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Utour de saint Giraud II

 

Onte Courata ? Itinéraire >< Itiè ! >< Utour…3 >< Utour…4 >< Essai de cabunologie

StGir2Quand lo Ω et lo Ã, qu’étaient des rapides – surtout le Ω – tot affara – idem – de la Μ depuis des années ont su qu’elle préparait quelque chose sur les cabanes de vignes, ils lui ont dit qu’ils les connaissaient toutes. La M, qu’était una miéta simplarèla, les a crus. Ils sont partis en vélo un beau matin. Lo Ã voulait prendre un quad, lo Ω sa moto, mais la M, qu’était une vraie écolo, une sportive et pas une rigolôde, elle n’a pas voulu… Alors ils sont allés chacun s’acheter un VTT, le modèle haut de gamme bien entendu, avec tenue et accessoires en rapport. Ω s’était procuré un matériel photo imposant que l’on aura l’occasion de découvrir. Ã, toujours à l’affut des nouveautés, s’était acheté un ipad lesté de toutes les applications disponibles, léger, discret, connecté au monde entier et surtout, il en aurait donné sa tête à couper, il était le premier du canton à en posséder un ! C’est de la terrasse de la tour de Saint-Giraud alors dans toute sa (relative) splendeur que La Chourêla suivit leur difficile progression sur les Hauts de St-Paul… Princesse des ténèbres, il lui était impossible, question de dignité, de s’établir dans la ruine actuelle, aussi avait-elle choisi de se transporter quelques siècles en arrière… Saint Giraud n’avait jamais été une demeure luxueuse, mais les gens de ce temps étaient beaucoup moins rustres qu’on ne le dit. A coup de peaux d’ours, de couvertures de laines épaisses ils vous transformaient le moindre rocher en coussin moelleux et leurs bancs et tabourets de bois étaient d’une ergonomie à faire pâlir un designer de chez Ikéa. Auprès d’elle, un jeune bouc mi garde du corps, mi troubadour, déclamait un poème que Laurent de Briançon écrirait au siècle prochain, le temps que son Gran tout StGir3juste un amoyrou Jayet séduise, engrosse et épouse la fricandella qu’on venait de lui présenter, ce qui ne saurait tarder pour peu que personne ne s’en mêle… On ne dira jamais assez tout ce que les diables de base, les folatons familiers doivent aux interdits de l’Église en matière de sexualité… Ils n’ont plus besoin d’inventer des stratagèmes compliqués, monter des traquenards savants, il leur suffit de laisser le printemps agir, comme ce jour-là précisément la Chourêla s’apprêtait à le faire
Mais voilà t’y pas pi que La Jaquemette, reine des fées de la cuvette grenobloise, en tournée d’inspection chez ses filles des falaises de Saint Loup, se fit annoncer. Une vieille connaissance qui l’ avait plus d’une fois conviée aux banquets qu’elle donnait dans sa grotte du col de Vence, et dont les vignes des hauts de Meylan étaient réputées tout autant pour leur vin que pour la saveur inimitable de leurs cornille. Une figure du canton de Garnoblo, discrète autant qu’incontournable connue pour son mauvais caractère, rancunière et susceptible comme seules les fées peuvent l’être et vouant au genre masculin une haine farouche qui lui faisait condamner sans appel tout commerce amoureux, badinage et œuvre de chair avant ou après mariage. Une attitude que ses collègues jugeaient excessive même si depuis quelque temps les hommes (femmes incluses) les décevaient beaucoup :

 »
Le vieille du paï, u pru au du clet / Prou de fei le z’on veu desu lo serpolet / Sauta com’un chourot, & en se rigolan / Fare de cupelié per un pra pendolan / Lou bergié le zon veu; celou de ceteu ten / De le veire burdi n’on pru lour passaten / Cor u son trot furbi, trot chiet, tro prin prenan / Et que ne se von pa d’elle entretenan. / Aussi deipeu seu ten ne fut bona saison, / Et le chieure barbieu lo possi en la maison, /Botenfla de lacet, en deipeu n’apottiron / Cor le Faye du leu le no zeicumigiron « 
[/su_pullquote]

(Les vieilles du pays les ont souvent vues au sommet du petit col sauter comme de cabris sur le serpolet, et en riant aux éclats faire des cupelettes le long d’un pré en pente. Les hommes d’aujourd’hui n’ont plus le loisir de les voir gambader. Parce qu’ils sont trop fourbes, trop méfiants, trop mesquins et parce qu’ils se gardent bien de parler d’elles. Aussi depuis ce changement, il n’y a plus eu de bonnes saisons et les chèvres barbichues ne n’ont plus rapporté à la maison des mamelles gonflées de lait, car les Fées les ont excommuniées…) Traduction de Gaston Tuaillon. La chourêla qui devait toute à la fois fournir son quota quotidien d’âmes en voie de perdition StGir5Atout en se gardant bien de fâcher la Jaquemette se trouvait fort embarrassée.Heureusement il y avait lo Ω, lo Ã et la M qui offraient un spectacle des plus réjouissants.

Au sortir des Martinais jusqu’à Risset par la route de Dideyre, deux kilomètres de léger faux plat au plus … Mais elle voulait passer par Allières, Furonnières, Cossey, Claix … Une succession ininterrompue de côtes et de descentes… La simple évocation de la rue des Martyrs les glaçait d’horreur, que dire alors des Pérouse … Il fallut pourtant en passer par là. Ils pensaient qu’elle mettrait très rapidement pied à terre, ce qui leur permettrait, par pure galanterie bien sûr, d’en faire autant. Mais il n’en fut rien… Ω put se consoler en la regardant, ses mollets, ses cuisses, sa façon de se déhancher… Il était rouge, le sang lui montait à la tête…Le désir, la chaleur due à l’effort… Il était pitoyable, il en était conscient, il fallait trouver quelque chose pour reprendre l’avantage.
Il avait compté sur son matériel photo, un reflex Nikon dernier cris avec toute une batterie d’objectifs qui pesaient un poids du diable et un magnifique pied télescopique très léger lui mais bien encombrant. Chaque fois qu’une cabane se présentait, et il s’en présenta, il descendait de son VTT, dépliait son matériel et entamait un étrange ballet, avançant reculant, faisant des grands cercles, s’agenouillant, se couchant, grimpant sur un arbre voisin… Spectaculaire mais bien fatiguant. Elle notait, mesurait, esquissait un StGir6croquis… Elle était aux anges. Ω ne doutaient pas qu’elle lui en saurait gré. Mais il y avait les descentes, pire que les côtes ! Il était pitoyable en descente… Elle s’efforçait de ne pas éclater de rire, mais n’y arrivait pas toujours. Et ces rires le blessaient à un point que vous ne sauriez imaginer.
Il lui fallait trouvait quelque chose pour reprendre l’avantage. Une cabane recouverte de tags se présenta fort à propos. Il explosa, dénonçant ce qu’il avait dû falloir d’alcool et de cannabis pour en arriver à faire des choses pareilles… Et ces bombes de peintures, tombées du camion sans doute ? Et ces matelas… Il avait dû s’en passer des horreurs et bien évidemment personne n’avait rien vu, personne n’avait rien fait… Tout allait à volo. Ce discours fut du meilleur effet sur M qui en apprécia la haute tenue morale, la critique de toute permissivité et de tout laxisme, l’apologie implicite de l’ordre et de la répression qui le garantit. Ã qui s’était empressé d’interroger Wikipedia sur son ipad essaya bien de parler du Graph, du Street Art, de Bastiat dont il venait de découvrir le nom, rien n’y fit. On se trouvait devant un parfait exemple de vandalisme toléré, voire encouragé… Elle était d’accord avec lui, c’était l’essentiel. On repartit. Le sentier très étroit surplombant un véritable précipice, mieux valait aller à pied. Le Château d’Allières apparut enfin. Nouveau discours, nouvelle profession de foi, libérale cette fois,StGir13-P sur les mérites de l’immobilier bien entendu qui permettait de sauver une bâtisse de la ruine en la transformant en immeuble d’habitation : Du travail pour les artisans du bâtiment, du profit, un bon placement et des économies pour la collectivité qui n’aurait pas à se ruiner pour préserver un tas de pierres. Elle le trouvait admirable, il le sentait bien… A toujours dans son I pad se lança dans un historique détaillé du château, ne tarissant pas d’éloge sur un certain plafond… Une bourrade aussi virile qu’amicale, mit fin à son discours. Ils se remirent en route.
A Furonnière, la Chourela leur avait réservé une petite surprise. Ã et Ω qui n’étaient pas des littéraires seraient passés sans un regard mais M tenait à photographier la maison du docteur Gagnon et même à voir la grande pièce. Ã resté seul eut droit à un impromptu qu’il applaudit de bon cœur, un vieux domestique en livrée et un jeune garçon avec un fusil sur l’épaule qui lui StGir7disait en brandissant fièrement un tourdre « Barbier votre élève est digne de vous ! » La Chouréla qui avait arrangé ce petit retour dans le passé en fut bien déçue… Manifestement il n’avait jamais lu la vie de Henry Brulard. Ils repartirent. Les dieux (et les diables) ont toujours surestimés le goût des hommes pour l’étude, Prométhé était une exception, quant à l’arbre de la connaissance ils l’auraient vraisemblablement abattu, débité en planches ou réduit en copeaux plutôt que pris d’assaut.

StGir8ALa route se mit à monter, monter beaucoup, descendre, descendre trop… Tous les indicateurs de l’Ipad étaient au rouge (rythme cardiaque, tension artérielle, réflexes, acuité visuelle, rythme des pas et des tours de pédales, vitesse…) Ã était exténué, Ω qui n’aspirait plus qu’à un tête-à-tête avec M qui mettrait enfin un terme à cette équipée absurde déclara qu’il fallait se séparer. Ã prendrait le chemin en pente vers les Balmes, eux ils exploreraient le quartier des Pérouse, on se retrouverait à Risset pour faire le point.
A que cette sourde guérilla amoureuse exaspérait au plus haut point, fut très heureux de se retrouver enfin seul, la pente était douce, le chemin recouvert d’une pelouse épaisse, la vue sur Grenoble et Comboire StGirX10magnifique, les cabanes enfouies dans les pierriers surprenantes… Il s’attarda longtemps peut-être même un peu trop, laisser les deux autres seuls ne lui disait rien qui vaille… Il n’avait aucune raison d’être jaloux, pourtant quelque chose le chagrinait… L’idée pensa-t-il de devoir faire un détour par le très pentu chemin des cimentiers…Il accéléra… C’est alors qu’il vit plantées au milieu du chemin un groupe de femmes vêtues comme dans l’ancien temps, l’une lisait une lettre, les autres écoutaient attentivement. Il n’essaya même pas de freiner, hurla quelque chose comme tirez-vous, barrez-vous ! Rien ne se passa, aucun choc, aucun cri, aucune injure… Et pourtant elles étaient toujours là, derrière lui maintenant, riant à gorge déployée, parlant fort dans une langue qu’il ne comprenait pas…

Te m’aya ben promey de quitta touz afare quan te sauria lo jour qu’on farit le fanfare. Je t’envoyi Piarrot t’u dire de ma ârt ; je t’ally u devan divendre su lot art, j’atendy long-temps. N’y faliet pa songiè. Je me couchy cretin, san beyre ny migiè…

Il n’en pouvait plus de cette équipée…

M et Ω quant à eux, venaient d’arriver à Risset. Elle fut très surprise de trouver la chapelle ouverte si tôt et particulièrement heureuse de le voir entrer à sa suite et s’agenouiller sur l’autre travée, quelques rangs derrière elle … La Chourêla, qui n’ignorait rien des fourbas des jazeypo et des faiblesses des jarboleta savait bien qu’il la deilbreyé des yeux, qu’elle en était bien consciente et se deferrava.

Ω méditait

« La fena poteta ne chomarei iamei sen mena la sangueta et se fare treffi lo ben-eirou pertu que natura lia mei upré de là boi-tu »

Ω avait des visions

Vrai Die, quan li se sin dessu l’aume ployé, Et en métre passa, su un bra s’appoyé, Et avei l’autra man li souleva la coissi ! Peu, quan, tout eicuman d’una amoirousa angoissi, D’un choso reposei, gro come un murusson, La furgue fort sert en diversi façon, Et ramenan lo cu, eiplet come cigala, Li dance su lo cor la bela martingàla .

StGirX11AIl était urgent d’agir. Rien à craindre à Risset où l’arrivée prochaine d’un Ã exténué ferait diversion, ni à Beauregard d’accès difficile qui les obligerait à mettre pied à terre – pousser son vélo n’est jamais très valorisant – mais après, dans la plaine, une fois requinqués … Elle décida donc d’envoyer son bouc lecteur dont la voix monocorde l’exaspérait les attendre aux Mollots.

Comme prévu rien ne se passa avant Fontagneux où le Ã décida de s’arrêter pour vérifier quelque chose au sujet de l’emplacement d’une ancienne villa romaine, les laissant seuls pousser jusqu’aux Mollots. Parvenus tout en haut de la colline, ils s’extasièrent sur le panorama, cherchant Saint Michel du Connex et Notre Dame des Autels, Montra-culs. L’expression la fit sourire. Erreur ! Car voilà t’y pas pi lo Ω qui s’affronta, devient tot affichu… Elle se défendait mollement, oubliant qu’en cet endroit même, il y a bien longtemps, un ange avait déposé une humble bergère des Charbonneaux qu’il avait arrachée aux flots déchaînés de la Romanche où    StGirX12elle avait préféré se précipiter plutôt que de subir les outrages promis par le moine en rut qui la poursuivait ! Avait-elle oublié l’histoire du Saut du moine ? On ne le saura jamais, car au moment où lo Ω tot griot lui applata uno brico, le bouc apparut et vint se planter face à eux, l’œil mauvais, les cornes en avant, le pied grattant frénétiquement le sol…
Ω faites quelque – chose ! Il ne bougeait pas. [spacer height= »0px »]Ω auriez-vous peur d’une chèvre ? Il bredouilla que ce n’était pas une chèvre mais un bouc. Elle était atterrée.

 

Utour de Saint-Giraud : Les cabanes de vignes

D’une cabane de vignes à l’autre, une promenade à pied et à VTT tout autour du Château de Saint Giraud avec Stendhal et Laurent de Briançon

 Itinéraires – Cartes – Cabanes de vignes & autres curiosités – Les passants

Cabanes de vignes... : Saint Giraud

Une promenade de Saint-Paul-de-Varces (Place de l’Église) à Saint-Paul-de-Varces (Maison Rochas) par Claix, Varces, Vif et le Gua, trois itinéraires – Μ Ã Ω par la plaine et les coteaux, à travers champs, bois, ronciers et lotissements, de cabanes de vignes en chemins oubliés.
Dans une fatorgue de Childeric M c’était la Jarboleta, une étudiante se proposant de faire un inventaire des cabanes de vignes de l’ancien canton de Vif dans le cadre d’un mémoire sur la métamorphose des paysages péri-urbains de l’Y grenoblois,
 Ω c’était lo Chaudeiro, un péliandru tot affara de la Μ prêt à tout pour parvenir à ses fins, même enfourcher un VTT ! Ã, c’était le Fignolou, ami et souffre-douleur du Ω. A suivre leurs parcours, on s’aperçoit que l’entreprise du Ω tourna court. Non pas qu’il manquait d’arguments, d’ardeur ou de savoir-faire, mais parce que du haut de la grande tour de Saint Giraud, la Jacquemette qui avait rejoint la Chourêla veillait… Sans compter que le vélo, quand on n’a pas l’habitude, ça fait vite mal partout… ! Beaudié l’affare !
On vous épargnera la relation de leur Odyssée, pour s’en tenir aux cabanes de vignes, derniers vestiges d’un vignoble disparu

Μ Ã Ω ] SAINT-PAUL-DE-VARCES [

Chemin du grand Sorbier ∏ ∏ → Suivre à flanc de colline à mi-chemin entre lisière de la forêt et lotissements jusqu’au dessus des Combes (éboulis de rochers) ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Les Péchardes  → Chemin des Combes à la Croisée  → Montée de Chabloz → Sentier à travers l’ancien vignoble des Martinais ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Rue du Martinais d’en haut → Route du Martinais d’en haut → Montée de Chabloz ∏ ∏ → Rue du coteau ∏ ∏ ∏ ∏ → Sentier → Allée des chênes → Route du Château d’Allières
………………………………………………………………. ] CLAIX [
→ Route du château → Chemin de Garetière ∏ ∏ → Chemin d’exploitation à droite après impasse de Garetière  → chemin de la Fontanette → Rue de Furonnière → Rue du Beau Dunois → Rue des Pérouses ∏ ∏ → Rue Beyle Stendhal → Rue des Martyrs ∏ ∏

M Ω
]↔Allée du Vert Sapin → Rue des Pérouses → Rue de la Balme ∏ ∏ → Avenue Bougault → Claix centre → Rue du 11 novembre
 
   Chemin de Risset

  Chapelle de Risset

 

à Cabanesde vignes... : Chapelle de Risset

Chemin de la Balme aux Pérouses            ]↔Ch des cimentiers [→ La Balme → Rue du coteau → Ch de Fond Ratel → Montée de la Croix blanche → ]↔ Av de Belledonne    [→ Rue de la Ronzy → Rue  des Grands Champs → Rue du 11 Novembre →Ch de Risset
…………] VARCES-ALLIERES & RISSET [
…………...→ Chapelle de Risset

M Ã Ω
Rue de Dideyre  → Rue du Nivolon → Route du Lavanchon → Rue du Champ Nigat → Rue de la Majoera → Rue Pierre Thermier → Carr. D 1075  ]↔Chemin des Buis [→ Rue de Beauregard → Chemin de Beauregard ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Sentier vers le Grand Rochefort  → Rue du lavoir → Ch des Plâtres (plaine de Rochefort) ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Ch de la digue  → Passserelle →  Rue de la passerelle ∏ ∏ → Rte de Fontagneux Π Π
à Chapelle de Fontagneux → M Ω Les Mollots Π
M Ã

Route du Gros Chêne → ]Sentier [ → Rue N D de Lachal → Route des Clapiers ∏ ∏ → Ch d’exploitation → Route des Cabanes de vignes... : Cabane et vignesClapiers → Ch d’exploitation ∏ ∏  → Route des Clapiers → Rue de la Sacristie
……….] VIF [
→ Route de Fontagneux ∏ ∏ → Chemin de Lachal (angle de l’école) ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Pont A51 → ]↔ Chemin des Hérons ∏ ∏ [
Pont A51
Route des Épées ∏ ∏ ∏ → Rue de la République  → Rue du Ravier → Rue du Polygone → rue de l’Hôpital ∏ ∏ →  Place Carnot (Café Revol)

Cabanes de vignes... : Chateau de MallissolΩ

Mallisol   Digue du Drac Rte des Iles Π Π →Rue du village Π ↔ Rte de Fontagneux Π Π  Rte de la Santon ∏ ∏ ∏  Petit Brion Π Π → Montée du Four → Rue du Truchet  Rue du stade ∏ ∏ ∏ → Rue du Nord ∏  Rue Pasteur ∏ ∏  Rue du Repos Place Berriat → Rue de l’Hôpital Π  rue du Polygone Π → Ch de la digue → rue de la Colombe Π → Rue de la République Π    Place Carnot (Café Revol)

M Ω

Rue Gustave Guerre → Avenue de Rivalta → Avenue de la Gare ∏ ∏ ∏ → Avenue de la Tour  → Rue du Bois du Gua → Chemin du Crozet → RD 1075 → Le Cerf Π → Route de Giradière  ]↔ Route de faveyrolle [→ Route de Girardière

Cabanes de vignes : Place Carnot (Vif)Ã

Rue Gustave Guerre → Rue Salicon ∏ ∏ → Rue Champollion  → Rue du Portail Rouge ∏ ∏ → Rue du 19 mars   → Avenue Général de Gaulle ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ Usine Vicat

                      Ω             Rte de Giradière  ]↔ Rte de Faveyrolle [→ Rte de Girardière → Usine Vicat
               M           Route des Trus  → Montée de la Font du Serf → Eglise du Genevrey
M Ã Ω
] LE GUA [– Rue de la Gresse ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Route d’Essar Garin  → Saint Barthélemy du Gua → Chemin du Château → Les Rossets d’en Bas ∏ ∏ ∏ → CD8 → Petits Amieux ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ → Les Grands Amieux

Ω Ã

Route des Grands Amieux Avenue du Vercors → Rte de Champrond Π Π Π Π

…………….M
…………….→ L’Echaillon →
…………] SAINT-PAUL-DE-VARCES [
Les Mallets Π Π → Charrière Chaude    → Place de l’Église → Route de Varces → Ch du rocher de la Bougeoise   Maison  RochasCabanes de vignes... : Friches à St Paul de Varces
                   Ω
Ch de Champrond à Vif ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏  ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏ ∏  → Ch d’Uriol Uriol ∏ ∏
→ Uriol → Saint-Paul-de-Varces (Chemin barré) → Pont de Vif
            Ã
Ch de Champrond à Vif Π Π Π Π ↔ Ch du Gua Π Π → Ch des caves Π → Rte des celliers ∏ ∏ ∏ ∏ ↔]Montée de Belledent ∏ ∏ ∏ [→ Pont de Vif
         Ã Ω ↓  

 Bd Faidherbe ∏ ∏ ∏ ∏
.] VARCES [
→ Digue de la Gresse
→ Rue du 8 mai → Rue Ambroise Croizat Rue Léo Lagrange
] Cave Coopérative [

 Cabanes de vignes... : Cave coopérative de Varces

 

Lo batifel de la Gisen

Lo Batifel de la Gisen, un texte de Laurent de Briançon, gaulois, gaillard, rabelaisien, le texte d’un homme de la Renaissance, un manifeste humaniste.

Monument de la littérature dauphinoise et de la Littérature tout court, lo Batifel de La Gisen….Elles ont bien mangé et bu…Pissi Sen se dandine sur sa chaise, s’agite puis n’y tenant plus plante son couteau dans la table et entame dans le silence le plus complet un discours vengeur sur les malheurs du temps, opposant la douceur opulente et gaillardes du temps d’avant au monde actuel, mesquin, rabougri et d’une tristesse à pleurer qu’impose Calvin avec ses interdits dont le pire – elle peut à peine le dire tant la chose est inconcevable – est que la fena ne det se fare labourà !

L’Auteur – Couste et bougea – les Gens

Pissi01                             Adonque ele aguiron
Lo cour si apidà, su’entre toute se priron
A gonfa, a gula, & a fare tau jei
Que le mire que son de chalou enragei.
A la fin Pissi-Sen, qui parla come un livro,
Sarran le den d’encroù, dissit : U l’eret yuro,
Oy ma fei qu’u l’eret, ou sen entendimen,
Cor é sarit pruto en natura possiblo
De teni la Sizampa, ou l’eiga din un quiblo,
Que de pouei iamei lo mondo chateni.
De tàtà de si grànda & bona chatoni.
La natura, de si, tojour requier iointura,
Et ne pot endurà que set poin d’uvertura
Voida & sen eitopon : La chambra onte nou son
Ore à batifelà, et plena de façon,
De meinagio, de gen, d’ér de quauque vessina
Qu’en eitranglan un pet, on làsche en iaffina :
Qu’e n’y a ren de voidou ; & ne pourrit-on pà
Y trouva pertusola à clore & eitopà.
De ceta norma vin que la fena poteta,
Ne chomarie jamei sen mena la sangueta,
Et se fare fressi lo ben-eirou pertu
Que natura lia mei uprè de là boi-tu.
Et si vet-on souven qu’encor à mala pena
On li pot assoula la chalou de la vena
Du cu, qui, farean tout einsi qu’un tison
Jusqu’u bou du zarteu l’y baille migison.
Et peusse lo pleizi de cela douci enferra
Superasse tout ben qu’on a dessu la térra,
Oi lo bère & migié, & tou zautrou uncour,
Don natura nou blusse & gatille lo cour.
On vet communamen que le pru fiere bétie
S’en van apriveisan & devenon dométie :
Et que iamei dangié ne pot l’aume troublà,
Mean qu’u se poisseize à sa coinda acoubla.
Uncour en ai-ij veu qui ayan ioüissanci
De cela qui lo cour lour eipoin d’amitanci,
Cour-failli, langoirou, avanclo & charmuzi,
Per ne se povei pa fula de tou pleizi ;
Et d’autrou varallié, einci qu’una naveta,
Per se pouvei otà lo jar de la brayetà :
Lo jar qui affichou, lour pique pru avan
Lo cour & l’eiperit, que ne fat lo tavan.
Adonque bourdonan, & d’una’ala ligieri,
U fort enverimà à defour de sa tauneiri ;
Encro, vou bataillé & lo groin, & lo nà
Du garçon, qu’à son dan l’et venu ateinà ;
Qui trepet deitressi, & brut comme l’Ysera,
Et fat pru pitou jai que la mala fouzera.
Lo mondo en ét si chet, qu’e ne tin qu’à pouvei
Qu’on ne s’y attaleise a chaque ora cen vei.
Mé, natura, que vou garanda son ouvragio,
Nou zen fat leitachet folamen quoque viàgeo ;
Autramen, on verrit lo mondo enfoulati,
Et étre, en po de ten, de la mor trangluti.
La fena, mémamen, que la natura a féta
Toute le vei qu’on vou à la besougni préta :
Vrai dié, quan li se sin dessu l’aume poyé,
Et en métre passa, su un bra s’appoyé,
Et avei l’autra man li souleva la coiffi :
Peu, quan, tout eicuman d’una’amoirou angoissi,
Dun choso reposei, gro come un murusson,
La furgue fort & sert en diversi façon ;
E remenan lo cu, eiplet come cigala,
Li dance su lo cor la béla martingala :
Et quan lei, qu’et dessout, reon de galico,
Et couragiousamen li fat milli brico,
En morteiran du cù, einci qu’una serventa
Qui bréye en un mortié ou fâ ou faucimenta :
Quan plena de furou on la vet tra-sassié,
Et de jambe de bra lo cor l’intrelacié ;
Sinta lou berlingau, qui de genti bizôla
U sin pertu du cu li fat la sinigola ;
Peusse quan à la fin l’un & l’autre eipami,
Ne se bùge non pru que s’y l’ere endurmi :
Ie ne crei pa que set chosa pru amitouza
En touta la natura, & que la ben eirouza
Arma du trepassa aye en Paradi,
Per prevon qu’eilli y set, tot mëon de burdi.
Et peu, Mosse Crauvin, pru poissen que Natura,
Nou zoutarat si gransa & douci conortura ?
U farat, lo poitron, que iamai lo caquit,
Celeu qui lo premiè de son dit se moquit,
Fut la fena qui tan sit sanguetà son ochi,
Qu’u l’en aguit lo fron aussi rion qu’una fourchi.
Celei farit ben nassa vn iour malencontrou,
Qui creirit le reison de celeu maleirou ;
Pissi02

 

Parabole du Fils prodigue

Triple traduction de la parabole du Fils prodigue prodigue – Luc 15 – en vaudois, parler de l’Oisans et du Trièves

L’Auteur – Couste & bourgea – Les Gens

FrançaisParler vaudois _ Parler de l’OisansParler du Trièves

Parabole de l’Enfant prodigue extraite de la Traduction française du Nouveau-Testament, pour l’intelligence des Traductions de cette même Parabole en divers Patois.

Parabole du fils prodigueUn homme avait deux fils, dont le plus jeune dit à son père : mon père, donnez-moi les biens que je dois avoir pour ma part, et il leur fit le partage de son bien. Peu de jours après, le plus jeune emportant avec lui tout ce qu’il avait, s’en alla voyager en pays éloignés où il dépensa tout son bien en débauches. Après qu’il eut tout dissipé, il survint une grande famine dans ce pays-là, et il fut tellement dénué de toutes chose, qu’il fut obligé de s’attacher à un habitant du lieu qui l’envoya dans sa ferme pour y garder des pourceaux. Là il désirait de pouvoir se rassasier des écorces que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait. Enfin étant entré en lui-même, il dit : « Combien y a-t-il dans la maison de mon père de domestiques qui ont du pain en abondance, et moi je meurs ici de faim; il faut que je me lève, que j’aille trouver mon père et que je lui dise : mon père, j’ai péché contre le ciel et devant vous. Je ne suis pas digne maintenant d’être appelé votre fils; traitez-moi donc comme l’un de vos domestiques ». Il se leva donc, et alla trouver son père ; mais lorsqu’il était encore loin, son père l’aperçut, et touché de compassion il courut l’embrasser et le baiser. Son fils lui dit : « Mon père, j’ai péché contre le ciel et devant vous; je ne suis pas digne maintenant d’être appelé votre fils». Mais le père dit à ses serviteurs: «Apportez-lui promptement sa première robe, et l’en revêtez; mettez-lui un anneau au doigt et des souliers aux pieds ; amenez le veau gras et le tuez ; mangeons et taisons grande chère, parce que voici mon fils qui était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé » ; et ils firent grande fête
Cependant son fils aîné qui était au champ revint, et lorsque étant près de la maison, il entendit qu’on dansait, qu’on chantait, il appela un de ses serviteurs pour savoir de lui ce que c’était; « C’est, dit-il, que votre frère est venu, et votre père le voyant plein de vie, a fait tuer le veau gras ».Celui-ci fut si indigné, qu’il ne voulait pas entrer dans la maison; ce qui obligea son père de sortir et de le prier d’entrer avec lui. Mais il répondit à son père: « Il y a long temps que je vous sers sans vous avoir jamais désobéi, néanmoins vous ne m’avez jamais donné seulement un chevreau pour me réjouir avec mes amis ; et lorsqu’un fils comme celui-là qui a mangé tout son bien avec des femmes perdues, est venu, vous avez fait tuer pour lui le veau gras ». Son père lui dit : « Mon fils, pour vous, vous êtes toujours avec moi et je n’ai rien qui ne soit à vous; mais il fallait bien faire un festin et nous réjouir, parce que votre frère qui était mort est ressuscité, qu’il était perdu, et qu’il est retrouvé. »
 
Parabole de l’Enfant prodigue en langue vaudoise, extraite d’un Nouveau Testament de la Secte des Vaudois, manuscrit du treizième siècle, de la Bibliothèque de Grenoble.

Parabole du fils prodigueUn home aë diù filh, e lo plus jove dis al Paire : O Paire, dona a mi la partia de la substancia que se coven ami; e departie à lo la substancia. E enaprès non motidia, lo filh plus jove, ajostas totas cosas, ane en peleriniage en lognana region, e degaste aqui la soa substancia, vivent luxuriosament. E poisqu’el ac consuma totas cosas, grant fam fo fait en aquella region, e el commence have besogna, e ane ese ajoste à un ciptadin daquella region, e travie l’en la soa vila quel paisses li porc; e cubitava umplir lo seo ventre de las silicas que manjavan lè porc, e alcun n’in donava ale. Mes retorna en si dis : Quanti mercenar habundian de pan en la meison del meo païre, me yo patisso aici de fam; yo me levarey e annarey al mio païre e diréy a le: o païre, yo pechey al cel e devant tu, e ja non sey degne esse apella lo teo tilh, fay mi essay à un de li teo mercenar. E levant, venc al seo paire. Mes corne el fos encara de long, lo seo paire veclui e fomogu de misericordia, ecorrent, cagic sobe lo col de le e bayse le. E lo filh dis aie : o paire, yo pechey al cel e devant tu, yo non soy degne esse apella lo teo filh. Mes lo païre dis al seo serf: fo raporta viac’. la premiera vestimenta e vestic le, e done anel en la man de le, e ceaucameutas en li pe, e ameni vedel gras e l’occien, e manjen e alegran, car aqueste meo filh era mort e es reviscola, e era perdu e es atroba; e commenceron alegrar.
Mes lo filh de le plus velh era al canp, e cum el vengues e sappies a la meison, auvie la calamella e la compagnia, e apelle un de li serf e demande qual fossan aquestas cosas, e el dis a le : lo teo fraire venc, e lo teo païre occis vedel gras, car el receop lui salf. Mes el fo endegna e non volia intrar. Me lo païre de le issi, commenca pregar li ; mes es rendent dis al seo païre: vete yo syuo a tu per tanti an e unque non trapassey lo teo comandament, e unque non donnes a mi cabri che yo manjes cum li meo amio ; mes poisque aquest teo filh loqual devore la soa substancia cum las meretres e vengu, tu occies a le vedel gras. Mes el dis a lui : O filh! Tu sies tota via cum mi, e ttlas las mias cosas son toas ; mes la conventava manjar e alegrar, car aquest teo fraïre era mort e es reviscola, e era perdu e es atroba.
 
Parabole de l’Enfant prodigue en patois du canton de l’Oysan, au sud-est de Grenoble.

Parabole du fils prodigueUn homme ayit dous garçons. Lou plus jouvein zi dissit: Pare, baillamé lous bens qu’y déyou avey pe ma part su voutrou heritajeou. Lou pare lour fasé lou partajeou de soun bein. Quoque teims apres, lou plus jouvein emporti avey li tout so qu’el ayit agut, s’en fuzé courre loun, din lou pays bas, ounte oul agues tieu dépeinsa soun ben din leys débauches. Quant oul agué tou migi d’un carou et d’autrou, lo survingué uno grand famira din lou pays qu’oul eré, et ou fuzé talamant redus, qu’où fuzé oubligi de se louir à un habitant de leindret que l’envoyé din sa ferma pé garda sous cayouns; iqui ou désiravé de pouvey se rassazia de leys pallalliés que lous cayouns qu’où gardave migeaveant; mais lungun zi gni en dourave. Enfyn ou rentrei en si meimou, ou dizit : quant ziya lo de valets din la meisoun de moun paré qu’ant de pan en abbondanci et que n’ein souront, et mi mi cravou de fam ; la faout que mi aleisou a mou paré et zi direi : Paré, mi aye peichia contra lo cié et devan vou ; mi ne siou pas dignou hyeuro d’être appela voutrou garçoun ; bita mé avoï voutrou valets.
Et de suita ou s’êre enchamira. Mes coumma oul approchavé, soun pare l’aperceou de loun et couriez ver si ; zi sauté aou coulein, l’embrassiez en disant: Ah! te veyci moun galloupyn . Sour affant zi dissiet : Paré, perdouramé ; mi ayé eita un drolou , un détartamela; mi ayé migi avey ley conquiret et lous libertins coumma mi tou ço qu’ous m’ayas beylet ; mi ne siou pas dignou hyeuro d’être appela voutrou garçoun. Mes lou paré dissiet a sous valets : aduziez zi vitou sa premeyri roubilli, et lou vitiéz
Ieaou; bittas zi avos uro bagua aou dey, avey seys savattes à lous pieds ; aduziez lou vez gras et lou seynas; nous repattarens tous enssens; migens et fazens bonbanci , perçoqué veyci moun garçouu qu’êré mort et oul ei ressussita ; oul eré perdu et lou veyqui retrouva; fazens donc fêta.
Pertant lou plus vieux de sous garçous qu’eré pe lous champs, reverit. Quant ou fuzié prochou de la meisoun oui entendit danssi et chantas ; ou souziez un valet per savey de si so qué l’ère; l’ey zi dizit: ou que voutrou frare ey revingu ; voutrou pare si jouyoux de lou vey en bourra sanda, a fat tuas lou plus beaou de lous veaoux.
Iquey ici si feou de veyra qu’is fasiants tant de feta per un courrandier, qu’où ne voullit pas intras dyn la meysoun. Soun pare vayant iquien sourtiez et lou pressiet d’intras avey si; mais ou repondiez à soun pare : L’o zya longtem que mi vous servou sen vous avey jamais desobéi, ma gni men; vous ne m’ayez jamais ren doura, pas soulament un choro per me divertir avey mous camarades ; et quan un parein comma iquou, qu’a migé tout son ben avey leys couquirets, ey vingut vous ayez per si fat tuas Iou plus beaou de lous veaoux. Son pare zi dissiez : Moun garçoun, per vous vous settey téjouz avey mi et mi n’ay ren que ne saye voutrou; mais la fouilli bien fare un festin en rejouissance de ce que mour affant qu’eré mort ei ressussita, oul eré perdus s’ey tourna amassa.
 
Parabole de l’Enfant prodigue en patois de l’ancien pays de Trièves, au sud de Grenoble.

Parabole du fils prodigueUn homme ayet dous garçous; lo plus jouvé dit a son païre : Païre, balla me la portion d’au ben que dut me revenir. Son païre leur fit la portion de sou ben. Paus de jours après lo plus jouvé daux dous efans ayant ramassa tout ce qu’ayet, partit per veire un pays éloigno et vivant obe de filias de mechanta via, eut tuet dissipa son ben. Après qu’eut tout migeo, arrivit din lou pay out’erre una granda famina , et lu commencit a sintir la misera. Adouques s’in allit et se boutit in service chieux un habitant dun pays, qui l’envoyit à sa ferma pe garda lou cayous. Auriés ben voudiu implir son vintré de ce que lou pouercs migeavon, mais diudin ne lui an donnave. Adonque ayant fa retour sur iou, il disit: cumbien de valets din la maisou de mon païre qu’ont de pan tant que volou, tandis que you mouerou eci de fan. Fau que daquey pas aillou trouva mon païre et que li disou : Païre, païre, a pecho contra lou ciel et contra vous ; iou siou plus digné d’estre appella vostre fil, traita me commun de vostrei valets. . „ .
Il partet donques, et vint trouva son païre. Quant era encare ben lien, sou païre l’apperçut, et ut compassion de el, et courant a el, il se jittit a son couol et le baisit ; et son fil li dit : Païre a pecho contra lou ciel et contra vous, ne siou plus digne d’êstre appella vostre fil. Adouque lou païre dit a sou servitours: Aduza me vite la plus bella robbo, boutali la; boutali aussi una bagua aux dets et de souliers aux peds, amena un viau gras, tua lou, fasan bonna chiera et rejouissan nous, persaqué mon fil quest ici era mouort et é ressuscita, era perdu et é retrouva : Ainssi commiciront a fare granda chiera et a se rejouir.
Stapendant lou fil ainet quera au champ s’invinguit, et quand fut proche de la maisou il entendit las aubadas. Il appellit donques un dous servitours et li demandit ce qu’etiet qu’oviet. Lou valet li dit : c’est que vostre frare est revundiu et vostre païre a fat tua un viau gras, persaque la retrouvo in bonna santo. Aquo l’ayant facho, il ne voulut plus intras dins la maisou ; mais sou païre étant surti per l’en pria, aquey prit la parolo , et li disit: vetia duja tant d’ans que vous servou, iou jamais ne vous ais desoubei in rin de ce que mayo commando ; stapandant jamais ne m’avés douno un chabrit pe me divertir obe mous amis ; mais aussitôt que vostre autro fil qu’a migeo tout sou ben obe de fenas perduas eit revindiu, aya fa tua per el le viau gras. Sou païre li disit: mon fil, sias toujours obe mi et tout ce qu’aye eit vostre ; mais faillet ben faré una feta et nous rejoui perqué vostre fraïré que veci era mouort et é ressuscita, era perdu et é retrouvo,

Le Testament de Guigues Alleman

Le testament de Guigues Alleman, Seigneur d’Uriage, un texte de 1275

L’Auteur – Couste & Bourgea – Les Gens

Testament : Mort d'AaronCité par Chorier dans son Histoire du Dauphiné et repris par Devaux dans sa thèse de doctorat Essai sur la langue vulgaire du Dauphiné septentrional au Moyen-Age. « Chorier l’avait trouvé dans les archives de Salvaing de Boissieu qui collectionnait les pièces curieuses au point de vue de l’histoire généalogique de notre province, et il le publia dans son Histoire du Dauphiné pour donner un spécimen de notre ancienne langue. Malheureusement pour nos études, il ne l’a pas reproduit en entier, et le manuscrit original est perdu. » Les Alleman étaient une vieille et puissante famille du Dauphiné, régulièrement invitée aux réceptions de la Sandrine.


1. Al nom de notro Segnor Jesu Christ, amen. Anno Domini M. GC. LXXV. en la terci indiction, en la quinzena kalenda del meys de Juil. Devant mi, notario, et les garenties dedins escrites.

2. Ef, Guigos Alamant, donzeuz, sans de pessa, ja seit czo que ef seyo malado de cors…
3. Attendant et considérant venir l’avenimant… Et attendant qu’en l’umana condition neuna chosa no pot fermament persévérai, e que meller chosa est vivre per esperanci de mort, que venir a mort de sodo fa.
4. Cum neguna chosa plus seyt deupua auz homens, queli dereyri volunta, après de czo que autra chosa voler non pount. 
5. Franchi seyt ma volunta, e leysibla, q[u]e no torneyt per iqui mémo.
6. Ef faf et hordeno mon testament nuncupati, ou ma derreyri volunta et ordenation ou disposition de totz mos bens moblos et no moblos, dreyts et possessions q[u]e ef hay e tino e posseo ou autre per nom de my, en cela maneiri :
7.
Et primeyriment, esleyo a mon cors sepultura al cimenterio deuz Frares Menors de Graynovol .
8.
Ef, item, establiso a mi her universal al chatel d’Uriajo, e el mandament del dit chatel, Franceys Alamant , mon fils, e encore les autres choses, dreyts e possessions, homens, cesses, plaitz, terres cotivays e non cotivaiz, pras, vignes, buecs, pasq[u]ers et totes les autres choses apertenens al dit chatel, exceptays celles choses e[n] q[u]e ef etablirey dedins her Jaq[u]emo, mon fils, etc.
9. Item, a Katalinan et a Berengeyrin, mes filles, a chacuna dono et laysso VI. mili souz de Vianneis et X. lib. de Vianneys, etc.
10.
Item, a Biatris, ma filli, dono et laysso C. Ib. De Vianneys, et en celles la etablisso a mi her, et volo q[u]e illi seyt moni de Pramol et per tant volo celley estre avengia de totz mos bens et de mon heretajo, etc.
11.
Item, volo et comando q[u]e Alis, ma moller, seyt donna et guovernaris de tôt mon otal, lo mentre q[u]e illi itare veva, etc.
12. Item, établisse mos essequtors de cet testament et de ma derreyri volunta Mon Seynor Odon Perrin , chavaller, Guigon de Puey-Boson , la ditta Alis, mi millier, Guigon Arbarester et Piron Alamant lo bastart.
13.
Liqual enseguant tottes les choses desus dites, al cossel de Peron Alamant, mon frare, et de Odon Alamant, seynor de Champs, mon cusin, et del vénérable Pare Monseynor l’evesque de Graynovol etc.
14. Czo est fayt en la sala del chatel d’Uriajo, présents los guarents a czo apellas, e preyez especialment : Odon Alamant, seynor de Champs, Peron Alamant, seynor de Revel, Felipon de Alavart, savio en dreyt, Frare Odon Alamant, Frare Loren, Frare Guigon de Teys, Frares Menors, Maytre Brun, fusician, Gilet Alamant, Peron de Valboneys e Peron Bonifacio d’Ouzens, e ef Micheus Ramons, publicos notarios per authorita de l’emperaor, etc.

Laurent de Briançon

Laurent de Briançon, poète grenoblois essentiel

Pour cet article je me suis très largement inspiré des travaux de Gaston Tuaillon et en particulier de l’édition des œuvres de Laurent de Briançon qu’il publia en 1996. Trois poèmes en patois grenoblois du XVI° siècle. Le Monde Alpin et Rhodanien 1/1996

Biobibliographie sommaire

Laurent de Briançon : la Tour de l'ileLes Briançon étaient une vieille famille savoyarde qui, suite à une querelle avec l’évêque de Moutier, s’ installa au XII° siècle en Dauphiné au château de Saint Giraud (en dessus de Varces) que le Dauphin leur céda contre leur  château de Tarentaise.
On ne sait pas grand-chose de la vie de Laurent de Briançon, si ce n’est qu’il vécut dans la seconde partie du XVI° siècle, qu’il était seigneur de Varces, qu’il habitait Grenoble où il possédait une maison sur la place du banc de Malconseil, pas très loin du Parlement, et qu’il participa activement à la vie publique, sa double appartenance aux noblesses d’épée et de robe faisant de lui un personnage particulièrement en vue. Allard dans son Dictionnaire historique du Dauphiné dit qu’il fut Recteur de l’université de Valence, mais on ne trouve nulle trace de lui ni comme recteur, ni comme lecteur dans l’histoire pourtant bien connue de la Faculté de Droit. On peut penser plutôt qu’il y fit tout au plus ses études avant de revenir à Grenoble où il mena une carrière de juriste comme avocat auprès du Parlement du Dauphiné.

– En 1566, il fait partie du Conseil de Ville

– Le 19 décembre 1575, il est élu Consul pour l’année 1576

– En 1576, il est choisi pour représenter la noblesse du Dauphiné aux États Généraux que le roi Henri III avait convoqués à sa cour de Blois pour le 15 novembre 1576. Il se querelle avec l’évêque de Grenoble pour savoir qui conduira la délégation, l’évêque aura gain de cause. Cet épisode en dit long sur le personnage, un noble dauphinois, catholique certes mais anticlérical.

Book1562/1564. Lo Batifel de la Gisen

Les fêtes organisées dans les grandes maisons pour fêter une naissance sont une très vieille tradition, on mange, on boit, on caquette. Ainsi à Grenoble ce jour-là chez une certaine Alison, pas très loin de Saint André, où sont réunies quelques dames de la bonne société grenobloise. Les temps sont difficiles, protestants et catholiques s’affrontent, on en parle… Faut-il se convertir ou résister au Calvinisme c’est à dire ne plus faire l’amour, ne plus se faire belle, ne plus aller danser, ne plus écouter de musique, ne plus jouer, ne plus recevoir ? Le sujet est grave et les arguments de poids, pas toujours très catholiques, mais sans appel, l’ordre des choses, les lois de nature revus par 9 comares déchainées… Un chef d’œuvre d’humour et de dérision parfois aux limites de l’absurde. On pense à Rabelais, à Ronsard regrettant le temps d’avant. 

Book Entre décembre 1576 et l’été 1577. La Vieutenanci du Courtizan.

Une lettre adressée à son ami Hector de Maniquet qui vécut à la cour de Charles IX où il exerça d’importantes fonctions avant de revenir en Dauphiné dans sa maison du Fayet au-dessus de Barraux. Les États Généraux de Blois vus par un délégué de base cherchant surtout à se loger et se nourrir et tentant en vain d’approcher le Roi sans doute pour déposer une supplique sans grand rapport avec les débats. Aucune allusion aux travaux de l’assemblée où il est beaucoup question du pouvoir royal et de ses limites mais une description au vitriol des mœurs de la Cour qui en dit long sur sa vision de la monarchie absolue.

Book Entre 1550 et 1590 :  Lo Banquet de le Faye

Une fourchette très large pour un texte de pure fiction, donc très difficile à dater, mettant en scène des fées, des fées de tous les jours, celles qui habitaient les falaises du Vercors ou de la Chartreuse, et que l’on voyait laver leur linge dans les ruisseaux, marcher le long des vignes, courir à la lisière des bois. Les fées volontiers rancunières et susceptibles à qui il fallait surtout oublier de laisser une part de gâteau sur le rebord de la fenêtre les jours de fête et qui vous remerciaient en emmenant les troupeaux vers de grasses prairies … Partant de ces images familières, Laurent de Briançon bâtit une histoire où il se plait à accumuler les outrances et un décor, un Royaume qui n’est pas sans rappeler le Royaume de France, centralisé, autoritaire et peuplé d’espions et d’informateurs. La reine des fées, la grande Jaquemette a organisé en son palais du col de Vence un grand festin, Toutes les fées sont là sauf la Fleurie qui a du s’attarder à Grenoble pour calmer un mari jaloux qui brutalisait sa femme. L’auditoire s’enflamme et la Jaquemette folle de rage promet à l’époux des châtiments que Sade lui-même n’aurait pas imaginé.

Trois poèmes trop méconnus, d’un homme manifestement très attaché au Parlement et à ses droits, et qui tient à le dire dans la langue du vieux pays désormais banni des actes officiels et condamnée de fait à disparaitre – l’édit de Villers-Cotterêts fut publié en 1539 – ce qui ne facilita pas leur diffusion. Il faut absolument lire et le relire Laurent de Briançon . (Courir Car et canton mettra en ligne quelques extraits de La Batifel de la Gisen   et prépare une édition complète du texte en numérique) son œuvre outre ses qualités littéraires est la référence en matière de parler dauphinois. 

Le point de vue de la Sandrine.

L’auteur le plus cité dans Courir car et canton, la veine rabelaisienne de ses poèmes en langue grenobloise ne pouvait que plaire à nos peliandru toujours en quête d’images lestes et de propos crus à glisser dans leur pauvre prose. Je l’ai découvert dans un numéro du Monde Alpin et Rhodanien, revue hélas disparue, consacré à trois poèmes en patois grenoblois du XVI° siècle, Lo Batifel de la Gisen, Lo banquet de le Faye, La Vieutenanci du Courtizan, traduits et présentés par Gaston Tuaillon.
Quel choc ! L’AdelphineC. et ses copines dans leurs meilleurs morceaux. La Dana Malateta, la Marina Iappet, Gloudeta, Cu Fouïrou (cul–foireux), Pissi Sen (Pisse-Sagesse), Fei-li ben (Fais-lui-bien), Gro Bec & sa Serou c’étaient-elles. La Jacommetta, la Perneta & la petita Fluria du Banquet de le Faye, c’étaient elles aussi. Le même entrain, la même vision du monde, la place centrale des femmes tenant le monde à bout de bras contre les Sandre (les hommes) naturellement menteurs, fainéants, lâches et cavaleurs. Dans l’opprobre, effet du temps, Calvin avait laissé la place aux patrons et aux curés et sur la table la pogne au sucre avait remplacé la pogne au safran… Mais le vin est toujours là, lo bon vin de coute u veiro entassa qui usse revicola lo cour d’un trapassa… Ce Briançon connaissait les femmes et devait les aimer. Il avait de l’esprit, du courage, qualités féminines par excellence. Le représentant aux États généraux de Blois (lui) qu’il décrit dans « La Vieutenanci du Courtizan » au prise avec la cour, les cabaretiers et les aubergistes n’est pas si éloigné de nos pétroleuses vizilloises. Quand il écrit que le roi entouré des soldats armés hallebardes a l’air d’un perroquet en cage ou déplore de devoir se hâter du soir au matin « Per ala coyacué aprè una chargueina, de Segnou ou de dama, ou de Rey ou de reina » (pour aller dire des inepties chez une charogne de Seigneur ou de grande Dame, ou de Roi ou de Reine) il est aussi radical dans ses jugements et aussi téméraire qu’elles pouvaient l’être en invectivant le juge de paix, le maire, les gendarmes, le patron, la contremaitresse ou le « gareur » en rut de l’atelier… A croire que le patois, contrairement à l’usage qu’en firent les bons bourgeois du début du siècle passé est une langue par essence subversive.

Rue Joséphine Bouchayer

Une histoire de famille, de pères et de fils, d’oncles et de neveux, de gendres et de beaux-frères, bref une affaire de Mare et de Gran, les Buddenbrook revus par la Sandrine.

Je me suis inspiré d’une étude de Robert Smith Patron, famille et entreprise : Bouchayer et Viallet, de Grenoble (1847-1971) Monde Alpin et Rhodanien 2-4/1996 et de ce que j’ai pu apprendre de quelques anciens B-V. Autant de raisons d’affirmer qu’une affaire conduite par des sandres ne peut que baillé du na.[spacer height= »10px »]Bouch5D’abord y’a le Joseph (1835-1898), la Joséphine et leurs huit enfants, quatre filles et quatre garçons. Le Joseph fils d’un cloutier du Plateau – Pierre Bouchayer- a quitté la maison de son pare tot joyeno – pour s’installer à Grenoble. Les affaires allaient mal et la perspective d’entrer comme apprenti chez un boulanger ne le tentait guère. Accueilli par de la famille, aidé par la diaspora matheysine il finit par entrer chez Hippolyte Bouvier (éclairage au gaz, chauffage…) où, aussi prin prenan qu’un matheysin peut l’être, il devint vite l’adjoint du patron, puis le patron. La Joséphine, fille d’un confiseur grenoblois, était la nièce de Bouvier. Une gestionnaire hors pair, c’est elle qui tient les comptes, deigaliborda pas chez les Bouchayer ! Si bien que son Jouset à la tête d’un capital de 40000 francs put en 1868 construire dans le quartier de la gare ses propres ateliers et une grande maison pour la famille. Modeste fabrique de quelques ouvriers spécialisée dans les usines de gaz, le chauffage et la ventilation, elle en employait déjà plus de 100 en 1870, sans compter l’usine de Lyon dirigé par Eugène, le frère de Joseph. Mais c’est l’arrivée au capital de Joseph Viallet, grand bourgeois cosmopolite et cultivé, diplômé de Centrale qui assura l’envol de l’entreprise qui s’installe sur des terrains nouvellement acquis entre la rue Ampère et le Drac. Un ensemble de bâtiments composé en particuliers de deux grandes halles de montage dont une seule a été conservée et auxquelles s’ajoutera en 1900 le célèbre Atelier A, la grande Halle Eiffel, le palais de la mécanique de l’Exposition Internationale de Paris de 1900.
Ensuite y’a l’Aimé et ses frères, en particulier l’Hyppolite qui épousera une demoiselle Reymond et sera à l’origine de PUK (Péchiney-Ugine-Kuhlmann) et l’Auguste qui a fait Centrale, les époux des sœurs Laure, Henriette, Thérèse, sans oublier l’oncle Eugène qui aurait bien aimé prendre la direction et toujours Joséphine qui règne sur la grande maison… Les Alpes vont se couvrir de barrages et d’usines hydro-électriques, l’avenir s’annonce radieux. Aimé est un financier avisé – ascendance matheysine oblige – qui dénote par sa hardiesse dans le petit monde des patrons grenoblois. En 1912 il transforme l’affaire, une société en nom collectif – Société Bouchayer-Viallet – en société anonyme par actions – Établissements Bouchayer et Viallet – au capital de 7 millions, 4 millions provenant des actionnaires (une quarantaine de personne) et 3 millions de la vente d’obligations. Aimé qui est maintenant membre d’une vingtaine de conseils d’administrations quitte la maison familiale et s’installe à Seyssinet dans une ancienne abbaye transformée à grands frais en maison bourgeoise, l’actuel Clos aux Combes. Les Bouchayer qui règnent sur Grenoble ne doutent de rien, à des concurrents, qui plus est allemands, Aimé lance son fameux « Allez dire aux deux frères Mannesmann que les trois frères Bouchayer les emmerdent ! » Succès garanti en ces années d’avant-guerre. Rodomontades de tarlarin, de venteiro, de Sandre toujours prêts à mesurer leur bricole ! Et pourtant tout n’est pas si rose, le lancement par Auguste d’une unité de fabrication de tube de fer par électrolyse s’avère un fiasco ruineux, et la déconfiture de la chocolaterie Dauphin ne l’est pas moins. Mais il y a la guerre, très bonne pour les affaires, l’usine reconvertie dans les obus tourne à plein régime et comptera jusqu’à 3000 ouvriers dont 800 femmes. On assiste dans le quartier à la naissance d’une synergie industrielle rare (Bouchayer fabrique les obus, Joya les canons, Jay les brancards, Brun les biscuits qui tiennent lieu de pain, Dauphin aurait pu fournir le chocolat…) Il n’avait pas tort le Gran « Ceux qu’on le pognon, ils reviendront, car c’est pour eux qu’on crève… » Je ne m’égarerais pas un brizi ? La paix revenue, Aimé qui ne reconnait plus son affaire – une vraie tour de Babel – réduit la voilure et revient aux conduites forcées, pylônes, vannes et autres grosses chaudronneries. La SDEM (Société dauphinoise d’études et de montage) maintenant alliée à Joya et à la Chaudronnerie des Pyrénées est plus que jamais le cœur de la firme. Le créneau est porteur, les conduites forcées s’accrochent aux falaises et courent dans les pâturages. Tout est en ordre : le Capital même écorné, la Famille, les terrains en réserve, les immeubles de-cé, de-lé, l’Usine sur laquelle règne en père bienveillant un patron de droit divin… [spacer height= »0px »]Des balivernes comme dirait l’Adelphine surtout quand la Joséphine n’est plus là et que personne ne l’a remplacée, surtout quand on va habiter loin de l’Usine, à Meylan, Corenc, Seyssinet ou plus loin encore. Keller et Krupp respiraient au moins la fumée de leurs cheminées, Peyron à Vizille vivait dans la puanteur de la pâte à papier, le Joseph quasimin dans ses ateliers… Il ne faut pas jouer avec les symboles, les insignes, il faut un minimum de cohérence dans le décorum et la pompe quand on se prend pour le Roi, n’est pas Louis XIV qui veut ! Il faut surtout des femmes qui tiennent la maison or les filles, Monsieur, chez ces gens-sont pourvoyeuses en gendres, actionnaires, associés et bien évidemment en fils ainés… Elles ne s’occupent plus des enfants, Mademoiselle s’en charge, il leur reste les rosiers, les bonnes œuvres, voire au besoin leurs amants, mais surtout pas les affaires et c’est bien là le malheur ! Imaginez un peu, l’une dans la résistance des métaux, une autre dans la gestion, une autre encore dans la finance… Marchaient sur le monde les sœurs Bouchayer !

Et puis y’a le Jean qui n’a pas la passion des affaires et encore moins de la chaudronnerie qui échoue à présenter Centrale mais aurait très certainement brillé à Normale Sup. Il est le fils ainé, il sera le patron et en attendant se morfond dans l’ombre écrasante de son père. Officier brillant pendant la guerre, sportif, figure de la bonne société grenobloise, candidat malheureux à la mairie en 1919 contre Paul Mistral, décoré de la légion d’honneur, il est l’époux d’une demoiselle Perrin, Marcelle, élevée en Angleterre qui partage ses goûts pour la littérature. Il préfère la plume d’oie à la règle à calcul, la page blanche à la planche à dessin. Il écrit. Il est même lauréat d’un prix décerné par l’Académie Delphinale, ce qui, j’en conviens volontiers ne signifie pas grand-chose… Il prend en 1928 aux côtés de son beau-frère Louis le Chatelier la direction de l’usine. On a connu des vocations contrariées beaucoup plus dramatiques… De ses années d’apprentissage il a surtout retenu les erreurs de son père et de son oncle Auguste et mesuré les pertes énormes subies. Il sera prudent, très prudent, d’autant plus prudent qu’il a d’autres soucis en tête : L’histoire locale, la littérature, les livres qu’il recherche pour la bibliothèque de sa maison de Corenc et de plus Marcelle n’est pas La Camille (Camille Perrin, la fondatrice avec ses fils de la ganterie du même nom.) Le fidèle Georges Ferrand, sorte de maire du palais, ingénieur de talent qui a toute la confiance de la clientèle, s’occupe de l’entreprise qui tourne rond, engraisse et vieillit sans voir le temps passer. Et puis il y a le Front Populaire, les grèves, quelques bagarres, les accords Matignon qu’on rechigne à appliquer en s’appuyant sur la CCI et l’APAF (association des producteurs des Alpes françaises) qu’Aimé a longtemps présidée, quelques gros bras, les 200 familles, des drapeaux rouge… Et des slogans Ma Chère ! Des horreurs ! Vous ne pouvez pas imaginer ! La guerre se passe, quelques promotions surprenantes en 44 comme autant d’arrangements. Les affaires ne reprennent pas vraiment, les anciens clients ont disparu, nationalisés – horreur absolue – fondus dans EDF. La trésorerie est exsangue, les machines obsolètes, les bâtiments d’un autre âge …
A la fin il y a le Robert qui prend la direction en 1956, sans la prendre vraiment puisque Jean, par ailleurs président de la Caisse d’Épargne de Grenoble et du prestigieux Comité de patronage des étudiants étrangers, reste Président du Conseil d’administration. Lucide, réaliste, technocrate cultivant une âme de chef modelée par un passage dans les Chantiers de Jeunesse, il ne manque pas d’idées mais héritier d’une des meilleures (plus riches) familles de Grenoble, fils ainé du fils ainé d’un fils ainé, il sait, sans vraiment le croire, que les vieilles dynasties totalement dépassées n’hésiteront pas, s’il échoue, à le sacrifier pour sauvegarder les apparences. Il modifie l’organisation du travail, recherche la productivité, licencie, forme de nouvelles équipes d’ingénieurs et lance un ambitieux programme d’investissement. Rien n’y fait, les marchés des conduites forcées et de la grosse chaudronnerie n’est plus ce qu’il a été et la concurrence est redoutable, EDF et Grenoble ne pensent plus qu’au nucléaire dont B-V est totalement absent. En 1964 il brise les derniers tabous et ouvre toute grande la porte du poulailler ancestral au renard en créant avec Schneider une société nouvelle pour fabriquer des vannes et des conduites forcées… A Chalon-sur-Saône ! B-V devient B-V-S. Les actionnaires s’étranglent d’indignation, le tout Grenoble s’insurge, le personnel, le peu qui reste, s’inquiète de plus en plus. Une unité de production de tank à lait réfrigéré fait un moment illusion puis s’effondre, un grand projet immobilier – « Portes de L’ouest » – s’enlise dans des procès avec la ville de Grenoble. Mis en minorité par les actionnaires conduits par le Jean, son pare, il cède la place à son cousin Jean le Chatelier, quitte les derniers Conseils d’Administration où il siégeait encore et s’éloigne de Grenoble. Bannis. Toutes les vieilles entreprises grenobloises en ces années soixante ont fermé ou sont absorbés par de grands groupes, Valisère disparait, Merlin–Gerin est repris par Schneider, Neypic par Alsthom… Mais seuls les Bouchayer laissent une friche symbole de leur décadence… Le secret, les apparences, n’avoir pas su sauver les apparences… Impardonnable.  Avec ce qui aurait pu être du Shakespeare, du Mann ou du Visconti faire du Druon et du Denys de la Patellières… Voilà bien l’esprit bourgeois grenoblois ! La Sandrine

Et vint le temps de la Friche qui dura bien un demi-siècle … 

Magasinades IV

Sign031sign032sign033sign034 GOD SAVE THE MAGAZINE ! Performance des Magasinopathes (Tenues de Petits Explorateurs, Rollei avec flash au magnésium, pancartes, chansons cochonnes)

2014

Art in Pop.

ARTINPOPM’sieur ! M’sieur ! Moi M’sieur ! Chœur des bons élèves levant le doigt. M’sieur Piolle, regarde comme il contribue de bon cœur Le Magasin à la nécessaire complémentarité des équipements culturels de quartier ! Une exposition toute exprès pour accueillir la petite nouvelle ! La Belle Électrique est arrivée, entièrement consacrée aux musiques nouvelles. Une salle à la gloire d’Agnès Poisson, Michel Chion, Jérôme Noetinger, Pierre Henry, je ne vais pas faire la fine bouche même si j’aurais préféré qu’on l’appelât la Belle Excentrique en souvenir de Satie. Mais dans un quartier d’affaire l’excentricité me direz-vous en me glissant également au passage qu’il n’est pas question de ces musiques là – trop élitistes, trop années 50-60 – mais de tout autre chose, de beaucoup plus actuel, voire d’avant, avant, avant garde… Une idée de Destot, c’est tout dire.
Bref Art in Pop c’est un peu l’affaire de la maquette qui recommence. L’expo est tout à fait remarquable, très documentée, très riche, instructive même. On déplorera toutefois qu’il ne soit pas fait mention de La Marion sos un pomi et de son influence sur la musique Country des années 70, pas plus d’ailleurs que de celle de la vicailli de Yoko Ono sur l’œuvre de John Lennon… Ceci étant on se demande ce que tout cela vient faire dans un centre d’art ?

Doom : Surface contrôle

Je suis sorti en fredonnant (massacrant) Satisfaction des Rolling Stones et en me promettant de ne rien écrire du tout. Un bon chrétien se doit d’être charitable… Maurice Boissard

Liam Gillick _ De 199C à 199D

GuillikEn remontant la Rue ce jour-là je m’abandonnais, je dois en convenir à mes penchants pervers : La contemplation solitaire, le plaisir esthétique, l’impression d’être de quelque chose, de quelque part… L’expo me plaisait, dense, contrastée, formes, volumes, couleurs, matériaux, bande son projetée dans la Rue, simplicité, dépouillement, allusions, renvois, connotations, liens, jeux, humour, dérision… Les tables dans la Rue, leur disposition, les objets posés dessus, McNamara Motel, McNamara papers : Toward a documentary, La fête au quotidien, Odradek Wall… J’oubliais l’essentiel, sa démarche avec la session 23, un comble ! J’oubliais le contexte, ces années 90 que j’avais traversées – pauvre banatru – sans m’apercevoir des mutations, des changements qu’elles portaient. j’appréciais De 199C à 199D sans avoir la moindre idée de ce que fut De 199A à 199B ! J’ignorais tout de ce processus collaboratif initié par Gillick aux côtés des étudiants du Center for Curatorial Studies du Bard College (New York) en 2012 dont je voyais le prolongement, fruit de neuf mois (toute une histoire !) de réflexion entre les stagiaires de la session 23, Liam Gillick et Yves Aupetitalot. Un projet déclinant à travers une exposition, un film et le site internet de la session 23, une esthétique relationnelle fondée sur les rapports entre le commissaire d’exposition, l’artiste, le lieu de l’exposition et le spectateur, et ouvrant une perspective nouvelle sur le futur de formes artistiques contemporaines. J’ignorais délibérément l’aspect « œuvre curatoriale, » en laquelle, revenu de mes erreurs, je ne vois d’ailleurs guère qu’une façon inconsciente d’aborder des sujets qui fâcheraient à coup sûr comme la mort ou la survie artificielle d’une certaine forme contemporaine d’art.
J’en étais là de mes pensées quand mon attention fut attirée par le manège d’un gars qui n’en finissait pas de tourner d’une pièce à l’autre. La sécurité. Il parait que des infâmes s’approchent des œuvres jusqu’à les toucher quand ils ne les mutilent pas en emmenant chez eux un tube de néon, un fauteuil années 60, une poignée de paillettes… Il ne faisait pas partie de l’expo, mais il aurait pu, vu les allusions à McNamara ou à Hoover, classiques de l’inévitable – et très années 60-90 – dénonciation de l’impérialisme américain, que ce gardien de l’ordre aurait pu incarner. J’y ai vu les limites de l’exercice proposé et peut-être même son aboutissement… Prenez : (THE WHAF IF ? SCENARIO) DINING TABLE. Vous attrapiez une raquette, vous vous empariez d’une des 23 balles judicieusement ajoutées et disposées par la Session 23, le type vous sautait dessus… Finie l’ironie, la dénonciation de « l’introduction d’activités de loisir sur le lieu de travail de l’industrie médiatique/culturelle au cours des années 1990.» on passait à la répression pure et dure, qui pourrait bien être, après tout, la fonction de cette forme d’art contemporain futur tant recherchée…
Nonobstant toutes ces ratiocinations De 199C à 199D est à voir et revoir. D’ailleurs j’y retourne dès qu’on me vire ma pauvre retraite. Maurice Boissard

  Notes, Tones, Stone _ Philippe Decrauzat

Raté : Des peintures donnant une désagréable impression de déjà vu, conçu à la va-vite et réalisé par délégation, des films en noir en blanc projetés en pleine lumière dont je me garderais bien de dire quoi que soit dans la mesure où je n’ai pas vu grand-chose, des caissons blancs de taille variable parsemant La Rue sans qu’on saisisse vraiment la logique qui présida à leur mise en place et à leur conception, si ce n’est pour trois d’entre eux la nécessité de servir de support aux projecteurs. Au mieux du sous-sous Grav, sentencieux, pesant et surtout sans aucun humour… Méforme ? Surmenage ? Contrat pas assez rémunérateur ? En tout cas la confirmation que La Rue peut-être un espace assassin quand on s’y aventure à la légère. Childeric Voir : Rencontre Le Parc / Decrauzat au Centre Pompidou

Ericka Beckman _ Works 1978 – 2013

Très daté tout ça, mais c’est ce qui en fait tout le charme, celui des Boundary Figures particulièrement. Des vidéos – des transferts de film 16mm ou super 8 parfois – avec en plus des « props » (accessoire de plateaux) des éléments du décor dont on ne peut s’empêcher de penser qu’ils auraient pu faire l’objet d’une mise en place plus élaborée, des dessins – les story boards de Cinderella entre autres – un ensemble particulièrement agréable à parcourir d’autant qu’on y rencontre tout aussi bien Mike Kelley – Broken rule et Blind Country – que Cendrillon notre Cul Cendron, Cinderella outre atlantique. Des films donc, mais aussi une approche de leur réalisation comme un rappel des étapes successives de la création, l’histoire, les décors, la couleur… Le côté artisanal de toute bonne création artistique. Deux films différents, plus récents mais dans des registres plutôt classiques : Switch center – une usine d’épuration désaffectée de la banlieue de Budapest, monument de l’ère soviétique dont la structure s’anime, Tension Building – un stade que le jeu de la caméra filmant les gradins transforme en toupie hurlante.
Quelques réflexions bien senties sur le travail de Piaget auquel Erick Beckman se réfère aurait sans doute pu permettre de relier les Galeries à la Rue, mais ce serait à mon avis aussi artificiel que laborieux. Maurice Boissard _ Voir: Ericka Beckman

Blair Thurman

Deux œuvres en tubes néons dans la halle en face du Magasin. Un vision très fragmentaire du travail de Thurman qui aurait mérité d’occuper une place plus importante. Vu le contexte personne ne s’en serait plaint. Voir : Blair Thurman

2013

Deimantas Narkevičius _ Da Capo[spacer height= »10px »] Est-il un des plus éminent représentant de l’art contemporain de Lituanie comme le proclame le dossier de presse, je n’en sais fichtre rien. J’ai beaucoup aimé la bande son dans la rue et suis revenu plusieurs fois pour voir les vidéos. Nostalgie sans doute de l’époque où je prenais mon biberon sous le portrait de Staline et de mes années ciné-club où je m’étais fait une spécialité du cinéma soviétique, dégoulinant de bons sentiments, travestissant la réalité, manquant totalement d’ imagination, de fantaisie et d’humour, critique et subversif sur ordre, mais techniquement remarquable avec des photographies digne des films de Dreyer. En inversant le propos tout en gardant le style, Deimantas Narkevičius obtient un résultat remarquable, accusant et dénonçant sans effets de manches mais très efficacement.

  Vytautas Viržbickas _ «Comment te raconter une histoire connue ? – Ne la raconte pas.»
Si cette histoire était celle de l’Union Soviétique ou du mouvement communiste, Da Capo serait la réponse attendue. Une installation complexe, susceptibles d’interprétations infinies, de décryptages laborieux. Je retiendrais le cheval, image ordinaire de la misère humaine : Le petit cheval triste et résigné de Paul Fort, le cheval perdu du Roma de Fellini et, on y revient, les pauvres chevaux des campagnes russes du cinéma soviétique.

 
The Unborn Museum _ Pietro Roccasalva. Boissard vint un mardi (le jour de Madame Juliette depuis des lustres) et nouveau jour de fermeture. Comme c’était la dernière semaine et qu’on ne peut pas, à nos ages, jouer à cache-cache tous les jours avec les contrôleurs de la SNCF, il ne revint pas.

 
Anselm Reyle _ Ultracore

Miracle au Magasin (Inco !) On en parle bientieu

2012

Akram Zaatari _ Aujourd’hui à 10 ans.
On s’en fout, on est venu voir la maquette… Il aurait mérité d’être présenté dans un contexte différent, même si l’idée initiale était bonne.

PLAN-RELIEF DE GRENOBLE / Non tentative de conceptualisation d’un objet (encombrant) de l’art militaire du temps du Grenoble des casernes.
Le Magasin innove quasiment ! La confrontation (pacifique) Art Contemporain / Patrimoine n’est pas à proprement parler une nouveauté, les Résidences en Trièves de Marie Denis, Yan Pei-Ming, Jean-Louis Schoellkopf, et Art contemporain et patrimoines en Gresivaudan (Laetitia Benat, Guillaume Janot, Christophe Gonnet, Christophe Morin, Bruno Tanant) étaient des opérations, des campagnes (terme de circonstance) particulièrement réussies… Avec la fameuse – grande, très grande – maquette c’est autre chose. Il s’agissait surtout de trouver un lieu assez vaste pour l’accueillir, comme on avait rasé les écuries de la caserne de Bonne où elle aurait été en famille, restait pour l’installer au mieux le Magasin et sa Rue… Et là question Installations tout était possible… On aurait pu inonder La Rue et la faire flotter genre Radeau de la Méduse  – Grenoble n’est-elle pas une ile ? – Avec le temps le carton se serait imbibé et petit à petit elle se serait enfoncée dans les eaux – Mickael’s sinking – on aurait tout aussi bien pu dissimuler dans les maisons des bouts de gruyère et lâcher une cohorte de rats – Capitalistic Cannibalism – organiser des Performances – Honey pots in the moats, The Passion according to Saint Jérôme – Mais rien, rien de rien. Mêler la pratique artistique à la chose patriotique… Un peu de respect baudié ! Per ma figua c’est du Patrimoine, du vrai, estampillé Musées (dauphinois et autres) avec Conservateurs en chef, profs, enfants des écoles, familles et galonnés de tous poils, de la pédagogie pure et dure, des maquettes pour combat de rue sans peine, pillage éclair, incendie allumé dans les règles de l’art, j’en passe et des plus horribles…
On a boycotté. Dominique Papety et Guillaume de Clermont au siège d’Acre, Non merci. On espère au moins que les trente deniers ont bien été versés sur le compte ! Maurice Boissard

Isabelle Cornaro.

On n’a pas vu. La guigne s’acharnait… On le regrette d’autant plus qu’on nous en avait dit le plus grand bien à Art 3 et que notre longue pratique des boissons anisées, nous conduit tout naturellement à suivre sans barguigner les avis de la Fondation Ricard… Une approche des notions de perspective, de point de vue et de positionnement pour une appropriation de La Rue convaincante (Enfin c’est ce que l’on a vu sur les photographies prises par l’agence Louis Mandrin, Jean le Broé, Quatorze et associés.
Voir : Isabelle Cornaro. Galerie Balice Hertling

Lili Reynaud-Deware « Ceci est ma maison / This is My Place « 
Miracle au Magasin ! [spacer height= »10px »]Lily-Renaud-Deware1On finissait par croire que le Magasin n’avait plus rien à dire, ce devait être exact, puisqu’il suffit qu’il se taise, pour qu’on l’entende de nouveau… Avec Lily Renaud Deware, bavarde comme pas deux, il n’avait d’ailleurs guère le choix. Elle crée et commente ce qui nous épargne, et on ne saurait trop l’en remercier, les discours des curateurs, commissaires et autres médiateurs de moindre niveau. Un centre d’Art, faut-il le rappeler, est avant tout un atelier d’Artistes, dans le cas du Magasin, un atelier immense, surdimensionné, redoutable, voire assassin. Les murs des galeries et la Rue plus encore magnifient le talent et soulignent impitoyablement la médiocrité. Avec elle et sa Baker House, La Rue semblait prête à décoller. Du jamais vu à ce jour. Pour le reste de l’expo on peut lui laisser la parole :
«L’exposition Ceci est ma maison / This Is My Place, prend pour point de départ un texte que j’ai publié récemment dans ma propre revue : Petunia. J’y défends l’idée indéfendable selon laquelle pour une artiste femme, la propriété immobilière, et les impératifs économiques et de maintenance qui l’accompagnent, sont une entrave au développement de sa pratique. Je soutiens que les lieux d’exposition dans lesquels nous sommes amenées à montrer notre travail pendant des «durées limitées», tiennent lieu et place de « maison » : on peut les meubler, les habiter même, pour quelque temps, puis s’en défaire sans laisser de traces autres qu’une documentation photographique ad hoc. Partant de cette hypothèse, je décide d’habiter symboliquement le MAGASIN. J’ai pensé l’exposition comme une suite de pièces figurant des espaces à la fois mentaux et domestiques. Un parcours diachronique, chargé et contradictoire, au cours duquel se confrontent biographique et l’anti-biographique, l’histoire intime et collective, où se côtoient figures tutélaires et mythiques, membres de ma propre famille et amis. Elle regroupe de nombreuses sculptures et vidéos réalisées ces dernières années, dont la durée cumulée implique éventuellement que la visite de l’exposition s’étire au-delà du raisonnable. Cette succession de salles s’articule autour d’un couloir dans lequel est regroupée une documentation du travail (affiches d’exposition, vidéos de performances) qui tient lieu de mémoire et joue avec les codes de la médiation institutionnelle. Elle s’ouvre, ou se clôt, c’est selon, sur une nouvelle œuvre : une réflexion sur une maison qui ne fut jamais réalisée, ni donc, habitée : La Baker House, un projet de l’architecte viennois Adolphe Loos pour la danseuse américaine Joséphine Baker. Peint sur les murs du MAGASIN, le motif des bandes noires et blanches qui devait orner la façade de la Baker House est le décor d’une performance dont seules seront rendues publiques des photographies et dans laquelle pour la première fois je mets en scène mon propre corps, dansant dans l’espace vide de La Rue les célèbres chorégraphies de Joséphine Baker ». On est venu, revenu, revenu encore. On n’aurait pu s’assoir un peu, voire passer la nuit sur place, tant on se sentait bien, this was our place atou… Mais ce n’était pas prévu. Lily Renaud Deware & Childeric

2011

The Adding Machine _ Mai Thu Perret

Reboullié : David Kordansky Gallery

Lo Capotin I – Z

Les chatelan de preicia et d’anqueu, l’annuaire des dauphinoises connues et inconnues, incluant quoque dadolin célèbres

A-HJ L M N O P R S T U V

 

JJacquemette (La Grande) – Reine des fées de la cuvette grenobloise. Facétieuse, féministe quoique assez vieux jeu, comme on peut le voir dans La Chourêla, la Jarboleta, lo chaudeiro & lo fignolou

Jouvin (Xavier) – (1801- 1844) Gantier grenoblois. Inventeur du calibre qui s’appuyait sur un classement de la forme des mains en 322 types et 32 tailles puis de la main de fer, système d’emporte-pièce graduellement étalonné par pointure permettant de découper six gants à la fois. Ses ateliers étaient installés dans les anciens locaux du prieuré Saint Laurent qu’il contribua, lasset, à ravager. Sa maison qui les jouxtait, ferait un excellent siège pour Courir Car et Canton

Joya (les) – Industriels grenoblois installés dans la quartier Berriat, spécialisés dans conduites forcées et la grosse métallurgie.

LLadoucette (Charles-François, baron de) – Nom d’un Boulevard de Gap. Ladoucette était un baron d’empire autrement dit pas grand-chose question noblesse… Il fut préfet des Hautes-Alpes et fonda à Gap la Société d’émulation des Hautes Alpes devenue la Société d’étude des Hautes Alpes et le musée de Gap, autant dire qu’il participa largemetn de la Dauphinoiserie jacobine.

La Tour du Pin Gouvernet (René de) – Calamité

Leclerc (Blandine)- Graveur, plasticienne.

Leroy-Ladurie (Emmanuel) – Dauphinois d’honneur pour avoir écrit son Carnaval de Romans, une pure merveille à lire et à relire.

Lesdiguières (François de Bonne, duc de) – Pour la Sandrine un pas grand-chose, pour la chourêla un compagnon de route, pour Childéric une écrevisse, un château et des histoires. Affaire à suivre

Loubet (Émile) – Mécanicien de la Royale. Disparu en mer à bord du Pluvier au large de Trieste en 1919. Petit dernier de l’Adelphine

Loubet (Émile) – Authentique Résistant Vizillois, personnage haut en couleurs. Petit fils de l’Adelphine.

Loubet (Émile) – Président de la République (1899-1906) né à Marsanne (1838) mort à Montélimar (1929) Personnage aussi insignifiant que les autres présidents et qui n’aurait pas sa place ici sans une mémorable chasse aux lapins dans sa propriété de la Bégude-de-Mazenc dont le Voconce nous a longtemps rebattu les oreilles.

Louis II – Dauphin, Le futur Louis XI. Le seul Dauphin de France qui se soit quelque peu occupé du Dauphiné. Fervent adorateur de la Vierge d’Embrun et grand démolisseur des tours et des murailles des châteaux qui semblaient pouvoir faire de l’ombre à sa future toute puissance. On peut penser qu’il trouva dans la chasse à l’Ours un dérivatif aux pensées quelque peu assassines qu’il nourrissait envers son père

M

Magnien (Edmond)- Successeur de Gariel à la bibliothèque de Grenoble

Mallerin (Charles) – Rosiériste. Vivait et travaillait à Varces. Il donna à l’une de ses roses le prénom de son épouse, Blanche, délicate attention ou manigance de Sandre ? L’aurait peut-être préféré qu’il fasse la vaisselle. La Sandrine

Mamert (saint) – Évêque de Vienne 452. Institua les Rogations

Mandrin (Louis) – Une légende, une complainte que tout Dauphinois devrait connaître, pas besoin d’autres choses, et surtout pas de gloses récupératrices. Louis Mandrin, dauphinois par excellence, exégète avertie de la Bible selon Childeric.

Maniquet (Hector de) – Ami et correspondant de Laurent de Briançon, il est le destinataire de la célèbre Vieutenanci du courtisan. Il fut une sorte d’agent secret.

Marc (le mage) – Gnostique valentinien, prêcha à Vienne.

Mariton (Hervé) – Maire de Crest, député, ministre…

Mélusine – Fée de Sassenage, figure complexe.

Millet (Jean)Poète patoisant grenoblois

Mounier (Emmanuel) – Philosophe (1905-1950) donna son nom à un lycée de Grenoble devant lequel Boissard menait pisser sa china en souvenir de l’unique année qu’il y passa.

Mounier (Jean Joseph) (1758-1806) – Baiana

Moutier Louis (abbé) – Lexicographe

N

Nicolas (Marie) – Diseuse de fatorgues.

Nicolet – Lafanechère – Banque dont la disparition marqua symboliquement la fin du capitalisme grenoblois. « L’exploiteur local » avait au moins une qualité, on savait où le trouver quand le besoin de lui faire savoir qu’il passait les bornes se faisait sentir…

Nobilius

OOncle (L’) – Entre la légende et l’histoire, C-C-C choisit sans hésiter la légende, c’est encore plus vrai pour l’Oncle, personnage récurrent des chroniques de la Sandrine. Une étude généalogique toute simple donnerait son nom, celui de son père et de sa mère, ses dates et lieux de naissance et de mort… Mais à quoi bon puisque l’on sait qu’il allait régulièrement chez l’Albert (Albert Ravanat libraire à Grenoble)qu’il était le frère de la mère de la Gran donc l’Oncle de la Gran, qu’il était une sorte de colporteur, qu’il avait été reçu à la table de l’Archipot ce qui en fait un membre par excellence du Capotin

P

Pacatianus (Caius, Julius) Chevalier viennois, préfet de la Mésopotamie au III° siècle après J-C

Pascal (Abbé François) – Félibre, auteur traduction de l’Iliade d’Homère en patois des Hautes-Alpes : L’Iliado d’Oumèro… revira en parlar des Autos-Alpos

Perret (Auguste) – Technicien du béton armé et architecte (1874-1954). Édifia à Grenoble la célèbre tour connu de tous les pigeons de la ville, construisit également le théâtre des Champs Élysées, les églises Notre Dame du Raincy et Saint Joseph du Havre.

Perret (Joseph) – 1720-1786. Faïencier de la Tronche

Périllié (Brigitte) – Féministe bruyante. Conseillère Générale, maire de Vif avec idées le temps d’un mandat pendant lequel elle innova, imagina… Enfin bref fit toutes ces choses que l’on attend généralement pas d’un (d’une) maire. Invitée à toutes les réceptions de La Sandrine où elle essaie en vain de placer son discours sur l’égalité des sexes, tâche ardue voire impossible dans une assemblée adepte de l’absolue supériorité féminine.

Perrin (les) – Famille d’industriels grenoblois (les gants Perrin, la lingerie Valisère.) N’ont même pas laissé une friche, juste un parc, ont préféré crée une société immobilière qui construisit en place de l’ancienne ganterie des immeubles sans grande originalité… Mais on a vu bien pire depuis à Grenoble en matière d’architecture !

Pic (les) – Famille de restaurateurs valentinois

Pilate (Pons) – Procureur de Judée, se pendit à Vienne.

Pilot de Thorey (Jean, Joseph, Antoine) 1805-1883. Archiviste de l’Isère

Point (Fernand) – Restaurateur à Vienne, fondateur de la célèbre « Pyramide »

Poisson (Agnés) – Compositeur

Pons (Téofilo G) Ethnologue des vallées vaudoises du Piémont

Ponson du Terrail, Pierre Alexis, vicomte de. Née à Montmaur le 08-07-1829, mort à Orléans le 10-01-1871. Lointain descendant de la famille de Bayard. Auteur (entre autre) de Rocambole.

Potié – Famille de faïenciers grenoblois. Claude (1703-1752) dirigea la fabrique de La Tronche-d’en-Haut. Il eut trois fils, François (1744-1815) prit sa succession, Antoine (1739-1805) créa son propre atelier à la Tronche-d’en-bas et Jean Pierre dont un des fils, Antoine prendra la succession de son oncle François, s’établit comme fondeur rue Brocherie. Annie Bosso : Faïences et faïenciers de la Tronche

RRahoult (Diodore) – Graveur, illustrateur de Grenoblo malherou

Ravanat (Albert) – Lexicographe – Libraire

Ravanat (Théodore) – 1818 (Grenoble) > 1883 (Proveysieux) – Peintre paysagiste dauphinois, animateur de l’école de Proveysieux. A peint une célèbre foire de Beaucroissant qui témoigne de l’existence d’arbres dans le paysage. Il est vrai que les tracteurs exposés de nos jours s’accommodent très mal des haies.

Richard (Pierre, Napoléon) – (1813 -1890) Colporteur né à Villard-Eymond (Villard-Notre-Dame) mort à Tence (Hte Loire) où il s’était marié et établi marchand de drap. Il revint vers la fin de sa vie, vers 1886, au pays natal, le temps de construire de ses propres mains dans l’église une chaire, réplique de celle qu’il avait construite en 1882 dans la chapelle des Pénitents de Tence. Pas vraiment du grand art : Le socle est un vase style Médicis surmonté d’un calice de lys, le corps proprement dit a la forme d’une corolle de fleur de lys entouré d’une guirlande de bois, le dosseret est orné de sculpture collées ou fixés par de fines pointes, l’abat voix, la rambarde de l’escalier sont décorés de fleurs et de feuilles… Un bricolage fervent

Richier (Paulin). Industriel ardennais fabriquant de matériel de travaux publics. Il possédait en France une douzaine d’unités de production dont une à Grenoble d’où sortirent successivement les tracteurs Noralp, les pelles Nordest, des niveleuses des grues et des bétonnières. La vente de ses usines à Ford en 1970 fut à Charleville-Mézières comme à Grenoble un véritable traumatisme. Il possédait à Varces le domaine de Pélissière au pied de Saint-Giraud, le château de Laurent de Briançon auquel ses descendants interdisent farouchement l’accès. Pour y accéder passer plutôt du côté de Saint Paul, le sentier est raide, mais il n’est pas encore barré, ni barrières, ni pancartes rappelant (et encore si c’était en patois…) le caractère sacré de la propriété, ni gardes, ni chiens…

Rivière-Sestier (Madeleine) – Lyon, 1894 – Grenoble, 1977. Personnage incontournable de la vie grenobloise, au cœur de la Dauphinoiserie, ses sociétés savantes et son Académie. Pharmacien – sa pharmacie à l’angle de la Place Notre Dame et de la rue Brocherie avait un charme tout particulier – elle était l’auteur d’une thèse remarquable, plusieurs fois rééditée, sur les remèdes populaires en Dauphiné. Elle est l’auteur sous son nom ou le pseudo de Jean Puech d’une bonne dizaine d’ouvrages, récits, contes, sur les alpes et le Dauphiné et anima pendant des années au micro d’Alpes-Grenoble « Connaissance du Dauphiné »
BookRemèdes populaires en Dauphiné Grenoble, Presse universitaire de Grenoble, 1984, 173 pp. Collection « L’empreinte du temps ».

SSandrine (La) Conscience de courircaretcanton

Saint-Vallier – Figure dans les mémoires de saint Simon (ce qui n’est pas donné à tout le monde) « Le gros Saint-Vallier qui avait été longtemps capitaine de la porte, et qui, après avoir vendu au frère du P. de la Chaise s’était retiré en son pays du Dauphiné, mourut à Grenoble. Sa femme, belle, spirituelle et galante, y régnait sur les cœurs et sur les esprits. Elle avait été fort du monde, et en était devenue le centre de cette province, d’où on ne la revit presque plus à Paris, où elle avait conservée des amis, et à la cour. « 

Santis (Gabrielle) – Conteuse dauphinoise, chantre de l’Oisans. On garde d’elle l’image d’une vieille dame un peu perdue, errant dans la grande salle de l’ancienne bibliothèque jouxtant l’ancien musée de peinture de Grenoble, à la recherche d’un bout de table pour placer ses livres et d’une chaise lors d’un salon du régionalisme alpin. En vain.
BookL’art du Briançonnais. 2 Sculpture et art populaire. 1972 Gap. Imprimerie Louis-Jean <> Contes et Légendes de l’Oisans. 1983 Didier et Richard <> La légende dorée du Dauphiné. 1984. Didier et Richard

Sappey (La Jeanne)

Seigner (Louis) –  1903 (Saint-Chef) – 1991. Donnait envie de jouer Molière.

T

Terray (les) – Famille de gantiers grenoblois. Alphonse possédait une immense propriété dans le quartier Berriat dont il reste la cité Terray, un des endroits les plus pittoresques de Grenoble avant sa modernisation. Il fit construire à Sassenage le château de Beaurevoir, folie néo-gothique, et contribua à la diffusion de l’Art Nouveau. Lionel Terray quant à lui était alpiniste.

Tiersot (Julien) – 1857/1936 – Musicologue ethnologue et accessoirement bibliothécaire du Conservatoire de Paris

BookChansons populaires recueillies dans les Alpes françaises (Savoie et Dauphiné), Grenoble, 1903, Réimpression Laffitte Reprints 1979.

UUltra Violet – Isabelle Colin Dufresne (1935-2014) Le rayon divergent de la Factory ou pourquoi les parents avisés des bonnes familles grenobloises (Les Collin Dufresne furent entre autres choses les propriétaires des célèbres brasseries de la Frise) devraient se méfier des institutions religieuses…

V

Valbonnais (Moret de Bourchenu, Jean Pierre, marquis de Valbonnais) – Un vrai grenoblois (Grenoble 1651,1730.) Noble de robe type, Conseiller au Parlement, Président de la chambre des comptes du Dauphiné et historien à ses heures. Les titres de ses ouvrages sont un enchantement ainsi celui-ci, que je n’ai pas lu, ni même vu, paru en 1722.
« Histoire du Dauphiné et des Princes qui ont porté le nom de Dauphins, particulièrement de ceux de la troisième race, descendus des barons de la Tour-du-Pin, sous le dernier desquels a été fait le transport de leurs états à la couronne de France. On y trouve une suite de titres disposez selon l’ordre des temps, pour servir de preuves aux événements, et dont on peut tirer divers éclaircissements sur l’histoire de France, des Papes en Avignon, des états et provinces voisines, avec plusieurs observations sur les mœurs et coutumes anciennes et sur les familles. »

Vallini (André) – Tour à tour Président du Conseil Général de l’Isère, maire de Tullins, député, sénateur, quasimin Garde des sceaux et finalement Secrétaire d’État au Millefeuille territorial… Initiateur d’un festival du film judiciaire qui aurait pu enfin faire de Cayate l’égal de Visconti … Grand « Réalisateur », Bâtisseur Infatigable, coupant du ruban tricolore à tour de bras… Ennemi juré du Triton palmé, une bestiole qui s’obstine à vivre près des futurs échangeurs, collèges, projet de Center Park, bien protégée par des cohortes de braillards irresponsables, ennemis du progrès et destructeurs d’emplois futurs.

Viallet (Felix) – 1839 – 1910 – Maire de Grenoble de 1908 à 1910 le Viallet de Bouchayer-Viallet

Vicat (Les) – Cimentiers

Videl (Louis) – Secrétaire et laudateur de Lesdiguières

Voconce (Le)Chroniqueur de Courir Car et Canton

 

A prin prenan, may malina

Onte Courrata ? Index > Meina & Mottet > Chalenda > Salut aux couleurs > Magnauds des villes et des champs > Becaines & gingeliques > Lo ten du revelliou > Lo Sandre mesongié > Sorti de chié si > Itié ! > Encura & capelan > Goutéron de comare

Deux chansons à entonner après manger, juste avant boire, pour se mettre en train en souriant bien volontiers de nos travers, en soulignant malicieusement quelques uns de ces traits de caractère qui font de nous des êtres à part appelés à conduire le monde et surtout les Sandre. Les femmes de Grenoble est tirée de la Bourgeoisie de Grenoble de Jean Millet, le bonhomme est d’une misogynie rare, mais qui d’autres qu’une femme pourrait sans se couvrir de ridicule chanter une chanson pareil ?  Les trois bons drôles est savoyarde, sa présence dans le Carnet pourrait surprendre si ce n’était un pur bijou mettant en valeur notre aptitude à réagir promptement et adroitement …

Les femmes de Grenoble – Les trois bons drôles

Les femmes de Grenoble[spacer height= »10px »]Le fene de Grenoblo [spacer height= »0px »]Son de mau contenta.[spacer height= »0px »]Faut avey bonna boursa [spacer height= »0px »]Ela fare tinta.[spacer height= »0px »]Si comme mouche jaune [spacer height= »0px »]On le von arresta.[spacer height= »0px »]Faut din lou jardinageo [spacer height= »0px »]Souven le banquetta.[spacer height= »10px »]Quand i sont à de nopce [spacer height= »0px »]Lour faut tout chapota.[spacer height= »0px »]Jour e not en carrochi [spacer height= »0px »]E le faut charronta.[spacer height= »0px »]I grondont à la couchi [spacer height= »0px »]Si ne sont bien monta.[spacer height= »0px »]Viront lo cu uz homme [spacer height= »0px »]Ne font que repita.[spacer height= »10px »]Les femmes de Grenoble / sont difficiles à contenter / Il faut avoir bonne bourse / et la faire sonner, / Si comme des mouches jaunes  / on les veut arrêter. Il faut dans le jardinage /souvent les faire banqueter.[spacer height= »0px »]Quand elles sont à des noces, / il leur faut tout couper./ Jour et nuit en carrosse / il faut les charrier. / Elles grondent au lit / s’ils ne sont bien pourvus. / Elles tournent le dos aux hommes, / ne font que regimber[spacer height= »10px »]Jusqu’à tant que per terra [spacer height= »0px »]I long ayant jetta.[spacer height= »0px »]Quand lour chambe sont lasse [spacer height= »0px »]Lou pied lour faut gratta,[spacer height= »0px »]Quand la son lez attaque [spacer height= »0px »]Faut vito chuchuta.[spacer height= »0px »]Quant lo jour le réveille [spacer height= »0px »]D’œu frais lou faut porta.[spacer height= »10px »]A la moda nouvella [spacer height= »0px »]Le faut attifetta.[spacer height= »0px »]Per disna faut attendre [spacer height= »0px »]Qu’ell’ ayont bigotta.[spacer height= »0px »]Et qu’après lour servente [spacer height= »0px »]Les ayont tempesta.[spacer height= »0px »]A le carte, à le danze [spacer height= »0px »]Lour faut tout supporta.[spacer height= »0px »]Bien heurou sont louz homo [spacer height= »0px »]Qui le layssont eyta.[spacer height= »10px »]Jusqu’à ce que par terre / elles les aient jetés. / Quand leurs jambes sont lasses, / il faut leur gratter le pied. / Quand le sommeilles prend, / il faut vite parler bas. / Quand le jour les réveille, / il faut leur porter des œufs frais. / A la mode nouvelle / il faut les attifer. / Pour dîner il faut attendre — / qu’elles aient dit leurs patenôtres, / Et qu’après leurs servantes / elles aient tempêté. / Aux cartes, aux danses, / il leur faut tout supporter. / Bien heureux sont les hommes / qui les laissent tranquilles! Artor1Les trois bons drôles[spacer height= »10px »]Nous étions trois garçons bons drôles, [spacer height= »0px »]Mais tous les trois du même accord, [spacer height= »0px »]Voyageant dans tout le pays, Cherchant fortune. [spacer height= »0px »]En leur chemin ont rencontré [spacer height= »0px »]Trois jolies brunes.[spacer height= »10px »]Il les ont pris par leurs mains blanches, [spacer height= »0px »]Au cabaret les ont menées. [spacer height= »0px »]Au cabaret les ont menées, [spacer height= »0px »]Ces jolies filles. [spacer height= »0px »]« Buvons, chantons, divertissons-nous, [spacer height= »0px »]Soyons tranquilles. »[spacer height= »10px »]Mais quand il vient la matinée, [spacer height= »0px »]Ces beaux garçons s’en sont allés. [spacer height= »0px »]Ces beaux garçons s’en sont allés, [spacer height= »0px »]Avec adresse [spacer height= »0px »]En laissant le compte à payer [spacer height= »0px »]A leurs maîtresses.[spacer height= »10px »]Madam’l’hôtesse s’y prend garde : [spacer height= »0px »]En voyant ces amants partir, [spacer height= »0px »]Bien vite elle est montée là-haut [spacer height= »0px »]Dire à ces filles : [spacer height= »0px »]« Tous vos amants en sont partis, [spacer height= »0px »]Soyez tranquilles. »[spacer height= »10px »]Ell’ se regardent l’une l’autre, [spacer height= »0px »]Toutes trois n’ayant point d’argent. [spacer height= »0px »]La plus jeune, tout en riant, [spacer height= »0px »]La plus volage, [spacer height= »0px »]Tir’ l’anneau qu’elle avait au doigt, [spacer height= »0px »]Le met pour gage.[spacer height= »10px »] Ell’s’en va d’un pas dégagé [spacer height= »0px »]A la maison d’son bienaimé, [spacer height= »0px »]« Bonjour papa, bonjour maman, [spacer height= »0px »]Ma très chèr’ mère; [spacer height= »0px »]Votre fils est tombé dans l’eau De la rivière.[spacer height= »10px »]Il vous prie de bonne grâce [spacer height= »0px »]De lui envoyer son manteau. [spacer height= »0px »]Il est là bas au bord de l’eau, [spacer height= »0px »]Tremblant sans cesse ; [spacer height= »0px »]Nous le couvrirons comme il faut, [spacer height= »0px »]Avec adresse.[spacer height= »10px »]Ell’ revient d’un pas dégagé, [spacer height= »0px »]Prend le manteau d’ son bienaimé. [spacer height= »0px »]« Rendez-moi vit’ mon anneau d’or, [spacer height= »0px »]Madam’l’hôtesse : [spacer height= »0px »]Voici un gag’ qui est plus fort. [spacer height= »0px »]Buvons sans cesse ![spacer height= »10px »]Qu’on apporte ici sur la table [spacer height= »0px »]Trente bouteilles de bon vin. [spacer height= »0px »]A la santé de ces libertins, [spacer height= »0px »]Qui nous méprisent ! [spacer height= »0px »]Buvons, chantons, divertissons-nous, [spacer height= »0px »]Soyons tranquilles. »