Fresson – mise en scène Richard Brunel
8-9.12.2015 Catherine et Christian (Fin de partie) – Collectif In Vitro – Création collective dirigée par Julie Deliquet


 Espace Albert CamusEspace Albert Camus
1, Rue Maryse Bastié – 69500 – Bron
Site internet :http://www.albertcamus-bron.fr/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :

Les spectacles que M. Boissard aurait bien aimé voir :

03.12.2015 – Le Misanthrope – Molière – mise en scène Michel Belletante – thèâtre et Compagnie
28.01.2016 – Acoustic – Axelle Red
05.02.2016 – La Revanche – Michele Santeramo – Mise en scène : Antonella Amirante – Cie Anteprima


Espace Jean PoperenEspace Jean Poperen
135, rue de la République – 69330 – Meyzieu
Site internet : http://www.meyzieu.fr/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


HexagoneHexagone
24, Rue des Aiguinards — 38242 – Meylan
Site internet : http://www.theatre-hexagone.eu
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


karavan-théâtreKaravan théâtre
50, Rue de la République – 69680 – Chassieu
Site internet : http://www.karavan-theatre.fr

Les spectacles que M. Boissard aimerait bien voir :

09.10.2015 – Calamity Job – Écrit par Jacques Chambon – Avec : Luc Chambon, Sabine Messina et Laurent Lacroix
27.11.2015 – Lettre d’une inconnue – Mise en scène : Christophe Lidon – Adaptation théâtrale : Michael Stampe – d’après  Stefan Zweig
22.01.2016 – Le mec de la tombe d’à côté
18.03.2016 – Le chien des Baskerville – Compagnie : Théâtre du Kronope – Mise en scène de Guy Simon


l'Heure BleueL’Heure bleue
2, Rue Jean Vilar – 38400 – Saint Martin d’hères
Site internet : http://www.smh-heurebleue.fr/

Grand amateur de Renaudie, Boissard pourrait peut-être aller lire les affiches :

09.09.2015 – Eloge de la Pifomètrie – Luc Charreyron
02.10.2015 – Le Professeur Rollin se rebiffe – François Rollin
15-16.01.2016 – Sainte Jeanne des abattoirs – d’après Bertolt Brecht – Théâtre du Réel
01-02.04.2016 – Le Bourgeois Gentilhomme – d’après Molière – Agence de voyages imaginaires – Cie Philippe Car


La RampeLa Rampe
15, Avenue du 8 mai 1945 – 38130 – Echirolles
Site internet : http://www.larampe-echirolles.fr

Les spectacles que M. Boissard aimerait bien voir, mais les macarons sont hors de prix :

24-25.09.2015 – Naufrage – Compagnie Kumulus – !! lieu : cour des Moulins de Villancourt
05-06.10.2015 – Numax Fagor Plus – pièce de Roger Bernat – !! Salle André Martin
06-08.01.2016 – Jusque dans nos sourires – Compagnie Sylvie Guillermin – !! La Ponatière
16.01.2016 – La folle Nuit Schubert – Auditorium du Musée de Grenoble


Le PolarisLe Polaris
5, Avenue de Corbetta – 69960 – Corbas
Site internet : http://www.lepolaris.org/

Si Madame Juliette ne mangeait décidément pas tant de macarons Boissard aurait ou voir :

15.01.2016 – L’Ours – Anton Tchekov – Compagnie le bruit des couverts
05.02.2016 – K etc. – textes Dino Buzzati et Marcel Aymé – Compagnie Rêvages
02.04.216 – La Nuit des Génialissimes Crétins
20.05.2016 – Un enfant assorti à ma robe – Les trois Huit
27.05.2016 – Les Mangeurs de lapins remettent le couvert


Quattro Le Quattro
56 – Avenue Emile Didier – 5000 Gap
Site internet : http://www.lequattro.fr/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Le ToboganLe Tobogan
14, Avenue Jean Macé – 69150 – Décines-Charpieu
Site internet : http://www.letoboggan.com/

Boissard ne verra pas mais le regrette bien :

24-25.10.2015 – Dehors – De Thomas Depryk & Antoine Laubin
28.11.2015 – Femme non rééducable – de Stefano Massini et Arnaud Meunier – avec Anne Alvaro
09.12.2015 – Un poyo royo – Luciano Rosso et Alfonso Barón
06.01.2016 – Le sorelle Macaluso – (les sœurs Macaluso) – Emma Dante1
2-13.01.2016 – La nuit les arbres dansent – La Fabrique des petites utopies
14.01.2016 – Reality – Daria Deflorian et Antonio Tagliarini
15.01.2016 – Ce ne andiamo per non darvi altre – de Daria Deflorian et Antonio Tagliarini


MC2
4, Rue Paul Claudel – 38000 – Grenoble
Site internet : http://www.mc2grenoble.fr  

Boissard  :

22-26/09 – Toujours la tempête texte Peter Handke, texte français Olivier Le Lay, mise en scène Alain Françon
06-09/10 – Nobodyd’après les textes de Falk Richter, mise en scène Cyril Teste / Collectif MxM
13-17/10 – En attendant Godot texte Samuel Beckett, mise en scène Jean-Pierre Vincent
03-05/11 – Ce qui n’a pas de nom texte et mise en scène de Pascale Henry
17-21/11 – L’Avaretexte Molière, mise en scène Ludovic Lagarde
17-27/11 – Tartuffe d’après Tartuffe – …d’après Tartuffe d’après Molière – Groupe Fantôma01
05/12       –  Le Chagrin – Ecriture au plateau Les Hommes


Nouveau théâtre du 8°Nouveau théâtre du 8éme
22 – rue Commandant Pegout – 69008- Lyon
Site internet : http://www.nth8.com/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Le (Petit 38)
38, Rue Saint Laurent – 38000 – Grenoble
Site internet : http://lepetit38.asso-web.com/   

Boissard y sera !

28/09 > 18/10Ascolta (parlerie) – Une fantaisie picturale « à sauts et à gambades » – Monique Brun


Théâtre AstréeThéâtre Astrée
6, La Doua – Avenue Gaston Berger – 69100- Villeurbanne
Site internet : http://theatre-astree.univ-lyon1.fr/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Théatre de l'IrisThéâtre de l’Iris
331, Rue Francis de Pressensé – 69100 – Villeurbanne
Site internet : www.theatredeliris.fr   xxxxx
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Théâtre de VénissieuxThéâtre de Vénissieux
6, Boulevard Laurent-Gérin – 69631 – Vénissieux CEDEX
Site internet : www.theatre-venissieux.fr

Boissard féru d’architecture soviétique serait bien allé voir :

09.10.2015 – Dakh Daughter Band – Freak Cabaret
20.10.2015 – What the hell is happiness ? Qu’est-ce que c’est que ce foutu bonheur ? – Collectif Codice Ivan
06.11.2015 – Cœur d’acier – texte de Magali Mouge – Le Théâtre Exalté – mise en scène de Baptiste Guito
27.11.2015 – Oreste aine Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort… – D’après Racine – Collectif La Palmera
11.12.2015 – Bled Runner – Fellag


Théâtre du BriançonnaisThéâtre du Briançonnais
45, Avenue de la République – 5100 – Briançon
Site internet : http://www.theatre-du-brianconnais.eu/
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Théâtre du VelleinThéâtre du Vellein
Avenue du Driève – 38091 – Villefontaine
Site internet : www.capi-agglo.fr/Vivre/Culture/Theatre-du-Vellein

Si les jeunes contrôleuses de la SNCF faisaient moins de zèle, Boissard irait, c’est sur…

13-14-15.10.2015 – Bigre – Cie Le Fils du Grand Réseau – Co-écrit et interprété par : Pierre Guillois, Agathe L’Huillier, Olivier Martin-Salvan
10.11.2015 – Ce qui n’a pas de nom – Ecriture et mise en scène : Pascale Henry
23-24.10.2015 – Les Fourberies de Scapin – Molière – Compagnie le Menteur Volontaire – Mise en scène : Laurent Brethome
27.11.2015 – Stephan Eicher – Und die Automaten


Théâtre Jean MaraisThéâtre Jean Marais
69- Rue Carnot – 69190 – Saint-Fons
Site internet : http://www.theatre-jean-marais.com/

Aller donc planter un poignard dans un mur de béton…

22.10.2015 – Cafi – de et par Vladia Merlet – Mise en scène : Georges Bigot
06.11.2015 – Cyrano project – d’après E Rostand – Conception et jeu : Jérôme Sauvion
27.11.2015 – Patinoire – Idée originale, composition musicale au ukulélé, performance : Patrick Léonard
05.12.2015 – Les derniers géants – Texte : François Place – Mise en scène : Catherine Perrocheau
13.12.2015 – Le Fil à la patte – Georges Feydeau – Scénographie : Anthony Magnier


Théçatre La PasserelleThéaâtre La Passerelle
137, Boulevard Georges Pompidou – 05000 – Gap
Site internet : http://www.theatre-la-passerelle.eu   

Si le train de nuit roule encore, Boissard pourrait aller voir :

7-10/11 Hêtre & Noos – cirque – Cie Libertivore – Cie Frédéri & Justine
24/11    – Face au murDe Martin Crimp – Mise en scène Hubert Colas
1&2/12Le MisanthropeMolière – Collectif Kobal’t – Mise en scène Thibault Perrenoud


théâtre du RhôneThéâtre le Rhône
Allée André Revol – 26500 – Bourg-lès-Valence
Site internet : www.theatre-le-rhone.com
Boissard n’ira pas mais recommande :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Théâtre municipal de Grenoble
4 – Rue Hector Berlioz – 38000 – Grenoble
Site internet : www.theatre-grenoble.fr
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


n-26Théâtre Municipal de Vienne
4, Rue Chantelouve – 38200 – Vienne
Site internet : www.theatredevienne.com
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


an-17Théâtre Théo Argence
Place Ferdinand Buisson- 69800 – Saint-Priest
Site internet : www.theatretheoargence-saint-priest.fr
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


TNP
8, Place Lazare-Goujon – 69627 – Villeurbanne
Site internet : www.tnp-villeurbanne.com  

Les spectacles que M. Boissard aurait bien aimé voir  :

30.09 – 17. 10.2015La leçonIonesco – mise en scène Christian Schiaretti
8 – 17. 10.2015Electre… – Jean-Pierre Siméon – Élaboration collective
13 – 23/10 & 25/11 – 05/ 12.2015Tristan et Yseultd’après Béroul et d’autres conteurs du XIIe siècle / Juliette Rizoud et Julien Gauthier
13-22/10 & 25/11 – 05/12.2015La Chanson de RolandD’après un anonyme du XIIe siècle / Avec Julien Tiphaine
15-23/10 & 24/11 – 04/12.2015Le Franc-Archer de Bagnoletd’après un anonyme du XVe siècle / avec Damien Gouy
15-22.10 & 24.11- 04.12.2015  – Le Roman de Renardd’après des anonymes des XIIe et XIIe siècles / Clément Carabédian et Clément Morinière
10-20.12.2015Le Papa de Simontexte et mise en scène Clément Morinière, d’après la nouvelle de Guy de Maupassant
16-31.12.2015La Vérité sur Pinocchiode Carlo Collodi / mise en scène Didier Galas
05-09.01.2016 –  Le Songe d’une nuit d’étéde William Shakespeare / mise en scène Juliette Rizoud


Train Théâtre
1, Rue Aragon BP 47 – 26801 – Porte-lès-Valence
Site internet : www.train-theatre.fr
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


Tricycle / Théâtre 145 / Théâtre de poche
182- Cours Berriat – 38000- Grenoble
Site internet : www.letricyclegrenoble.com
Boissard (qui n’était pas là) a cru entendre :
Quand le chasteau d’anjou fut prey, Mala fut la journeya…


 

 

Mauvoillenci / Critique

Une autre approche de la Critique : Les tribulations des Magasinopathes per tot lo Dauphina (côté friches, galeries & Centres d’art).

 Goin <> Uta  Pütz <> Sébastien Reynaud <> Simon Wachshmuth

Janvier 2015

Art 3, Musée de ValenceSimon Wachshmuth_AnalogonWachsmuthJ’ai commencé par le musée que je n’avais connu qu’en travaux. Rénovation remarquable donnant une idée de l’évolution des anciens bâtiments de l’évêché à travers les âges. Un belvédère avec vue imprenable sur le Rhône, Crussol et Valence, un peu de tout, des mosaïques, des cartes, des plans… Un fond permanent de peintures, des expositions ponctuelles, Cathelin en ce moment … Le tout pour un prix pas vraiment modeste de 8 €. Sans être un adepte du tout gratuit, on râlera à juste titre au nom de tous les fauchés de la terre…
J’étais venu voir Analogon, l’expo de Simon Wachshmuth, réalisé conjointement avec Art 3. Disons, pour faire simple, un travail sur la notion de grille, des grilles du sol d’Art3 et des mosaïques du musée – In copying/ Mosaïcs – aux grilles de lecture, deux particulièrement : La présentation d’objets et d’œuvres d’art propre au musée – blind date – et les algorithmes – Florentine et Watteau – deux œuvres « algorithmiques » qui renvoient au Wall Painting présenté en 2013 à Art3 dans l’expo On ne connait les chiffres que d’un côté du plan. Les algorithmes – mathématiques bien évidemment – sont à la mode dans les centre d’art, même que leurs invocations répétées sur un mode quasi incantatoire finirait par devenir lassante, d’autant qu’ils ne dissimulent en rien l’absence ou la présence de talent voire d’arrières pensées mercantiles ne demandant qu’à s’exprimer dans des séries de produits dérivés.
Dans les locaux d’Art 3, un algorithme d’un autre genre, le tissage – Cloth – Film n/b projeté sur le mur du fond pour une fois dans d’excellentes conditions, une pièce de vêtement à carreau noir et blanc étendue sur un fil et balancée (déformée) par le vent. Un petit air de GRAV. Et dans un angle, comme pour résumer le propos – Blot II, (A Common Method of Assisting the Imagination – un damier, une pierre noire recouverte en grande partie de calcaire blanc, une figurine noire… Une installation remarquable.
Simon Wachsmuth est un artiste autrichien né en 1964 et vivant à Berlin.


20 décembre 2014

La Passoire – Avenue de Vizille – Sébastien Reynaud

Je décidais de commencer par la passoire pour l’expo de Sébastien Reynaud. Fermé. Encore une histoire d’intervalle (on le compte ou on ne le compte pas le dernier piquet de la clôture, elle ferme le 19 à minuit une ou le 20 à 22h l’expo ?) Je n’ai jamais rien compris aux problèmes d’intervalles, ce n’est pas maintenant que je vais m’y mettre. J’espère qu’il y a eu des visiteurs et des acheteurs. Sébastien Reynaud a plus que du talent.

Space junk. Rue de Génissieu. Goin_ Bring me the street

Goin2On n’est jamais déçu avec les expos de Space junk, toutes valent le détour. Le Street Art, le graph, dont Jérôme Katz s’est fait le chantre en cours de starisation, arrive fort à propos pour redonner un peu de souffle à une scène artistique crevant de ses écoles d’Art, de ses artistes diplômés d’État et de ses circuits de diffusions endogames.
Goin donc. En vitrine, un personnage habillé aux couleurs de Mac Do et portant une ceinture d’explosifs avec, imprimée sur chaque cartouche, la formule chimique d’un de ces conservateurs, émulsifiants et autres arômes qui font tout le charme de la tambouille servie dans ces temples de la gastronomie enfantine festive –  Big Mac attack – une excellente entrée en matière. Une coutume bien établie à Space Junk que ces grandes sculptures : La Voyante  de Fred Laverne (Pimp my ink), le grand singe Merci de consommer de Laurence Vallieres (Monkey snack).[spacer height= »0px »]La difficulté avec le Street Art c’est qu’il faut reproduire l’œuvre sur un support que l’on puisse accrocher sur les murs de la galerie et de son salon ou de son entrée si affinités, et que cela devient, qu’on me pardonne l’expression, de la peinture de chevalet, à la bombe certes et sur des supports moins classiques que la toile : Cartons d’emballage, bois, matières plastiques … Mais quand même. Sans compter que Goin, provocateur jusqu’au bout, peint aussi sur toile. L’avantage, avec lui du moins, c’est qu’en sortant on peut aller rue de Génissieu et du Phalanstère contempler et photographier les originaux.
Beaucoup d’humour et de dérision comme partie intégrante de la provoc omniprésente : Prosélytisme en choisissant de préférence des murs encore vierges comme pour les ensemencer, incivisme revendiqué en distinguant des murs « sacrés » comme ceux d’un cimetière pour y peindre trois cercueils tirés par deux policiers Liberté ? Egalité ? Fraternité ? (Bombe sur toile mais avec une petite photo de l’original en annexe) … Je passerai sur les cocktails Molotov estampillés BP, m’attardant un moment sur Unveiled truth recto et verso, une femme voilée, tout de noir vêtue d’un côté et nue de l’autre, un cœur écarlate comme cache sexe. Avis aux amateurs d’art engagé… Goin cogne, très for même, mais sans perdre jamais le sens de Goin1l’humour : Mona Oila – Une Joconde peinte sur une vieille pompe à essence, Money Cure, Droned Peace ( déclinée en khaki, mustard, pink, purple, green water, blue sky, blue duck… Une inquiétante paix armée garantie par les drones), Cathédrale of consumption, une cathédrale sponsorisée (tout le monde sait que l’Église est vénale, mais là …) Anarchy ironing (une ménagère américaine très année cinquante repassant un drapeau noir) I rule the World (un singe en costume sur un fauteuil directorial)… J’en passe et des meilleurs. Goin a travaillé à la Demeure du Chaos, c’est tout dire et ça se voit.
Je ne manquerais pas, évidemment de mentionner Bad Apple, clin d’œil de ma part à Sébastien Reynaud – puisqu’il s’agit d’une Blanche Neige, s’apprêtant à croquer dans une grenade (offensive)

Et la visite continue, rue de Génissieu et rue du Phalanstère
Heart breaker (sur le mur d’en face en sortant, admirer à droite la fresque anamorphique de NiKoDeM sur la façade de l’agence Rigassi) Love is not dead, une liberté guidant le monde sur la porte d’un garage, I spray for you et tout au bout de la rue du Phalanstère un cadre moyen supérieur qui s’envoie en l’air…

16 octobre 2014

Art3 Valence du 12/09 au 01/11 2014 – Uta Pütze_Permanent vacation

Uta-PultJe suis un type désolant, je ne lis jamais les dossiers de presse avant d’aller voir une expo, je me présente souvent en ignorant tout de l’artiste, de ses travaux antérieurs, de sa méthode et surtout du cheminement qui a conduit à l’objet exposé. J’arrive, je regarde, ne fait souvent que passer…
Ce jour-là je suis resté longtemps, bien longtemps à regarder. Peu de choses, quatre pièces – Permanent Vacation, Weltraumfarhrt, Ikebana, Sonn I – trois photographies dont deux se répondant et quatre bouts de planches blanches posés sur deux tasseaux. Minimaliste et fascinant. Une cohérence rare, celle que seul peut donner le hasard démultiplié : Récupération d’objets trouvés sur place, détail mis au cœur d’une photo, absence total de contexte, d’histoire, rien que des objets, mais étrangement en résonance … Le coup de dés de l’artiste assurément.
Regarder longtemps, avec insistance, persister, comme pour conjurer le hasard et la précarité absolue, voulue, revendiquée, de l’ensemble. Je dirais volontiers que j’ai aimé, mais cette appréciation digne de Facebook, paraitra insignifiante et pourrait agacer. Mais moi, que voulez-vous, je suis un critique sentimental, tripal même .
Uta Pütz est née en 1969 à Aachen en Allemagne. Elle vit et travaille à Cologne. L’expo s’inscrit dans le cadre d’un programme de résidence d’artistes plasticiens entre la Région Rhône Alpes et le Bade-Wurtemberg coordonné par Art 3 et l’Institut français de Stuttgart. Maurice Boissard

07 octobre 2014

Maison de la CAF à Grenoble – Sébastien Reynaud_Sérigraphie acrylique.

J’aime bien la CAF pour ses apprenties assistantes sociales, une surtout, c’était il y a bien longtemps. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’espérais qu’elle serait là mais qui sait ? Elle n’y était pas ou je ne l’ai pas reconnu ou elle n’a pas voulu me voir, à moins qu’elle n’ait jamais obtenu son diplôme… Et puis c’est si loin.
Des sérigraphies donc, reproduisant fidèlement la Cendrillon des livres de contes édités sous licence Disney, un glaçon au sourire angélique, dents blanches et chevelure blonde soigneusement peignée. Aucun détournement facile, pas la moindre dent cariée, pas de cigarette au coin des lèvres, pas de cernes sous les yeux, ni de regard lubrique, rien… Le bon vieux Walt peut dormir tranquille, les mères et grands-mères amener sans crainte leurs chers bambins et la CAF ne risquent pas de recevoir des lettres d’allocataires indignés par le spectacle présenté dans le hall… Un travail parfait, une technique maitrisée, mais pas que…[spacer height= »0px »]Qu’on ne s’y trompe pas, ce type est un dangereux provocateur tout à fait dans la lignée de Warhol, de ses Marylin et de ses Mao. Sorti prématurément de l’école d’art de Grenoble – un titre qui vaut tous les diplômes et me le rend éminemment sympathique – sérigraphiste accompli à force de pratiquer et d’expérimenter, peintre, dessinateur, plasticien que j’ai connu capable d’affubler une cabane de vigne d’un bulbe byzantin en carton, histoire de donner aux SDF du coin un toit à la démesure de leur misère, ou de concevoir une cabane de vigne gigogne pour vignerons voyant double, Sébastien Reynaud revient sur terre, tel qu’en lui-même, taiseux, précis, solitaire, hors réseau, déconnecté des convenances, connivences, codes et rituels de toutes obédiences. Son expo apparait comme un non-dit absolu – tout un programme en ces temps de logorrhée pisse concepts approximatifs – une page blanche, hors texte, mais pas hors contexte, une page de garde, passage, intermédiaire, narthex. Ceux qui sont avisés et quelque peu en fonds ne devraient pas hésiter et commenceront leur collection, les autres iront simplement voir et se diront qu’il y a là quelque chose, quelque chose d’inhabituel, un ton, un style, un talent à suivre. On ira donc sans faute à la Passoire où il expose du 6 au 20 décembre. childeric

– Sébastien Reynaud – Sérigraphie acrylique – du 01/10 au 31/12 – Maison de la Caf. Grenoble

La Passoire – du 6 au 20 décembre – 47 avenue de Vizille . Grenoble

 

Cabanes de vignes de St-Giraud

TravauxD’une cabane de vignes à l’autre, une promenade à pied et à VTT tout autour du Château de Saint Giraud avec Stendhal et Laurent de Briançon

 Itinéraires – Cartes – Cabanes de vignes & autres curiosités – Les passants

Cabanes de vignes... : Saint Giraud

Une promenade de Saint-Paul-de-Varces (Place de l’Église) à Saint-Paul-de-Varces (Maison Rochas) par Claix, Varces, Vif et le Gua, trois itinéraires – Μ Ã Ω par la plaine et les coteaux, à travers champs, bois, ronciers et lotissements, de cabanes de vignes en chemins oubliés.
Dans une fatorgue de Childeric M c’était la Jarboleta, une étudiante se proposant de faire un inventaire des cabanes de vignes de l’ancien canton de Vif dans le cadre d’un mémoire sur la métamorphose des paysages péri-urbains de l’Y grenoblois,
 Ω c’était lo Chaudeiro, un péliandru tot affara de la Μ prêt à tout pour parvenir à ses fins, même enfourcher un VTT ! Ã, c’était le Fignolou, ami et souffre-douleur du Ω. A suivre leurs parcours, on s’aperçoit que l’entreprise du Ω tourna court. Non pas qu’il manquait d’arguments, d’ardeur ou de savoir-faire, mais parce que du haut de la grande tour de Saint Giraud, la Jacquemette qui avait rejoint la Chourêla veillait… Sans compter que le vélo, quand on n’a pas l’habitude, ça fait vite mal partout… ! Beaudié l’affare !
On vous épargnera la relation de leur Odyssée, pour s’en tenir aux cabanes de vignes, derniers vestiges d’un vignoble disparu

Μ Ã Ω ] SAINT-PAUL-DE-VARCES [

Chemin du grand Sorbier ∏ ∏ → Suivre à flanc de colline à mi-chemin entre lisière de la forêt et lotissements jusqu’au dessus des Combes (éboulis de rochers) ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Les Péchardes  → Chemin des Combes à la Croisée  → Montée de Chabloz → Sentier à travers l’ancien vignoble des Martinais ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Rue du Martinais d’en haut → Route du Martinais d’en haut → Montée de Chabloz ∏ ∏ → Rue du coteau ∏ ∏ ∏ ∏ → Sentier → Allée des chênes → Route du Château d’Allières
………………………………………………………………. ] CLAIX [
→ Route du château → Chemin de Garetière ∏ ∏ → Chemin d’exploitation à droite après impasse de Garetière  → chemin de la Fontanette → Rue de Furonnière → Rue du Beau Dunois → Rue des Pérouses ∏ ∏ → Rue Beyle Stendhal → Rue des Martyrs ∏ ∏

M Ω
]↔Allée du Vert Sapin → Rue des Pérouses → Rue de la Balme ∏ ∏ → Avenue Bougault → Claix centre → Rue du 11 novembre
 
   Chemin de Risset

  Chapelle de Risset

 

à Cabanesde vignes... : Chapelle de Risset

Chemin de la Balme aux Pérouses            ]↔Ch des cimentiers [→ La Balme → Rue du coteau → Ch de Fond Ratel → Montée de la Croix blanche → ]↔ Av de Belledonne    [→ Rue de la Ronzy → Rue  des Grands Champs → Rue du 11 Novembre →Ch de Risset
…………] VARCES-ALLIERES & RISSET [
…………...→ Chapelle de Risset

M Ã Ω
Rue de Dideyre  → Rue du Nivolon → Route du Lavanchon → Rue du Champ Nigat → Rue de la Majoera → Rue Pierre Thermier → Carr. D 1075  ]↔Chemin des Buis [→ Rue de Beauregard → Chemin de Beauregard ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Sentier vers le Grand Rochefort  → Rue du lavoir → Ch des Plâtres (plaine de Rochefort) ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Ch de la digue  → Passserelle →  Rue de la passerelle ∏ ∏ → Rte de Fontagneux Π Π
à Chapelle de Fontagneux → M Ω Les Mollots Π
M Ã

Route du Gros Chêne → ]Sentier [ → Rue N D de Lachal → Route des Clapiers ∏ ∏ → Ch d’exploitation → Route des Cabanes de vignes... : Cabane et vignesClapiers → Ch d’exploitation ∏ ∏  → Route des Clapiers → Rue de la Sacristie
……….] VIF [
→ Route de Fontagneux ∏ ∏ → Chemin de Lachal (angle de l’école) ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Pont A51 → ]↔ Chemin des Hérons ∏ ∏ [
Pont A51
Route des Épées ∏ ∏ ∏ → Rue de la République  → Rue du Ravier → Rue du Polygone → rue de l’Hôpital ∏ ∏ →  Place Carnot (Café Revol)

Cabanes de vignes... : Chateau de MallissolΩ

Mallisol   Digue du Drac Rte des Iles Π Π →Rue du village Π ↔ Rte de Fontagneux Π Π  Rte de la Santon ∏ ∏ ∏  Petit Brion Π Π → Montée du Four → Rue du Truchet  Rue du stade ∏ ∏ ∏ → Rue du Nord ∏  Rue Pasteur ∏ ∏  Rue du Repos Place Berriat → Rue de l’Hôpital Π  rue du Polygone Π → Ch de la digue → rue de la Colombe Π → Rue de la République Π    Place Carnot (Café Revol)

M Ω

Rue Gustave Guerre → Avenue de Rivalta → Avenue de la Gare ∏ ∏ ∏ → Avenue de la Tour  → Rue du Bois du Gua → Chemin du Crozet → RD 1075 → Le Cerf Π → Route de Giradière  ]↔ Route de faveyrolle [→ Route de Girardière

Cabanes de vignes : Place Carnot (Vif)Ã

Rue Gustave Guerre → Rue Salicon ∏ ∏ → Rue Champollion  → Rue du Portail Rouge ∏ ∏ → Rue du 19 mars   → Avenue Général de Gaulle ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ Usine Vicat

                      Ω             Rte de Giradière  ]↔ Rte de Faveyrolle [→ Rte de Girardière → Usine Vicat
               M           Route des Trus  → Montée de la Font du Serf → Eglise du Genevrey
M Ã Ω
] LE GUA [– Rue de la Gresse ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Route d’Essar Garin  → Saint Barthélemy du Gua → Chemin du Château → Les Rossets d’en Bas ∏ ∏ ∏ → CD8 → Petits Amieux ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Les Grands Amieux

Ω Ã

Route des Grands Amieux Avenue du Vercors → Rte de Champrond Π Π Π Π

…………….M
…………….→ L’Echaillon →
…………] SAINT-PAUL-DE-VARCES [
Les Mallets Π Π → Charrière Chaude    → Place de l’Église → Route de Varces → Ch du rocher de la Bougeoise   Maison  RochasCabanes de vignes... : Friches à St Paul de Varces
                   Ω
Ch de Champrond à Vif ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏  ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏  → Ch d’Uriol Uriol ∏ ∏
→ Uriol → Saint-Paul-de-Varces (Chemin barré) → Pont de Vif
            Ã
Ch de Champrond à Vif Π Π Π Π ↔ Ch du Gua Π Π → Ch des caves Π → Rte des celliers ∏ ∏ ∏ ∏ ↔]Montée de Belledent ∏ ∏ ∏ [→ Pont de Vif
         Ã Ω ↓  

 Bd Faidherbe ∏ ∏ ∏ ∏
.] VARCES [
→ Digue de la Gresse
→ Rue du 8 mai → Rue Ambroise Croizat Rue Léo Lagrange
] Cave Coopérative [

 Cabanes de vignes... : Cave coopérative de Varces

 

Lo batifel de la Gisen

Lo Batifel de la Gisen, un texte de Laurent de Briançon, gaulois, gaillard, rabelaisien, le texte d’un homme de la Renaissance, un manifeste humaniste.

Monument de la littérature dauphinoise et de la Littérature tout court, lo Batifel de La Gisen….Elles ont bien mangé et bu…Pissi Sen se dandine sur sa chaise, s’agite puis n’y tenant plus plante son couteau dans la table et entame dans le silence le plus complet un discours vengeur sur les malheurs du temps, opposant la douceur opulente et gaillardes du temps d’avant au monde actuel, mesquin, rabougri et d’une tristesse à pleurer qu’impose Calvin avec ses interdits dont le pire – elle peut à peine le dire tant la chose est inconcevable – est que la fena ne det se fare labourà !

L’Auteur – Couste et bougea – les Gens


                        Adonque ele aguiron
Lo cour si apidà, su’entre toute se priron
A gonfa, a gula, & a fare tau jei
Que le mire que son de chalou enragei.
A la fin Pissi-Sen, qui parla come un livro,
Sarran le den d’encroù, dissit : U l’eret yuro,
Oy ma fei qu’u l’eret, ou sen entendimen,
Cor é sarit pruto en natura possiblo
De teni la Sizampa, ou l’eiga din un quiblo,
Que de pouei iamei lo mondo chateni.
De tàtà de si grànda & bona chatoni.
La natura, de si, tojour requier iointura,
Et ne pot endurà que set poin d’uvertura
Voida & sen eitopon : La chambra onte nou son
Ore à batifelà, et plena de façon,
De meinagio, de gen, d’ér de quauque vessina
Qu’en eitranglan un pet, on làsche en iaffina :
Qu’e n’y a ren de voidou ; & ne pourrit-on pà
Y trouva pertusola à clore & eitopà.
De ceta norma vin que la fena poteta,
Ne chomarie jamei sen mena la sangueta,
Et se fare fressi lo ben-eirou pertu
Que natura lia mei uprè de là boi-tu.
Et si vet-on souven qu’encor à mala pena
On li pot assoula la chalou de la vena
Du cu, qui, farean tout einsi qu’un tison
Jusqu’u bou du zarteu l’y baille migison.
Et peusse lo pleizi de cela douci enferra
Superasse tout ben qu’on a dessu la térra,
Oi lo bère & migié, & tou zautrou uncour,
Don natura nou blusse & gatille lo cour.
On vet communamen que le pru fiere bétie
S’en van apriveisan & devenon dométie :
Et que iamei dangié ne pot l’aume troublà,
Mean qu’u se poisseize à sa coinda acoubla.
Uncour en ai-ij veu qui ayan ioüissanci
De cela qui lo cour lour eipoin d’amitanci,
Cour-failli, langoirou, avanclo & charmuzi,
Per ne se povei pa fula de tou pleizi ;
Et d’autrou varallié, einci qu’una naveta,
Per se pouvei otà lo jar de la brayetà :
Lo jar qui affichou, lour pique pru avan
Lo cour & l’eiperit, que ne fat lo tavan.


Adonque bourdonan, & d’una’ala ligieri,
U fort enverimà à defour de sa tauneiri ;
Encro, vou bataillé & lo groin, & lo nà
Du garçon, qu’à son dan l’et venu ateinà ;
Qui trepet deitressi, & brut comme l’Ysera,
Et fat pru pitou jai que la mala fouzera.
Lo mondo en ét si chet, qu’e ne tin qu’à pouvei
Qu’on ne s’y attaleise a chaque ora cen vei.
Mé, natura, que vou garanda son ouvragio,
Nou zen fat leitachet folamen quoque viàgeo ;
Autramen, on verrit lo mondo enfoulati,
Et étre, en po de ten, de la mor trangluti.
La fena, mémamen, que la natura a féta
Toute le vei qu’on vou à la besougni préta :
Vrai dié, quan li se sin dessu l’aume poyé,
Et en métre passa, su un bra s’appoyé,
Et avei l’autra man li souleva la coiffi :
Peu, quan, tout eicuman d’una’amoirou angoissi,
Dun choso reposei, gro come un murusson,
La furgue fort & sert en diversi façon ;
E remenan lo cu, eiplet come cigala,
Li dance su lo cor la béla martingala :
Et quan lei, qu’et dessout, reon de galico,
Et couragiousamen li fat milli brico,
En morteiran du cù, einci qu’una serventa
Qui bréye en un mortié ou fâ ou faucimenta :
Quan plena de furou on la vet tra-sassié,
Et de jambe de bra lo cor l’intrelacié ;
Sinta lou berlingau, qui de genti bizôla
U sin pertu du cu li fat la sinigola ;
Peusse quan à la fin l’un & l’autre eipami,
Ne se bùge non pru que s’y l’ere endurmi :
Ie ne crei pa que set chosa pru amitouza
En touta la natura, & que la ben eirouza
Arma du trepassa aye en Paradi,
Per prevon qu’eilli y set, tot mëon de burdi.
Et peu, Mosse Crauvin, pru poissen que Natura,
Nou zoutarat si gransa & douci conortura ?
U farat, lo poitron, que iamai lo caquit,
Celeu qui lo premiè de son dit se moquit,
Fut la fena qui tan sit sanguetà son ochi,
Qu’u l’en aguit lo fron aussi rion qu’una fourchi.
Celei farit ben nassa vn iour malencontrou,
Qui creirit le reison de celeu maleirou ;

Parabole du Fils prodigue

La parabole du Fils prodigue prodigue – Luc 15 – en vaudois, parler de l’Oisans et du Trièves

L’Auteur – Couste & bourgea – Les Gens

FrançaisParler vaudois _ Parler de l’OisansParler du Trièves

Parabole de l’Enfant prodigue extraite de la Traduction française du Nouveau-Testament, pour l’intelligence des Traductions de cette même Parabole en divers Patois.

Parabole du fils prodigueUn homme avait deux fils, dont le plus jeune dit à son père : mon père, donnez-moi les biens que je dois avoir pour ma part, et il leur fit le partage de son bien. Peu de jours après, le plus jeune emportant avec lui tout ce qu’il avait, s’en alla voyager en pays éloignés où il dépensa tout son bien en débauches. Après qu’il eut tout dissipé, il survint une grande famine dans ce pays-là, et il fut tellement dénué de toutes chose, qu’il fut obligé de s’attacher à un habitant du lieu qui l’envoya dans sa ferme pour y garder des pourceaux. Là il désirait de pouvoir se rassasier des écorces que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait. Enfin étant entré en lui-même, il dit : « Combien y a-t-il dans la maison de mon père de domestiques qui ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim; il faut que je me lève, que j’aille trouver mon père et que je lui dise : mon père, j’ai péché contre le ciel et devant vous. Je ne suis pas digne maintenant d’être appelé votre fils; traitez-moi donc comme l’un de vos domestiques ». Il se leva donc, et alla trouver son père ; mais lorsqu’il était encore loin, son père l’aperçut, et touché de compassion il courut l’embrasser et le baiser. Son fils lui dit : « Mon père, j’ai péché contre le ciel et devant vous; je ne suis pas digne maintenant d’être appelé votre fils». Mais le père dit à ses serviteurs: «Apportez-lui promptement sa première robe, et l’en revêtez; mettez-lui un anneau au doigt et des souliers aux pieds ; amenez le veau gras et le tuez ; mangeons et taisons grande chère, parce que voici mon fils qui était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé » ; et ils firent grande fête
Cependant son fils aîné qui était au champ revint, et lorsque étant près de la maison, il entendit qu’on dansait, qu’on chantait, il appela un de ses serviteurs pour savoir de lui ce que c’était; « C’est, dit-il, que votre frère est venu, et votre père le voyant plein de vie, a fait tuer le veau gras ».Celui-ci fut si indigné, qu’il ne voulait pas entrer dans la maison; ce qui obligea son père de sortir et de le prier d’entrer avec lui. Mais il répondit à son père: « Il y a long temps que je vous sers sans vous avoir jamais désobéi, néanmoins vous ne m’avez jamais donné seulement un chevreau pour me réjouir avec mes amis ; et lorsqu’un fils comme celui-là qui a mangé tout son bien avec des femmes perdues, est venu, vous avez fait tuer pour lui le veau gras ». Son père lui dit : « Mon fils, pour vous, vous êtes toujours avec moi et je n’ai rien qui ne soit à vous; mais il fallait bien faire un festin et nous réjouir, parce que votre frère qui était mort est ressuscité, qu’il était perdu, et qu’il est retrouvé. »
 
Parabole de l’Enfant prodigue en langue vaudoise, extraite d’un Nouveau Testament de la Secte des Vaudois, manuscrit du treizième siècle, de la Bibliothèque de Grenoble.

Parabole du fils prodigueUn home aë diù filh, e lo plus jove dis al Paire : O Paire, dona a mi la partia de la substancia que se coven ami; e departie à lo la substancia. E enaprès non motidia, lo filh plus jove, ajostas totas cosas, ane en peleriniage en lognana region, e degaste aqui la soa substancia, vivent luxuriosament. E poisqu’el ac consuma totas cosas, grant fam fo fait en aquella region, e el commence have besogna, e ane ese ajoste à un ciptadin daquella region, e travie l’en la soa vila quel paisses li porc; e cubitava umplir lo seo ventre de las silicas que manjavan lè porc, e alcun n’in donava ale. Mes retorna en si dis : Quanti mercenar habundian de pan en la meison del meo païre, me yo patisso aici de fam; yo me levarey e annarey al mio païre e diréy a le: o païre, yo pechey al cel e devant tu, e ja non sey degne esse apella lo teo tilh, fay mi essay à un de li teo mercenar. E levant, venc al seo paire. Mes corne el fos encara de long, lo seo paire veclui e fomogu de misericordia, ecorrent, cagic sobe lo col de le e bayse le. E lo filh dis aie : o paire, yo pechey al cel e devant tu, yo non soy degne esse apella lo teo filh. Mes lo païre dis al seo serf: fo raporta viac’. la premiera vestimenta e vestic le, e done anel en la man de le, e ceaucameutas en li pe, e ameni vedel gras e l’occien, e manjen e alegran, car aqueste meo filh era mort e es reviscola, e era perdu e es atroba; e commenceron alegrar.
Mes lo filh de le plus velh era al canp, e cum el vengues e sappies a la meison, auvie la calamella e la compagnia, e apelle un de li serf e demande qual fossan aquestas cosas, e el dis a le : lo teo fraire venc, e lo teo païre occis vedel gras, car el receop lui salf. Mes el fo endegna e non volia intrar. Me lo païre de le issi, commenca pregar li ; mes es rendent dis al seo païre: vete yo syuo a tu per tanti an e unque non trapassey lo teo comandament, e unque non donnes a mi cabri che yo manjes cum li meo amio ; mes poisque aquest teo filh loqual devore la soa substancia cum las meretres e vengu, tu occies a le vedel gras. Mes el dis a lui : O filh! Tu sies tota via cum mi, e ttlas las mias cosas son toas ; mes la conventava manjar e alegrar, car aquest teo fraïre era mort e es reviscola, e era perdu e es atroba.
 
Parabole de l’Enfant prodigue en patois du canton de l’Oysan, au sud-est de Grenoble.

Parabole du fils prodigueUn homme ayit dous garçons. Lou plus jouvein zi dissit: Pare, baillamé lous bens qu’y déyou avey pe ma part su voutrou heritajeou. Lou pare lour fasé lou partajeou de soun bein. Quoque teims apres, lou plus jouvein emporti avey li tout so qu’el ayit agut, s’en fuzé courre loun, din lou pays bas, ounte oul agues tieu dépeinsa soun ben din leys débauches. Quant oul agué tou migi d’un carou et d’autrou, lo survingué uno grand famira din lou pays qu’oul eré, et ou fuzé talamant redus, qu’où fuzé oubligi de se louir à un habitant de leindret que l’envoyé din sa ferma pé garda sous cayouns; iqui ou désiravé de pouvey se rassazia de leys pallalliés que lous cayouns qu’où gardave migeaveant; mais lungun zi gni en dourave. Enfyn ou rentrei en si meimou, ou dizit : quant ziya lo de valets din la meisoun de moun paré qu’ant de pan en abbondanci et que n’ein souront, et mi mi cravou de fam ; la faout que mi aleisou a mou paré et zi direi : Paré, mi aye peichia contra lo cié et devan vou ; mi ne siou pas dignou hyeuro d’être appela voutrou garçoun ; bita mé avoï voutrou valets.
Et de suita ou s’êre enchamira. Mes coumma oul approchavé, soun pare l’aperceou de loun et couriez ver si ; zi sauté aou coulein, l’embrassiez en disant: Ah! te veyci moun galloupyn . Sour affant zi dissiet : Paré, perdouramé ; mi ayé eita un drolou , un détartamela; mi ayé migi avey ley conquiret et lous libertins coumma mi tou ço qu’ous m’ayas beylet ; mi ne siou pas dignou hyeuro d’être appela voutrou garçoun. Mes lou paré dissiet a sous valets : aduziez zi vitou sa premeyri roubilli, et lou vitiéz
Ieaou; bittas zi avos uro bagua aou dey, avey seys savattes à lous pieds ; aduziez lou vez gras et lou seynas; nous repattarens tous enssens; migens et fazens bonbanci , perçoqué veyci moun garçouu qu’êré mort et oul ei ressussita ; oul eré perdu et lou veyqui retrouva; fazens donc fêta.
Pertant lou plus vieux de sous garçous qu’eré pe lous champs, reverit. Quant ou fuzié prochou de la meisoun oui entendit danssi et chantas ; ou souziez un valet per savey de si so qué l’ère; l’ey zi dizit: ou que voutrou frare ey revingu ; voutrou pare si jouyoux de lou vey en bourra sanda, a fat tuas lou plus beaou de lous veaoux.
Iquey ici si feou de veyra qu’is fasiants tant de feta per un courrandier, qu’où ne voullit pas intras dyn la meysoun. Soun pare vayant iquien sourtiez et lou pressiet d’intras avey si; mais ou repondiez à soun pare : L’o zya longtem que mi vous servou sen vous avey jamais desobéi, ma gni men; vous ne m’ayez jamais ren doura, pas soulament un choro per me divertir avey mous camarades ; et quan un parein comma iquou, qu’a migé tout son ben avey leys couquirets, ey vingut vous ayez per si fat tuas Iou plus beaou de lous veaoux. Son pare zi dissiez : Moun garçoun, per vous vous settey téjouz avey mi et mi n’ay ren que ne saye voutrou; mais la fouilli bien fare un festin en rejouissance de ce que mour affant qu’eré mort ei ressussita, oul eré perdus s’ey tourna amassa.
 
Parabole de l’Enfant prodigue en patois de l’ancien pays de Trièves, au sud de Grenoble.

Parabole du fils prodigueUn homme ayet dous garçous; lo plus jouvé dit a son païre : Païre, balla me la portion d’au ben que dut me revenir. Son païre leur fit la portion de sou ben. Paus de jours après lo plus jouvé daux dous efans ayant ramassa tout ce qu’ayet, partit per veire un pays éloigno et vivant obe de filias de mechanta via, eut tuet dissipa son ben. Après qu’eut tout migeo, arrivit din lou pay out’erre una granda famina , et lu commencit a sintir la misera. Adouques s’in allit et se boutit in service chieux un habitant dun pays, qui l’envoyit à sa ferma pe garda lou cayous. Auriés ben voudiu implir son vintré de ce que lou pouercs migeavon, mais diudin ne lui an donnave. Adonque ayant fa retour sur iou, il disit: cumbien de valets din la maisou de mon païre qu’ont de pan tant que volou, tandis que you mouerou eci de fan. Fau que daquey pas aillou trouva mon païre et que li disou : Païre, païre, a pecho contra lou ciel et contra vous ; iou siou plus digné d’estre appella vostre fil, traita me commun de vostrei valets. . „ .
Il partet donques, et vint trouva son païre. Quant era encare ben lien, sou païre l’apperçut, et ut compassion de el, et courant a el, il se jittit a son couol et le baisit ; et son fil li dit : Païre a pecho contra lou ciel et contra vous, ne siou plus digne d’êstre appella vostre fil. Adouque lou païre dit a sou servitours: Aduza me vite la plus bella robbo, boutali la; boutali aussi una bagua aux dets et de souliers aux peds, amena un viau gras, tua lou, fasan bonna chiera et rejouissan nous, persaqué mon fil quest ici era mouort et é ressuscita, era perdu et é retrouva : Ainssi commiciront a fare granda chiera et a se rejouir.
Stapendant lou fil ainet quera au champ s’invinguit, et quand fut proche de la maisou il entendit las aubadas. Il appellit donques un dous servitours et li demandit ce qu’etiet qu’oviet. Lou valet li dit : c’est que vostre frare est revundiu et vostre païre a fat tua un viau gras, persaque la retrouvo in bonna santo. Aquo l’ayant facho, il ne voulut plus intras dins la maisou ; mais sou païre étant surti per l’en pria, aquey prit la parolo , et li disit: vetia duja tant d’ans que vous servou, iou jamais ne vous ais desoubei in rin de ce que mayo commando ; stapandant jamais ne m’avés douno un chabrit pe me divertir obe mous amis ; mais aussitôt que vostre autro fil qu’a migeo tout sou ben obe de fenas perduas eit revindiu, aya fa tua per el le viau gras. Sou païre li disit: mon fil, sias toujours obe mi et tout ce qu’aye eit vostre ; mais faillet ben faré una feta et nous rejoui perqué vostre fraïré que veci era mouort et é ressuscita, era perdu et é retrouvo,

Le Testament de Guigues Alleman

Le testament de Guigues Alleman, Seigneur d’Uriage, un texte de 1275

L’Auteur – Couste & Bourgea – Les Gens

Cité par Chorier dans son Histoire du Dauphiné et repris par Devaux dans sa thèse de doctorat Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné septentrional au Moyen-Age. « Chorier l’avait trouvé dans les archives de Salvaing de Boissieu qui collectionnait les pièces curieuses au point de vue de l’histoire généalogique de notre province, et il le publia dans son Histoire du Dauphiné pour donner un spécimen de notre ancienne langue. Malheureusement pour nos études, il ne l’a pas reproduit en entier, et le manuscrit original est perdu. » Les Alleman étaient une vieille et puissante famille du Dauphiné, régulièrement invitée aux réceptions de la Sandrine.

1. Al nom de notro Segnor Jesu Christ, amen. Anno Domini M. GC. LXXV. en la terci indiction, en la quinzena kalenda del meys de Juil. Devant mi, notario, et les garenties dedins escrites.

2. Ef, Guigos Alamant, donzeuz, sans de pessa, ja seit czo que ef seyo malado de cors…

3. Attendant et considérant venir l’avenimant… Et attendant qu’en l’umana condition neuna chosa no pot fermament persévérai, e que meller chosa est vivre per esperanci de mort, que venir a mort de sodo fa.

4. Cum neguna chosa plus seyt deupua auz homens, queli dereyri volunta, après de czo que autra chosa voler non pount.

5. Franchi seyt ma volunta, e leysibla, q[u]e no torneyt per iqui mémo.

6. Ef faf et hordeno mon testament nuncupati, ou ma derreyri volunta et ordenation ou disposition de totz mos bens moblos et no moblos, dreyts et possessions q[u]e ef hay e tino e posseo ou autre per nom de my, en cela maneiri :

7. Et primeyriment, esleyo a mon cors sepultura al cimenterio deuz Frares Menors de Graynovol .

8. Ef, item, establiso a mi her universal al chatel d’Uriajo, e el mandament del dit chatel, Franceys Alamant , mon fils, e encore les autres choses, dreyts e possessions, homens, cesses, plaitz, terres cotivays e non cotivaiz, pras, vignes, buecs, pasq[u]ers et totes les autres choses apertenens al dit chatel, exceptays celles choses e[n] q[u]e ef etablirey dedins her Jaq[u]emo, mon fils, etc.

9. Item, a Katalinan et a Berengeyrin, mes filles, a chacuna dono et laysso VI. mili souz de Vianneis et X. lib. de Vianneys, etc.

10. Item, a Biatris, ma filli, dono et laysso C. Ib. De Vianneys, et en celles la etablisso a mi her, et volo q[u]e illi seyt moni de Pramol et per tant volo celley estre avengia de totz mos bens et de mon heretajo, etc.

11. Item, volo et comando q[u]e Alis, ma moller, seyt donna et guovernaris de tôt mon otal, lo mentre q[u]e illi itare veva, etc.

12. Item, établisse mos essequtors de cet testament et de ma derreyri volunta Mon Seynor Odon Perrin , chavaller, Guigon de Puey-Boson , la ditta Alis, mi millier, Guigon Arbarester et Piron Alamant lo bastart.

13. Liqual enseguant tottes les choses desus dites, al cossel de Peron Alamant, mon frare, et de Odon Alamant, seynor de Champs, mon cusin, et del vénérable Pare Monseynor l’evesque de Graynovol etc.

14. Czo est fayt en la sala del chatel d’Uriajo, présents los guarents a czo apellas, e preyez especialment : Odon Alamant, seynor de Champs, Peron Alamant, seynor de Revel, Felipon de Alavart, savio en dreyt, Frare Odon Alamant, Frare Loren, Frare Guigon de Teys, Frares Menors, Maytre Brun, fusician, Gilet Alamant, Peron de Valboneys e Peron Bonifacio d’Ouzens, e ef Micheus Ramons, publicos notarios per authorita de l’emperaor, etc.

Laurent de Briançon

Laurent de Briançon, poète grenoblois essentiel

Pour cet article je me suis très largement inspiré des travaux de Gaston Tuaillon et en particulier de l’édition des œuvres de Laurent de Briançon qu’il publia en 1996. Trois poèmes en patois grenoblois du XVI° siècle. Le Monde Alpin et Rhodanien 1/1996

Biobibliographie sommaire

Laurent de Briançon : la Tour de l'ileLes Briançon étaient une vieille famille savoyarde qui, suite à une querelle avec l’évêque de Moutier, s’ installa au XII° siècle en Dauphiné au château de Saint Giraud (en dessus de Varces) que le Dauphin leur céda contre leur  château de Tarentaise.
On ne sait pas grand-chose de la vie de Laurent de Briançon, si ce n’est qu’il vécut dans la seconde partie du XVI° siècle, qu’il était seigneur de Varces, qu’il habitait Grenoble où il possédait une maison sur la place du banc de Malconseil, pas très loin du Parlement, et qu’il participa activement à la vie publique, sa double appartenance aux noblesses d’épée et de robe faisant de lui un personnage particulièrement en vue. Allard dans son Dictionnaire historique du Dauphiné dit qu’il fut Recteur de l’université de Valence, mais on ne trouve nulle trace de lui ni comme recteur, ni comme lecteur dans l’histoire pourtant bien connue de la Faculté de Droit. On peut penser plutôt qu’il y fit tout au plus ses études avant de revenir à Grenoble où il mena une carrière de juriste comme avocat auprès du Parlement du Dauphiné.

– En 1566, il fait partie du Conseil de Ville

– Le 19 décembre 1575, il est élu Consul pour l’année 1576

– En 1576, il est choisi pour représenter la noblesse du Dauphiné aux États Généraux que le roi Henri III avait convoqués à sa cour de Blois pour le 15 novembre 1576. Il se querelle avec l’évêque de Grenoble pour savoir qui conduira la délégation, l’évêque aura gain de cause. Cet épisode en dit long sur le personnage, un noble dauphinois, catholique certes mais anticlérical.

Book1562/1564. Lo Batifel de la Gisen

Les fêtes organisées dans les grandes maisons pour fêter une naissance sont une très vieille tradition, on mange, on boit, on caquette. Ainsi à Grenoble ce jour-là chez une certaine Alison, pas très loin de Saint André, où sont réunies quelques dames de la bonne société grenobloise. Les temps sont difficiles, protestants et catholiques s’affrontent, on en parle… Faut-il se convertir ou résister au Calvinisme c’est à dire ne plus faire l’amour, ne plus se faire belle, ne plus aller danser, ne plus écouter de musique, ne plus jouer, ne plus recevoir ? Le sujet est grave et les arguments de poids, pas toujours très catholiques, mais sans appel, l’ordre des choses, les lois de nature revus par 9 comares déchainées… Un chef d’œuvre d’humour et de dérision parfois aux limites de l’absurde. On pense à Rabelais, à Ronsard regrettant le temps d’avant. 

Book Entre décembre 1576 et l’été 1577. La Vieutenanci du Courtizan.

Une lettre adressée à son ami Hector de Maniquet qui vécut à la cour de Charles IX où il exerça d’importantes fonctions avant de revenir en Dauphiné dans sa maison du Fayet au-dessus de Barraux. Les États Généraux de Blois vus par un délégué de base cherchant surtout à se loger et se nourrir et tentant en vain d’approcher le Roi sans doute pour déposer une supplique sans grand rapport avec les débats. Aucune allusion aux travaux de l’assemblée où il est beaucoup question du pouvoir royal et de ses limites mais une description au vitriol des mœurs de la Cour qui en dit long sur sa vision de la monarchie absolue.

Book Entre 1550 et 1590 :  Lo Banquet de le Faye

Une fourchette très large pour un texte de pure fiction, donc très difficile à dater, mettant en scène des fées, des fées de tous les jours, celles qui habitaient les falaises du Vercors ou de la Chartreuse, et que l’on voyait laver leur linge dans les ruisseaux, marcher le long des vignes, courir à la lisière des bois. Les fées volontiers rancunières et susceptibles à qui il fallait surtout oublier de laisser une part de gâteau sur le rebord de la fenêtre les jours de fête et qui vous remerciaient en emmenant les troupeaux vers de grasses prairies … Partant de ces images familières, Laurent de Briançon bâtit une histoire où il se plait à accumuler les outrances et un décor, un Royaume qui n’est pas sans rappeler le Royaume de France, centralisé, autoritaire et peuplé d’espions et d’informateurs. La reine des fées, la grande Jaquemette a organisé en son palais du col de Vence un grand festin, Toutes les fées sont là sauf la Fleurie qui a du s’attarder à Grenoble pour calmer un mari jaloux qui brutalisait sa femme. L’auditoire s’enflamme et la Jaquemette folle de rage promet à l’époux des châtiments que Sade lui-même n’aurait pas imaginé.

Trois poèmes trop méconnus, d’un homme manifestement très attaché au Parlement et à ses droits, et qui tient à le dire dans la langue du vieux pays désormais banni des actes officiels et condamnée de fait à disparaitre – l’édit de Villers-Cotterêts fut publié en 1539 – ce qui ne facilita pas leur diffusion. Il faut absolument lire et le relire Laurent de Briançon . (Courir Car et canton mettra en ligne quelques extraits de La Batifel de la Gisen   et prépare une édition complète du texte en numérique) son œuvre outre ses qualités littéraires est la référence en matière de parler dauphinois. 

Le point de vue de la Sandrine.

L’auteur le plus cité dans Courir car et canton, la veine rabelaisienne de ses poèmes en langue grenobloise ne pouvait que plaire à nos peliandru toujours en quête d’images lestes et de propos crus à glisser dans leur pauvre prose. Je l’ai découvert dans un numéro du Monde Alpin et Rhodanien, revue hélas disparue, consacré à trois poèmes en patois grenoblois du XVI° siècle, Lo Batifel de la Gisen, Lo banquet de le Faye, La Vieutenanci du Courtizan, traduits et présentés par Gaston Tuaillon.
Quel choc ! L’AdelphineC. et ses copines dans leurs meilleurs morceaux. La Dana Malateta, la Marina Iappet, Gloudeta, Cu Fouïrou (cul–foireux), Pissi Sen (Pisse-Sagesse), Fei-li ben (Fais-lui-bien), Gro Bec & sa Serou c’étaient-elles. La Jacommetta, la Perneta & la petita Fluria du Banquet de le Faye, c’étaient elles aussi. Le même entrain, la même vision du monde, la place centrale des femmes tenant le monde à bout de bras contre les Sandre (les hommes) naturellement menteurs, fainéants, lâches et cavaleurs. Dans l’opprobre, effet du temps, Calvin avait laissé la place aux patrons et aux curés et sur la table la pogne au sucre avait remplacé la pogne au safran… Mais le vin est toujours là, lo bon vin de coute u veiro entassa qui usse revicola lo cour d’un trapassa… Ce Briançon connaissait les femmes et devait les aimer. Il avait de l’esprit, du courage, qualités féminines par excellence. Le représentant aux États généraux de Blois (lui) qu’il décrit dans « La Vieutenanci du Courtizan » au prise avec la cour, les cabaretiers et les aubergistes n’est pas si éloigné de nos pétroleuses vizilloises. Quand il écrit que le roi entouré des soldats armés hallebardes a l’air d’un perroquet en cage ou déplore de devoir se hâter du soir au matin « Per ala coyacué aprè una chargueina, de Segnou ou de dama, ou de Rey ou de reina » (pour aller dire des inepties chez une charogne de Seigneur ou de grande Dame, ou de Roi ou de Reine) il est aussi radical dans ses jugements et aussi téméraire qu’elles pouvaient l’être en invectivant le juge de paix, le maire, les gendarmes, le patron, la contremaitresse ou le « gareur » en rut de l’atelier… A croire que le patois, contrairement à l’usage qu’en firent les bons bourgeois du début du siècle passé est une langue par essence subversive.

Rue Joséphine Bouchayer

Une histoire de famille, de pères et de fils, d’oncles et de neveux, de gendres et de beaux-frères, bref une affaire de Mare et de Gran, les Buddenbrook revus par la Sandrine.

Je me suis inspiré d’une étude de Robert Smith Patron, famille et entreprise : Bouchayer et Viallet, de Grenoble (1847-1971) Monde Alpin et Rhodanien 2-4/1996 et de ce que j’ai pu apprendre de quelques anciens B-V. Autant de raisons d’affirmer qu’une affaire conduite par des sandres ne peut que baillé du na.[spacer height= »10px »]Bouch5D’abord y’a le Joseph (1835-1898), la Joséphine et leurs huit enfants, quatre filles et quatre garçons. Le Joseph fils d’un cloutier du Plateau – Pierre Bouchayer- a quitté la maison de son pare tot joyeno – pour s’installer à Grenoble. Les affaires allaient mal et la perspective d’entrer comme apprenti chez un boulanger ne le tentait guère. Accueilli par de la famille, aidé par la diaspora matheysine il finit par entrer chez Hippolyte Bouvier (éclairage au gaz, chauffage…) où, aussi prin prenan qu’un matheysin peut l’être, il devint vite l’adjoint du patron, puis le patron. La Joséphine, fille d’un confiseur grenoblois, était la nièce de Bouvier. Une gestionnaire hors pair, c’est elle qui tient les comptes, deigaliborda pas chez les Bouchayer ! Si bien que son Jouset à la tête d’un capital de 40000 francs put en 1868 construire dans le quartier de la gare ses propres ateliers et une grande maison pour la famille. Modeste fabrique de quelques ouvriers spécialisée dans les usines de gaz, le chauffage et la ventilation, elle en employait déjà plus de 100 en 1870, sans compter l’usine de Lyon dirigé par Eugène, le frère de Joseph. Mais c’est l’arrivée au capital de Joseph Viallet, grand bourgeois cosmopolite et cultivé, diplômé de Centrale qui assura l’envol de l’entreprise qui s’installe sur des terrains nouvellement acquis entre la rue Ampère et le Drac. Un ensemble de bâtiments composé en particuliers de deux grandes halles de montage dont une seule a été conservée et auxquelles s’ajoutera en 1900 le célèbre Atelier A, la grande Halle Eiffel, le palais de la mécanique de l’Exposition Internationale de Paris de 1900.
Ensuite y’a l’Aimé et ses frères, en particulier l’Hyppolite qui épousera une demoiselle Reymond et sera à l’origine de PUK (Péchiney-Ugine-Kuhlmann) et l’Auguste qui a fait Centrale, les époux des sœurs Laure, Henriette, Thérèse, sans oublier l’oncle Eugène qui aurait bien aimé prendre la direction et toujours Joséphine qui règne sur la grande maison… Les Alpes vont se couvrir de barrages et d’usines hydro-électriques, l’avenir s’annonce radieux. Aimé est un financier avisé – ascendance matheysine oblige – qui dénote par sa hardiesse dans le petit monde des patrons grenoblois. En 1912 il transforme l’affaire, une société en nom collectif – Société Bouchayer-Viallet – en société anonyme par actions – Établissements Bouchayer et Viallet – au capital de 7 millions, 4 millions provenant des actionnaires (une quarantaine de personne) et 3 millions de la vente d’obligations. Aimé qui est maintenant membre d’une vingtaine de conseils d’administrations quitte la maison familiale et s’installe à Seyssinet dans une ancienne abbaye transformée à grands frais en maison bourgeoise, l’actuel Clos aux Combes. Les Bouchayer qui règnent sur Grenoble ne doutent de rien, à des concurrents, qui plus est allemands, Aimé lance son fameux « Allez dire aux deux frères Mannesmann que les trois frères Bouchayer les emmerdent ! » Succès garanti en ces années d’avant-guerre. Rodomontades de tarlarin, de venteiro, de Sandre toujours prêts à mesurer leur bricole ! Et pourtant tout n’est pas si rose, le lancement par Auguste d’une unité de fabrication de tube de fer par électrolyse s’avère un fiasco ruineux, et la déconfiture de la chocolaterie Dauphin ne l’est pas moins. Mais il y a la guerre, très bonne pour les affaires, l’usine reconvertie dans les obus tourne à plein régime et comptera jusqu’à 3000 ouvriers dont 800 femmes. On assiste dans le quartier à la naissance d’une synergie industrielle rare (Bouchayer fabrique les obus, Joya les canons, Jay les brancards, Brun les biscuits qui tiennent lieu de pain, Dauphin aurait pu fournir le chocolat…) Il n’avait pas tort le Gran « Ceux qu’on le pognon, ils reviendront, car c’est pour eux qu’on crève… » Je ne m’égarerais pas un brizi ? La paix revenue, Aimé qui ne reconnait plus son affaire – une vraie tour de Babel – réduit la voilure et revient aux conduites forcées, pylônes, vannes et autres grosses chaudronneries. La SDEM (Société dauphinoise d’études et de montage) maintenant alliée à Joya et à la Chaudronnerie des Pyrénées est plus que jamais le cœur de la firme. Le créneau est porteur, les conduites forcées s’accrochent aux falaises et courent dans les pâturages. Tout est en ordre : le Capital même écorné, la Famille, les terrains en réserve, les immeubles de-cé, de-lé, l’Usine sur laquelle règne en père bienveillant un patron de droit divin… [spacer height= »0px »]Des balivernes comme dirait l’Adelphine surtout quand la Joséphine n’est plus là et que personne ne l’a remplacée, surtout quand on va habiter loin de l’Usine, à Meylan, Corenc, Seyssinet ou plus loin encore. Keller et Krupp respiraient au moins la fumée de leurs cheminées, Peyron à Vizille vivait dans la puanteur de la pâte à papier, le Joseph quasimin dans ses ateliers… Il ne faut pas jouer avec les symboles, les insignes, il faut un minimum de cohérence dans le décorum et la pompe quand on se prend pour le Roi, n’est pas Louis XIV qui veut ! Il faut surtout des femmes qui tiennent la maison or les filles, Monsieur, chez ces gens-sont pourvoyeuses en gendres, actionnaires, associés et bien évidemment en fils ainés… Elles ne s’occupent plus des enfants, Mademoiselle s’en charge, il leur reste les rosiers, les bonnes œuvres, voire au besoin leurs amants, mais surtout pas les affaires et c’est bien là le malheur ! Imaginez un peu, l’une dans la résistance des métaux, une autre dans la gestion, une autre encore dans la finance… Marchaient sur le monde les sœurs Bouchayer !

Et puis y’a le Jean qui n’a pas la passion des affaires et encore moins de la chaudronnerie qui échoue à présenter Centrale mais aurait très certainement brillé à Normale Sup. Il est le fils ainé, il sera le patron et en attendant se morfond dans l’ombre écrasante de son père. Officier brillant pendant la guerre, sportif, figure de la bonne société grenobloise, candidat malheureux à la mairie en 1919 contre Paul Mistral, décoré de la légion d’honneur, il est l’époux d’une demoiselle Perrin, Marcelle, élevée en Angleterre qui partage ses goûts pour la littérature. Il préfère la plume d’oie à la règle à calcul, la page blanche à la planche à dessin. Il écrit. Il est même lauréat d’un prix décerné par l’Académie Delphinale, ce qui, j’en conviens volontiers ne signifie pas grand-chose… Il prend en 1928 aux côtés de son beau-frère Louis le Chatelier la direction de l’usine. On a connu des vocations contrariées beaucoup plus dramatiques… De ses années d’apprentissage il a surtout retenu les erreurs de son père et de son oncle Auguste et mesuré les pertes énormes subies. Il sera prudent, très prudent, d’autant plus prudent qu’il a d’autres soucis en tête : L’histoire locale, la littérature, les livres qu’il recherche pour la bibliothèque de sa maison de Corenc et de plus Marcelle n’est pas La Camille (Camille Perrin, la fondatrice avec ses fils de la ganterie du même nom.) Le fidèle Georges Ferrand, sorte de maire du palais, ingénieur de talent qui a toute la confiance de la clientèle, s’occupe de l’entreprise qui tourne rond, engraisse et vieillit sans voir le temps passer. Et puis il y a le Front Populaire, les grèves, quelques bagarres, les accords Matignon qu’on rechigne à appliquer en s’appuyant sur la CCI et l’APAF (association des producteurs des Alpes françaises) qu’Aimé a longtemps présidée, quelques gros bras, les 200 familles, des drapeaux rouge… Et des slogans Ma Chère ! Des horreurs ! Vous ne pouvez pas imaginer ! La guerre se passe, quelques promotions surprenantes en 44 comme autant d’arrangements. Les affaires ne reprennent pas vraiment, les anciens clients ont disparu, nationalisés – horreur absolue – fondus dans EDF. La trésorerie est exsangue, les machines obsolètes, les bâtiments d’un autre âge …
A la fin il y a le Robert qui prend la direction en 1956, sans la prendre vraiment puisque Jean, par ailleurs président de la Caisse d’Épargne de Grenoble et du prestigieux Comité de patronage des étudiants étrangers, reste Président du Conseil d’administration. Lucide, réaliste, technocrate cultivant une âme de chef modelée par un passage dans les Chantiers de Jeunesse, il ne manque pas d’idées mais héritier d’une des meilleures (plus riches) familles de Grenoble, fils ainé du fils ainé d’un fils ainé, il sait, sans vraiment le croire, que les vieilles dynasties totalement dépassées n’hésiteront pas, s’il échoue, à le sacrifier pour sauvegarder les apparences. Il modifie l’organisation du travail, recherche la productivité, licencie, forme de nouvelles équipes d’ingénieurs et lance un ambitieux programme d’investissement. Rien n’y fait, les marchés des conduites forcées et de la grosse chaudronnerie n’est plus ce qu’il a été et la concurrence est redoutable, EDF et Grenoble ne pensent plus qu’au nucléaire dont B-V est totalement absent. En 1964 il brise les derniers tabous et ouvre toute grande la porte du poulailler ancestral au renard en créant avec Schneider une société nouvelle pour fabriquer des vannes et des conduites forcées… A Chalon-sur-Saône ! B-V devient B-V-S. Les actionnaires s’étranglent d’indignation, le tout Grenoble s’insurge, le personnel, le peu qui reste, s’inquiète de plus en plus. Une unité de production de tank à lait réfrigéré fait un moment illusion puis s’effondre, un grand projet immobilier – « Portes de L’ouest » – s’enlise dans des procès avec la ville de Grenoble. Mis en minorité par les actionnaires conduits par le Jean, son pare, il cède la place à son cousin Jean le Chatelier, quitte les derniers Conseils d’Administration où il siégeait encore et s’éloigne de Grenoble. Bannis. Toutes les vieilles entreprises grenobloises en ces années soixante ont fermé ou sont absorbés par de grands groupes, Valisère disparait, Merlin–Gerin est repris par Schneider, Neypic par Alsthom… Mais seuls les Bouchayer laissent une friche symbole de leur décadence… Le secret, les apparences, n’avoir pas su sauver les apparences… Impardonnable.  Avec ce qui aurait pu être du Shakespeare, du Mann ou du Visconti faire du Druon et du Denys de la Patellières… Voilà bien l’esprit bourgeois grenoblois ! La Sandrine

Et vint le temps de la Friche qui dura bien un demi-siècle … 

Magasinades IV

Le Magasin 2011 – ???  

Mag-1Mag-3Mag-2Mag-4 

 

GOD SAVE THE MAGAZINE ! Performance des Magasinopathes (Tenues de Petits Explorateurs, Rollei avec flash au magnésium, pancartes, chansons cochonnes & piolleries diverses)

2015

Dan Perjovschi _ Pression Liberté Expression

Mag4-4Un intitulé digne d’un sujet de philo du bac philo. Pression Liberté Expression… La grosse artillerie des concepts qui fâchent pour une exposition bien-pensante. Des dessins qui font tout au plus sourire en soulignant avec talent quelques travers bien connus de notre monde, mais aucune outrance, aucune caricature vengeresse. Un petit côté consensuel un rien agaçant, le prix peut-être pour passer du dessin de presse aux galeries, centres d’art et musée.
Dan Perjovschi est née en Roumanie, à Sibiu en 1961, il a étudié les beaux-arts selon les canons du Conducator, ce qui eut pour effet de l’en dégouter pour un moment. Dessinateur de presse il représenta la Roumanie à la Biennale de Venise en 1999, puis exposa à la Tate Modern, au MoMA ou à la Cité nationale de l’immigration.
Le Magasin quant à lui s’en tire plutôt bien, l’exposition est agréable, la Rue est une réussite, la grande salle aux murs noirs recouverts de dessins à la craie blanche est tout à fait remarquable, il en va de même pour la présentation des journaux et des dessins collés à même les murs dans les autre salles. Je me demande toutefois maintenant que je rédige ma chronique, si je n’aurais pas dû frotter avec la main pour m’assurer qu’il s’agissait bien de craie mais je ne voulais pas aggraver mon cas avec le vigile, enfin le médiateur préposé à l’information du public-au-contact-des-œuvres. La grande porte bleu couverte de graffitis était quant à elle tout à fait à même de donner aux enfants des écoles des idées salutaires.
Pas vraiment du grand Magasin, mais une lueur d’espoir après le naufrage précédent. Maurice Boissard
Site Web officiel Dan Perjovschi : http://www.perjovschi.ro/

2014

Art in Pop

Le Magasin 2011 - ... : Art in PopM’sieur ! M’sieur ! Moi M’sieur ! Chœur des bons élèves levant le doigt. M’sieur Piolle, regarde comme il contribue de bon cœur Le Magasin à la nécessaire complémentarité des équipements culturels de quartier ! Une exposition toute exprès pour accueillir la petite nouvelle ! La Belle Électrique est arrivée, entièrement consacrée aux musiques nouvelles. Une salle à la gloire d’Agnès Poisson, Michel Chion, Jérôme Noetinger, Pierre Henry, je ne vais pas faire la fine bouche même si j’aurais préféré qu’on l’appelât la Belle Excentrique en souvenir de Satie. Mais dans un quartier d’affaire l’excentricité me direz-vous en me glissant également au passage qu’il n’est pas question de ces musiques là – trop élitistes, trop années 50-60 – mais de tout autre chose, de beaucoup plus actuel, voire d’avant, avant, avant garde… Une idée de Destot, c’est tout dire.
Bref Art in Pop c’est un peu l’affaire de la maquette qui recommence. L’expo est tout à fait remarquable, très documentée, très riche, instructive même. On déplorera toutefois qu’il ne soit pas fait mention de La Marion sos un pomi et de son influence sur la musique Country des années 70, pas plus d’ailleurs que de celle de la vicailli de Yoko Ono sur l’œuvre de John Lennon… Ceci étant on se demande ce que tout cela vient faire dans un centre d’art ?

 

Doom : Surface contrôle

Je suis sorti en fredonnant (massacrant) Satisfaction des Rolling Stones et en me promettant de ne rien écrire du tout. Un bon chrétien se doit d’être charitable… Maurice Boissard

Liam Gillick _ De 199C à 199D

Le Magasin 2011 - ... : Liam GillickEn remontant la Rue ce jour-là je m’abandonnais, je dois en convenir à mes penchants pervers : La contemplation solitaire, le plaisir esthétique, l’impression d’être de quelque chose, de quelque part… L’expo me plaisait, dense, contrastée, formes, volumes, couleurs, matériaux, bande son projetée dans la Rue, simplicité, dépouillement, allusions, renvois, connotations, liens, jeux, humour, dérision… Les tables dans la Rue, leur disposition, les objets posés dessus, McNamara Motel, McNamara papers : Toward a documentary, La fête au quotidien, Odradek Wall… J’oubliais l’essentiel, sa démarche avec la session 23, un comble ! J’oubliais le contexte, ces années 90 que j’avais traversées – pauvre banatru – sans m’apercevoir des mutations, des changements qu’elles portaient. j’appréciais De 199C à 199D sans avoir la moindre idée de ce que fut De 199A à 199B ! J’ignorais tout de ce processus collaboratif initié par Gillick aux côtés des étudiants du Center for Curatorial Studies du Bard College (New York) en 2012 dont je voyais le prolongement, fruit de neuf mois (toute une histoire !) de réflexion entre les stagiaires de la session 23, Liam Gillick et Yves Aupetitalot. Un projet déclinant à travers une exposition, un film et le site internet de la session 23, une esthétique relationnelle fondée sur les rapports entre le commissaire d’exposition, l’artiste, le lieu de l’exposition et le spectateur, et ouvrant une perspective nouvelle sur le futur de formes artistiques contemporaines. J’ignorais délibérément l’aspect « œuvre curatoriale, » en laquelle, revenu de mes erreurs, je ne vois d’ailleurs guère qu’une façon inconsciente d’aborder des sujets qui fâcheraient à coup sûr comme la mort ou la survie artificielle d’une certaine forme contemporaine d’art.
J’en étais là de mes pensées quand mon attention fut attirée par le manège d’un gars qui n’en finissait pas de tourner d’une pièce à l’autre. La sécurité. Il parait que des infâmes s’approchent des œuvres jusqu’à les toucher quand ils ne les mutilent pas en emmenant chez eux un tube de néon, un fauteuil années 60, une poignée de paillettes… Il ne faisait pas partie de l’expo, mais il aurait pu, vu les allusions à McNamara ou à Hoover, classiques de l’inévitable – et très années 60-90 – dénonciation de l’impérialisme américain, que ce gardien de l’ordre aurait pu incarner. J’y ai vu les limites de l’exercice proposé et peut-être même son aboutissement… Prenez : (THE WHAF IF ? SCENARIO) DINING TABLE. Vous attrapiez une raquette, vous vous empariez d’une des 23 balles judicieusement ajoutées et disposées par la Session 23, le type vous sautait dessus… Finie l’ironie, la dénonciation de « l’introduction d’activités de loisir sur le lieu de travail de l’industrie médiatique/culturelle au cours des années 1990.» on passait à la répression pure et dure, qui pourrait bien être, après tout, la fonction de cette forme d’art contemporain futur tant recherchée…
Nonobstant toutes ces ratiocinations De 199C à 199D est à voir et revoir. D’ailleurs j’y retourne dès qu’on me vire ma pauvre retraite. Maurice Boissard

  Notes, Tones, Stone _ Philippe Decrauzat

Raté : Des peintures donnant une désagréable impression de déjà vu, conçu à la va-vite et réalisé par délégation, des films en noir en blanc projetés en pleine lumière dont je me garderais bien de dire quoi que soit dans la mesure où je n’ai pas vu grand-chose, des caissons blancs de taille variable parsemant La Rue sans qu’on saisisse vraiment la logique qui présida à leur mise en place et à leur conception, si ce n’est pour trois d’entre eux la nécessité de servir de support aux projecteurs. Au mieux du sous-sous Grav, sentencieux, pesant et surtout sans aucun humour… Méforme ? Surmenage ? Contrat pas assez rémunérateur ? En tout cas la confirmation que La Rue peut-être un espace assassin quand on s’y aventure à la légère. Childeric
Voir:
Rencontre Le Parc / Decrauzat au Centre Pompidou

Ericka Beckman _ Works 1978 – 2013

Très daté tout ça, mais c’est ce qui en fait tout le charme, celui des Boundary Figures particulièrement. Des vidéos – des transferts de film 16mm ou super 8 parfois – avec en plus des « props » (accessoire de plateaux) des éléments du décor dont on ne peut s’empêcher de penser qu’ils auraient pu faire l’objet d’une mise en place plus élaborée, des dessins – les story boards de Cinderella entre autres – un ensemble particulièrement agréable à parcourir d’autant qu’on y rencontre tout aussi bien Mike Kelley – Broken rule et Blind Country – que Cendrillon notre Cul Cendron, Cinderella outre atlantique. Des films donc, mais aussi une approche de leur réalisation comme un rappel des étapes successives de la création, l’histoire, les décors, la couleur… Le côté artisanal de toute bonne création artistique. Deux films différents, plus récents mais dans des registres plutôt classiques : Switch center – une usine d’épuration désaffectée de la banlieue de Budapest, monument de l’ère soviétique dont la structure s’anime, Tension Building – un stade que le jeu de la caméra filmant les gradins transforme en toupie hurlante.
Quelques réflexions bien senties sur le travail de Piaget auquel Erick Beckman se réfère aurait sans doute pu permettre de relier les Galeries à la Rue, mais ce serait à mon avis aussi artificiel que laborieux. Maurice Boissard
Voir : Ericka Beckman

Blair Thurman

Deux œuvres en tubes néons dans la halle en face du Magasin. Un vision très fragmentaire du travail de Thurman qui aurait mérité d’occuper une place plus importante. Vu le contexte personne ne s’en serait plaint.
Voir : Blair Thurman

2013

Deimantas NarkevičiusDa Capo

Est-il un des plus éminent des plus éminent représentant de l’art contemporain de Lituanie comme le proclame le dossier de presse, je n’en sais fichtre rien. J’ai beaucoup aimé la bande son dans la rue et suis revenu plusieurs fois pour voir les vidéos. Nostalgie sans doute de l’époque où je prenais mon biberon sous le portrait de Staline et de mes années ciné-club où je m’étais fait une spécialité du cinéma soviétique, dégoulinant de bons sentiments, travestissant la réalité, manquant totalement d’ imagination, de fantaisie et d’humour, critique et subversif sur ordre, mais techniquement remarquable avec des photographies digne des films de Dreyer. En inversant le propos tout en gardant le style, Deimantas Narkevičius obtient un résultat remarquable, accusant et dénonçant sans effets de manches mais très efficacement.

  Vytautas Viržbickas _ «Comment te raconter une histoire connue ? – Ne la raconte pas.»

Si cette histoire était celle de l’Union Soviétique ou du mouvement communiste, Da Capo serait la réponse attendue. Une installation complexe, susceptibles d’interprétations infinies, de décryptages laborieux. Je retiendrais le cheval, image ordinaire de la misère humaine : Le petit cheval triste et résigné de Paul Fort, le cheval perdu du Roma de Fellini et, on y revient, les pauvres chevaux des campagnes russes du cinéma soviétique.

 
The Unborn Museum _ Pietro Roccasalva – Boissard vint un mardi (le jour de Madame Juliette depuis des lustres) et nouveau jour de fermeture. Comme c’était la dernière semaine et qu’on ne peut pas, à nos ages, jouer à cache-cache tous les jours avec les contrôleurs de la SNCF, il ne revint pas.

 
Anselm Reyle _ Ultracore

2012

Akram Zaatari _ Aujourd’hui à 10 ans.
On s’en fout, on est venu voir la maquette… Il aurait mérité d’être présenté dans un contexte différent, même si l’idée initiale était bonne.

 

PLAN-RELIEF DE GRENOBLE / Non tentative de conceptualisation d’un objet (encombrant) de l’art militaire du temps du Grenoble des casernes.

Le Magasin innove quasiment ! La confrontation (pacifique) Art Contemporain / Patrimoine n’est pas à proprement parler une nouveauté, les Résidences en Trièves de Marie Denis, Yan Pei-Ming, Jean-Louis Schoellkopf, et Art contemporain et patrimoines en Gresivaudan (Laetitia Benat, Guillaume Janot, Christophe Gonnet, Christophe Morin, Bruno Tanant) étaient des opérations, des campagnes (terme de circonstance) particulièrement réussies… Avec la fameuse – grande, très grande – maquette c’est autre chose. Il s’agissait surtout de trouver un lieu assez vaste pour l’accueillir, comme on avait rasé les écuries de la caserne de Bonne où elle aurait été en famille, restait pour l’installer au mieux le Magasin et sa Rue… Et là question Installations tout était possible… On aurait pu inonder La Rue et la faire flotter genre Radeau de la Méduse  – Grenoble n’est-elle pas une ile ? – Avec le temps le carton se serait imbibé et petit à petit elle se serait enfoncée dans les eaux – Mickael’s sinking – on aurait tout aussi bien pu dissimuler dans les maisons des bouts de gruyère et lâcher une cohorte de rats – Capitalistic Cannibalism – organiser des Performances – Honey pots in the moats, The Passion according to Saint Jérôme – Mais rien, rien de rien. Mêler la pratique artistique à la chose patriotique… Un peu de respect baudié ! Per ma figua c’est du Patrimoine, du vrai, estampillé Musées (dauphinois et autres) avec Conservateurs en chef, profs, enfants des écoles, familles et galonnés de tous poils, de la pédagogie pure et dure, des maquettes pour combat de rue sans peine, pillage éclair, incendie allumé dans les règles de l’art, j’en passe et des plus horribles…
On a boycotté. Dominique Papety et Guillaume de Clermont au siège d’Acre, Non merci. On espère au moins que les trente deniers ont bien été versés sur le compte ! Maurice Boissard

 

Isabelle Cornaro

On n’a pas vu. La guigne s’acharnait… On le regrette d’autant plus qu’on nous en avait dit le plus grand bien à Art 3 et que notre longue pratique des boissons anisées, nous conduit tout naturellement à suivre sans barguigner les avis de la Fondation Ricard… Une approche des notions de perspective, de point de vue et de positionnement pour une appropriation de La Rue convaincante (Enfin c’est ce que l’on a vu sur les photographies prises par l’agence Louis Mandrin, Jean le Broé, Quatorze et associés.
Voir : Isabelle Cornaro. Galerie Balice Hertling

  

Lili Reynaud-Deware  « Ceci est ma maison / This is My Place « 

Le Magasin 2011 - ... : Lilli Renaud-DewareMiracle au Magasin ! – On finissait par croire que le Magasin n’avait plus rien à dire, ce devait être exact, puisqu’il suffit qu’il se taise, pour qu’on l’entende de nouveau… Avec Lily Renaud Deware, bavarde comme pas deux, il n’avait d’ailleurs guère le choix. Elle crée et commente ce qui nous épargne, et on ne saurait trop l’en remercier, les discours des curateurs, commissaires et autres médiateurs de moindre niveau. Un centre d’Art, faut-il le rappeler, est avant tout un atelier d’Artistes, dans le cas du Magasin, un atelier immense, surdimensionné, redoutable, voire assassin. Les murs des galeries et la Rue plus encore magnifient le talent et soulignent impitoyablement la médiocrité. Avec elle et sa Baker House, La Rue semblait prête à décoller. Du jamais vu à ce jour. Pour le reste de l’expo on peut lui laisser la parole :
«L’exposition Ceci est ma maison / This Is My Place, prend pour point de départ un texte que j’ai publié récemment dans ma propre revue : Petunia. J’y défends l’idée indéfendable selon laquelle pour une artiste femme, la propriété immobilière, et les impératifs économiques et de maintenance qui l’accompagnent, sont une entrave au développement de sa pratique. Je soutiens que les lieux d’exposition dans lesquels nous sommes amenées à montrer notre travail pendant des «durées limitées», tiennent lieu et place de « maison » : on peut les meubler, les habiter même, pour quelque temps, puis s’en défaire sans laisser de traces autres qu’une documentation photographique ad hoc. Partant de cette hypothèse, je décide d’habiter symboliquement le MAGASIN. J’ai pensé l’exposition comme une suite de pièces figurant des espaces à la fois mentaux et domestiques. Un parcours diachronique, chargé et contradictoire, au cours duquel se confrontent biographique et l’anti-biographique, l’histoire intime et collective, où se côtoient figures tutélaires et mythiques, membres de ma propre famille et amis. Elle regroupe de nombreuses sculptures et vidéos réalisées ces dernières années, dont la durée cumulée implique éventuellement que la visite de l’exposition s’étire au-delà du raisonnable. Cette succession de salles s’articule autour d’un couloir dans lequel est regroupée une documentation du travail (affiches d’exposition, vidéos de performances) qui tient lieu de mémoire et joue avec les codes de la médiation institutionnelle. Elle s’ouvre, ou se clôt, c’est selon, sur une nouvelle œuvre : une réflexion sur une maison qui ne fut jamais réalisée, ni donc, habitée : La Baker House, un projet de l’architecte viennois Adolphe Loos pour la danseuse américaine Joséphine Baker. Peint sur les murs du MAGASIN, le motif des bandes noires et blanches qui devait orner la façade de la Baker House est le décor d’une performance dont seules seront rendues publiques des photographies et dans laquelle pour la première fois je mets en scène mon propre corps, dansant dans l’espace vide de La Rue les célèbres chorégraphies de Joséphine Baker ». On est venu, revenu, revenu encore. On n’aurait pu s’assoir un peu, voire passer la nuit sur place, tant on se sentait bien, this was our place atou… Mais ce n’était pas prévu. Lily Renaud Deware & Childeric

2011

The Adding Machine _ Mai Thu Perret

Voir : David Kordansky Gallery