L’entrée de Beauvoir, à gauche le château
Vouèla l'Affare
« Sur le chemin de Beauvoir, ce matin-là, et tralala la barota à bras, y ava Moitié de Poule, le Lièvre Blanc, la Chourela et ses menons, le Fanfoué de Bonne et sa bande de rufians. Le Fanfoué cherchait toujours le Merle Blanc pour lui voler sa cage avec des barreaux d’or incrustés de diamants. Moitié de Poule suivait le Fanfoué « qu’il lui rende les sous qu’il lui doit ». La Chourela et ses menons – la cabraille – ouvraient la route. Le Lièvre Blanc, loin derrière dissertait sur cette fameuse Croisade de Smyrne qui avait achevé de ruiner ce pauvre Humbert… Mâme Enguerrand se tut, se signa, vida son verre (du Cornas) et reprit :

Lo Parliament de Sainct Andrié / 2
» Ce numéro, le premier et peut-être le dernier – Il faut s’attendre à tout quand on travaille avec une bande de péliandrus – sera consacré au Carnet de chansons de l’Adelphine C., un recueil de vieilles chansons dauphinoises que nous nous nous sommes attachées, les Comares et moi, à reconstituer en respectant l’esprit de l’Adelphine. Une Sainte, une Sainte dauphinoise, parlait patois, cuisinant comme personne, faisant avec quelques pommes de terre et une moitié de poireau une soupe inoubliable ; et je ne parle pas de ses omelettes ou de ses tartes au sucre… Une femme de caractère, ouvrière aux Tissages, pas le genre à se syndiquer, mais tout à fait capable de rameuter quelques copines pou balancer dans les escaliers un « gareur » harcelant les gamines.
Il y aura aussi une série d’articles des Magasinopathes – Les Magasinades – une histoire du Magasin-Cnac de Grenoble.
Les Comares donneront les Lettres A et B de la première version de leur grand lexique dauphinois français. Une œuvre monumentale, où se mêleront francoprovençal et Occitan, commentaires pleins de bon sens et de mauvaise foi, images et jeux sur les mots. Une parfaite illustration des 3M – Mauvoillenci, Malautruisi, Mauconsets – notre méthode à nous, reconnaissant comme incontournables et inévitables les a priori, la mauvaise foi et la subjectivité.
Lo Kristian nous parlera de son enfance et nous offrira une bande dessinée ‘ La Zanzina et la Formia » –
Je vous présenterai un remèdes de l’Oncle, les Vulnéraires
Pour finir Lo Sosthène dans ses « Morceaux choisis de littérature dauphinoise » donnera le Testament de Guigues Alleman, ou plutôt ce qu’il en reste.
Elle se tut, se racla la gorge, La Marine Jappet lui tendit un verre de Saint Peray. Revigorée elle reprit
» La « Rédaction » – La Gnia – se réunira cha dimar place Sant Andrié à Garnoblo. Il y aura de la tarte au safran, du Condrieu, du Bernin du Cornas, du Saint Peray et autres crus, sans oublier la « Gota » du Paul, raisins de la Tronche et de Claix, distillation maison… »
Le gardien du square qui l’avait écoutée attentivement depuis le début l’aida à descendre. Il aurait bien voulu lui dire que s’il n’était pas formellent interdit de monter sur les bancs, elle donnait aux petits enfnts un exemple déplorable… Mais il n’osa pas. Faudra qu’i demande au Chef que faire. Ces vieux sont bien sympathiques, mais il y a quelque chose d’étrange. Ils ne parlent n il’italien, ni l’anglias, ni l’arabe … Quoi alors? . La Marine Jappet voulut lui offrir un verre. C’était tentant, mais dans le service… Et il s’éclipsa.
‘La discussion s’engagea. Gran fut lo batifel, gran fut lo parliament …
Finalement dans l’enthousiasme général, on passa au buffet. La pogna ensofrana et lo bon vin de Condrieu et de Bernin u veiro entassa, usse revicolà locour d’un trapassa …
Iqui , à mala pena, finit lour batifel : & ja lou maniglié avian carillona Vépre à Sanct Andrié…