Encuras et Capelans
Simone
Je voudrais me confesser,
Monsieur le Curé
– Quel est ton plus gros péché ?
– c’est d’un peu trop vous
Aimer, Monsieur le Curé
Il faudra nous séparer…
Oh ! Oh ! Alors j’en mourrai
Monsieur le curé
Eh bien ! je t’enterrerai
Est-ce que vous me pleurerez ?
Monsieur le curé
Non puisqu’il faudra chanter,
Simone, ma Simone
Requiescat in pace
Ma petite mignonne
Très Saint Sacrement
Très Saint Sacrement, vous avez l’odeur bonne
Très Saint Sacrement, vous êtes charmant
Je vous le dis sans compliment
Et par derrière et par devant.
Très Saint sacrement, vous avez l’odeur bonne
Très saint Sacrement, vous êtes charmant
Très sacrement tout le monde pue l’ail et la charogne
N’y a qu’vous, mon doux Jésus qu’ayez l’odeur bonne.
Très Saint Sacrement, vous avez l’odeur bonne
Très Saint sacrement, vous êtes charmant
Très Saint Sacrement faites, je vous le demande
Que mon petit Jésus ait un p’tit amant.
Si c’est un péché, j’me confesserai,
J’le dirai tout bas à m’sieur le curé
Très Saint Sacrement, vous avez l’odeur bonne
Très Saint sacrement, vous êtes charmant
Jan, Jan, Jan
Jan, Jan, jan pren sa serpa
E s’en vai coupa lou blad
Jan Jan dit a sa fena :
-Me pourtarè moun dinar
Quand l’on vèn sus lei oujo oure
Lou dinar n’arriba pas
Jan, Jan Jan, pren sa serpeta
E s’en vai le recueia
Jan Jan Jan trapa sa fena
Entre lei bras dou cura
Que fais – tu mauvaise femme
Entre les bras du cura ?
Jan Jan Jan me counfessavou
Sabon que saron batus
Mais quante l’on se coufesso
L’on s’i pren pas coum’aco
Le Curé de chez nous
Le curé de chez nous
Qui s’en va aux noisettes.
Il emmène avec lui,
C’est pour se divertir,
La plus belle des filles
Qu’il a su choisir
Arrivés vers le bois
Il l’a prend et l’embrasse,
Lui dit d’un air si doux :
» la belle, asseyons-nous,
Et laissons les noisettes
Pour un autre jour. »
Ils n’en fur’ pas assis
Vint à passer un homme,
Il lui cria si fort :
» Bon curé, tu as tort ! »
Il posa sa soutane
Pour courir plus fort
Le bon curé s’en va,
Tout droit au presbytère,
Attrape son valet
Avec sa cuisinière.
Il lui dit : » Mon valet
Mon coquin de valet,
J’ai perdu ma soutane
Pour le même effet. »
Le bon curé s’en va
Trouver son grand vicaire.
» Vicaire, dors-tu ?
Sais-tu c’que j’ai perdu ?
J’ai perdu ma soutane
Avec cent mille écus. »
Mais le dimanche après
Le vicair’monte en chaire.
Il s’écria : » Rendez
La soutane du curé,
Vos péchés d’habitude
Vous seront pardonnés. »
Arriva une fill’
Qui vint fair’révérence
» C’est moi qui ai trouvé
La soutan’ du curé
J’vous jure sur ma foi
Qu’i le l’a fait gagner !
Le Moine et les trois Filles
De laï ven un mouiné
Habillas de blanc.
Allou lette,
Tour la riguette,
De laï ven un mouiné
Habillas de blanc.
Troeve tres fillettas
Cueillissant d’aglands
De là-bas vient un moine
Habillé de blanc.
Trouve trois fillettes
Qui cueillaient des glands
« Quant’es de vos aôstres
Qué vaô m’embrassas ?
Nen’ dit la plus viêlla
Certa n’es pas io
Nen, dit la cadètta,
Certa ni mas io. »
«Qui est de vous autres
Qui veut m’embrasser ?
Non, dit la plus vieille,
Certes ce n’est pas moi.
Non, dit la cadette,
Certes ni moi non plus.»
Respond la plus zeuna :
» Si fariou bien io.donnas
Maï què tu me donnas
Cent escus què n’as.
Maï què tu me donnas
Ton bel tchival qui n’as. «
Répond la plus jeune :
« Moi je le ferai bien.
Pourvu que tu me donnes
Cent écus que tu as.
Pourvu que tu me donnes
Ton beau cheval que tu as.»
Lou mouiné plus sïmple
S’en vaï lou brida.
La mionne plus fine
Si li vaï lou mon’ta
Lou tchival a coûrsa,
Loù mouin’a trottas.
Le moine plus simple
S’en va le brider.
La fille plus fine
S’en va le monter.
Le cheval à la course,
Le moine à trotter
« Attendy moi, belle,
Arrestez-vous donc !
-Que louis t’attendès !
Et io t’attendrai.
«Attendez-moi, belle
Arrêtez-vous donc !
Que lui t’attende,
Et moi je t’attendrai.
Au chasteau de mon père,
Très pendus les y a.
Mouinè, pauvre mouiné,
Feras quatre si ès va.
Au château de mon père
Il y a trois pendus.
Moine, pauvre moine,
Tu feras quatre si tu y vas.
Adieu, pauvre mouiné,
Faïs comme è voudras.
Adieu, pauvre mouiné,
Sias ben couillonnas. »
Adieu, pauvre moine,
Fais comme tu voudras.
Adieu pauvre moine,
Tu t’es bien fait avoir Moine
Le moine qui confesse les fillettes
A Paris y a un moine blanc
Badadi, badada
Barabi, baraba
Qui confesse les béates
Tout en les confessant
Parlait du mariage.
La belle lui a répondu
– Parlez-en à mon père.
Le moine blanc se prit, s’en va,
S’en va trouver le père
Lui a dit : – Bonjour marchand,
Me donnerais-tu ta fille ?
Le marchand lui a répondu :
– Ma fille est trop jeunette.
Le moine blanc se prit, s’en va
S’en va dire sa messe.
Tout le temps de la messe
Parlait de sa maîtresse.
Le clerc lui a répondu :
Ce n’est point-là ta messe.
Que dis-tu, enfant de vaurien,
Ne suis-je pas mon maître ?
– Si je suis enfant de vaurien
N’êtes-vous pas mon père ?
Le Moine Simon
Jeun’ joli moine
Qui s’appelait Simon;
Jeun’ joli’ dame
Voulait savoir son nom.
Elle lui dit :
« Moine mon ami,
Venez ce soir à huit heures,
Mon mari n’y sera pas. »
Ah! Ah! Ah!
Jeun’ joli moine
A huit heures il s’en va.
Jeun’ joli’ dame,
La porte ell’ lui ouvra.
Elle lui dit :
« Moine mon ami,
Pose-là donc tes culottes,
De l’argent si tu en as. »
Ah! Ah! Ah!
Jeun’ joli moine
Ses culottes il posa.
Jeun’ joli’ dame,
Elle les retira.
Elle lui dit:
« Moine mon ami,
Va t’en voir à la porte
Si mon mari ne vient pas. »
Ah! Ah! Ah!
Jeun’ joli’ moine
A la porte il s’en va :
Jeun’joli’ dame,
Dehors ell’ l’enferma.
Elle lui dit :
« Moine mon ami,
Compte les clous de la porte,
Tu sauras combien n’y en a. »
Ah! Ah! Ah!
« Jeun’ joli’ dame,
Rendez-moi mes habits !
Habits de moine
Ne peuvent rien vous servir. »
Elle lui dit :
« Moine, mon ami,
Oh! je les ferai reteindre,
Mon mari les portera. »
Ah! Ah! Ah!
« Jeun’ joli’ dame,
Rendez-moi mon argent.
L’argent de moine
Rentre pas au couvent. »
Elle lui dit :
« Moine, mon ami,
Mon mari en fera la noce
Du temps que l’argent durera. »
Ah! Ah! Ah!
Jeun’ joli moine
Au couvent il s’en va.
A ses confrères
La farce il raconta.
Ils lui ont dit :
« Moine, mon ami,
Le bon Dieu, béniss’ les femmes
Qui vous ont fait ce tour-là ! »
Ah! Ah! Ah!
Le Curé de Paladru
Connaissez vo zans de sant Piéro
Rè Dom Rènè de Paladru
Qu’a na se bèle pimpenière
Per i meuri noyis bien dus
I nos anme, de vos assuro
U vo tuis nos fare insara
Bigota porte don de buro
A ce bon cura
Bigota porte don de buro
A ce bon cura
Connaissez-vous, gens de Saint-Pierre
Rey, Dom René de Paladru
Qui a une si belle pépinière
Pour y mûrir des noyers bien durs
Il nous aime, je vous assure
Il veut tous nous faire enfermer
Bigote, porte donc du beurre
À ce bon curé
U le tins vius de notres terres
De ne dzo pas qu’u sè fripon
Ma cele marsands de priéres
An quoque fèi lou dèi bien longs
E faut requieula ta conchisa
Mon poro Rè t’a bio brama
Et s’i te fan d’autres soutises
T’aré su le nâ
Aux temps anciens de nos terres
Je ne dis pas qu’il soit fripon
Mais ces marchands de prières
Ont parfois les doigts bien longs
Il faut reculer ta convoitise
Mon pauvre Rey, tu as beau crier
Et s’ils te font d’autres sottises
Tu auras des coups sur le nez