Francillonâ – Lettre M

Lettre M

FrancillonaABCDEFGHIJKLMNOPQRSTUVYZ

Lettre M - la Meunière de Marly

La Monière de Marly- vaudeville de Mélesville et Charles Duveyrier : costume d’Eugénie Sauvage (la meunière) – Gallica BNF

Lettre M / Ma

Ma, s. m. — Mal, douleur.

Ma que. — Puisque, pourvu que.

Màchitourla, s. f. — Espèce d’excroissance, de loupe qui vient sur les arbres. (Charbot.)

Bouleau. (Champ.)

Machôta, s. f. — Chouette.

Mâchurâ. — Noirci.

Mâchurâ, v. a. — Noircir, barbouiller.

Machura lo papié,  – Engager un procès, envoyer à quelqu’un du papier timbré.

Mâchuro, s. m. — Noirceur, malpropreté.

Maclassi, s. f. — Epithète que l’on donne à une fille libertine et sans pudeur. (Charbot)

Maclat, s. f. — Garçonnée, réunion de jeunes garçons, collectivité de mâles.

Maclun, s. m. — Colique néphrétique. (Champ.)

Magâgni, s. f. — Homme mou, lâche et maladroit, qui est dans un état maladif. (B.)

Mâgâgni, s. f. — Flegme, paresse.

Magin. — Mauvais. (Champ.)

Magité, s. m. — Ordre, commandement.

Magité, s. m. — Magister, maître d’école.

Magitelâ, v. n. — Faire le maître, commander, régenter. (Champ.)

Magnin,tamagnâro s. m. — Chaudronnier ambulant.

Mai. — Plus, davantage.

Et aussi : mé.

Maie (una), s. f. — Un pétrin.

Maïe, s. f. — Fête que les enfants célèbrent aux premiers jours de mai, en parant un d’entre eux et en lui donnant le titre de roi. (Champ.)

Maïeri, s. f. — Longue perche. (Champ.)

Maillié, v. a. — Tordre du bois flexible pour en faire des liens.

Maillié, s. m. pi. — On appelait ainsi jadis les sergents nommés par les seigneurs pour exploiter dans le district de leurs terres. (Charbot.)

Maïoussa, s. f. — Fraise. (Champ.)

Maissolâ, s. m. — Grosse dent.

Maître. — Nom que donnait à son mari la femme de la campagne.

Commentaire virulent

Maitreyié, v. n. — Maîtriser, commander, donner des ordres.

Mâla. — Mauvaise.

La mala tempêta –  Le mauvais temps, l’orage.

La mala seison – l’hiver et aussi une mauvaise année.

Mâla famina, s. f. — Faim dévorante, inanition.

Malâgra. — Maussade, grondeur, incivil, qu oblige de mauvaise grâce. (Champ.)

Mâlagrâ. — Mal vu, mal agréé, qu’on ne peut pas sentir, détesté.

Mâlagraci. — Mauvaise grâce, grimace.

Màlamen— Méchamment, sans aucune bonne volonté.

Malamen empreasei à fore son coma». 1

Màlamort (la). — La mauvaise mort, la mort qui n’est pas naturelle, la mort d’un supplicié.

Malanconi, s. f. — Tristesse, disposition particulière aux idées noires.

Malau. — Malade.

Malavisà. — Qui n’a que de mauvaises pensées, qui ne songe qu’à mal faire.

Malavisa d’Eyben, fagotié d’Eychiriole. M. 4.

Malaviey (le). — Nigaudes, jeunes filles qui n’ont pas su se conserver pures.

Re commentaire outré

Maleitrua (au fém.). — Malotrue, mal bâtie.

Qui ai la chamba torci et lo na deycorou.

  1. 5. Se dit aussi : maleitrio.

Malenconi, s. f. — Affliction, chagrin.

Malencontro, s. m. — Malheur, accident, hasard malheureux.

Per malencontro, par malheur.

Maleytru. — Malingre, malotru, mal bâti.

Maleyzià. — Difficile à faire.

Malheirou. — Malheureux, digne de compassion, à plaindre.

Grenoblo malherou.

Malheuranc, s. f. — Misère, détresse, mauvais état de choses, état de gône.

Malhiver, s. m. — Mauvaise saison.

Mal’ hôra, s. f. — Mauvais moment, mauvaise saison, l’hiver.

Mal-hôra (à la). — Au mauvais moment, à lamauvaise heure.

Mallié, v. a. — Tordre, entortiller.

Mloutruisi, s. f. — Malveillance, propos désobligeante

maloutruisi.L. 3. ‘adonna à aloutruisi . 3.

Mammi. — Idiot, abruti.

Man, s. f. — Main.

Manda, v. a. — Envoyer.

Manda, v. a. — Faire savoir par un commissionnaire, ce mot éveillant toujours l’idée d’un ordre, d’un départ.

Mandiguéla, s. f. — Femme de mauvaise vie; nous dirions dans le même sens : une traînée.

Re-Commentaire

Mandela, s. f. — Amande, noisette.

Mandrilli s. f. — Vieille robe, vêtement en lambeaux et passé de mode. (B.)

Manéchâ, s. m. — Le maréchal ferrant.

Maneyié, v. a. — Manier, palper.

Mangeo, s. m. — Manche d’outil.

Mangi, s. f. — Manche d’habit.

Maniau, s. m. pi. – Vers à soie.

Maniglié, s. m. – Sonneur de cloches, le marguillier

Manilli, s. f. — Anse, poignée etérieure servant  porter un panier, etc.

Manlevâ, v. a. — Relever, remettre à flots.

Manon, s. m. — Gerbe de chanvre non encore eille.

Manore, s. m. pi. — Ouvriers, surtout les terrassiers.

Manoûra, s. m. — Manoeuvre, celui qui travaille e ses mains. . 4.

Manqua (se). — Se tromper.

Mantelôta, s. f. — Gilet.

Manteni, v. n. — Affirmer, soutenir. L. 3.

Manteni, v. a. — Entretenir, défendre.

Monsieu lo grand abbé marohave simplamen,

Suivi du grand consey, gen de bona cabochi.

Qui sçavon manteni l’honou de la perrochi, . 7.

Mantet, s. m. — Manteau.

Mantil, s. m. — On nomme ainsi la nappe de able. (Charbot.)

Manvirià, s. f. — Tour de main.

Mâque — Pourvu que.

Mâque souqua. — Pourvu que seulement.

Marbiéra (per la)— Gomme d’ordinaire, commee coutume.

Marchié, v. n. — Marcher.

Marchié pe lou ban, se dit d’un enfant qui commence  marcher seul en s’aidant de tout ce qu’il rencontre.

Mari. — Flétri. (Charbot.)

Marci. — Merci, grâce, faveur,r écompense; sentiment ui vous pousse à épargner quelqu’un.

Marci, v. n. — Flétrir. (Champ.)

Marciro, s. m. — Ellébore.

Marcorâ, v. a. — Faire de la peine, tourmenter, onner de l’ennui.

Marcorâ. — Ennuyé, triste, chagrin.

Marcorâ (se). — Se chagriner, se tourmenter, e décourager.

Marcourâ, v. a. — Décourager, dégoûter. (Champ.)

Mare, s. f. — Mère et aussi matrice.

Mare. — Absolument, complètement, tout à fait.

Marc levari. — Accoucheuse.

Marcea. — Sage-femme. (B.)

Marcea. — Dévidoir. (Proveyz.)

Marre (lo). — Le Mariste, et par extension out frère prêcheur.

Mâre-nu. — Tout nu, absolument nu.

Mâre-sâgi, s. f. — Accoucheuse.

On dit aussi : mâre-levari.

Mareychâ, s. m. — Maréchal ferrant.

Marfondu. — Rendu, exténué de fatigue, qui ‘en peut plus.

Margaillat, s. m. — Crachat visqueux d’une personne fortement enrhumée.

Margot, s. f. — La pie.

Voir : ayâssi.

Margoulin, s. m. — Vaurien, fainéant, mauvais ujet.

Mari. — Petit, chétif, de peu de valeur.

Marina, s. f. — Marraine. . 3.

Marina, v. n. — Terme de jardinier. Mettre la dernière main, la dernière perche à une aie

faite en plessis. (Charbot.)

Mariotta, s. f. — Marmotte.

Sauta com’un miron, danaié come mariotta. M. 8.

Mariote, s. f. pi. — Marmottes.

Se viron cey et ley, danson comme mariotte. . 4.

Marjolet. — Amoureux, galant, fat, petit crevé.

Marma. — Sur mon âme, sorte de serment jadis ort à la mode.

Marmotâna, s. f. — La marmotte que les petits avoyards faisaient et font encore danser au sn de la viourna en salmodiant quelque air onotone de la montagne.

Eymwrtia de la fret du grand quarfié d’hyver,

Marnon. — Juron du XVII siècle.

Maroquin, s. m. — Fagot d’une certaine grosseur ont les boulangers se servent pour hauffer leur four.

Marpâ (lo), s. m. — Malheur, malechance, déveine, t aussi fripon, voleur, vaurien.

Marpaillà. — Manger avec sensualité. (Champ.)

Marpaillié, v. a. — Déchirer, mettre en lambeaux.

Marpau, s. m. — Filou, fripon, voleur, et aussi avorton.

Marpaudâ, v. a. — Voler, détourner, mais aussi déchirer, causer un préjudice.

Marret, s. m. — Un tas. (Proveyz.)

Mârria. — Ennuyée, fâchée.

Marsauzi, s. m. — Arbuste dont les feuilles ressemblent à celles du saule et qui se trouve dans les endroits humides; saule marceau.

Marsiro, s. m. — Plante à feuilles allongées dont on fait des balais pour nettoyer les fours. Les paysans s’en servent aussi à frictionner les boeufs qui ont le charbon.

Marteleura, s. f. — Petit marteau servant à battre le tranchant de la faux.

Voir enchaplà.

Martélla, s. f. — Sorte de hache munie d’un petit tranchant d’un côté et d’un fort marteau de l’autre. C’est un outil dont se servent les bûcherons pour enfoncer le coin, — la bessouri, — dans les pièces de bois {pe le ‘abaissié, ou bien encore pe le baissié).

Martouillié, v. n. — Donner à la tôte, porter au cerveau en parlant d’un vin très fortement alcoolisé.

Ne faudrit beliau pas si fia! Eyt in vin que martouille. Proveyz.

Marzi, v. a. — Fdre marzi, étendre le chanvre à la rosée pour le faire blanchir.

Masqua. — Effrontée, parce que les personnes qui prennent des masques sont plus audacieuses que les autres.

Masqua, si ton amour ne cède à ma reyson,

le farey retenti d’esclando la meyson.M5

Massetat, s. f. — Marteau de tailleur de pierres.

Mastachin. — Danse du XVII siècle.

Mat (la) amat — Le pétrin, huche à pain.

Faite porta de vin, abada lo barra,

Et sortez de la mat ce que sarat sa/rra.

  1. 9. Voir : amat.

La mat, qui commence à disparaître do nos montagnes, était et est encore une table de cuisine à caisse profonde et moins large au fond qu’à son ouverture, qui servait à pétrir et à renfermer le pain une fois cuit.

Mata, V. a. — Pétrir, faire du pain. (Champ.)

Mata, V. a. — Assommer.

Mâtafam, s. m. — Matefaim. Espèce de gâteau fait avec de la farine battue avec du lait et des oeufs et frit à la poêle.

Voir : tortet.

Màtio. — Flétri.

Se dit aussi : mâzio.

Maton, s. m. — Pain de noix. (Champ.)

Matra, s. f. — La fouine.

Matrat, s. m. — Trait, dard, gros bâton.

Matrouillié, v. a. — Mâcher longuement.

Matta, s. f. — Fosse, tombeau, trou, cercueil. (Roq.)

Un ingrat, un fils qui ne donne que de l’ennui, qui conduit son père à la tombe.

Mau Mal.Mau. — Mauvais.

Mauconset, s. m. — Conseil pervers, qu’on ne doit pas mettre à exécution.

Voir Courir Car et Canton

Mauconten. — Mécontent, qui n’est pas satisfait.

Maucoussent. — Impertinent. (Champ.)

Mudamageo. — Beau dommage 1 vraiment!

Maudamageo, monsieu, quand ine me commande

De fore contra ce que Ihonou recommande. M. 4.

Maurazau — Malfaisant, méchant.

Mau-fat. — Ce qui est mal fait ou qu’on a tort de faire, mauvaise action,

Maugain (à). — A regret, à contre-coeurMaugra. — Malgré.

Maugra non de le fene , juron.

correspond assez bien à notre : au diable les femmes!.

Ma filli maugra mi vou estre dameisella. M. 4.

Maugraciou. — Mal gracieux, sans aucune grâce.

Mauje, s. m. — Mauvais temps. (J. O.)

Maunet. — Sale, malpropre.

Maunet (lo), s. m. — L’endroit malpropre et dans un sens léger le derrière.

Maunèta. — Malpropre, sale, dégoûtante.

Maunetta (au fém.) maunet — Malpropre.

Dorada maunetta, pâtisserie malpropre. M. 5.

Mau-pâtâ. — Mal pétris, mal bâtis, mal faits.

Maupatei. — Mal bâties, mal faites.

Maupidou. — Impitoyable.

Maureceu. — Mal venu.

Mau-sagio. — Imprudent, malavisé, téméraire.

Mau-san. — Malade, d’une santé délicate

Mauvoillenci, s. f. — Malveillance, mauvais vouloir, intention fâcheuse.

Voir Courir Car et Canton

Mau-voillien. — Malveillant, méchant.

Et aussi mauvoillien.

Mauvolu. — Mal venu, littéralement : mal voulu, et par conséquent à qui on fait mauvais accueil.

May. — Plus, davantage.

May. — Encore.

Maye, s. f. — fillette qu’on habille en reine au mois de mai et qu’on expose dans les campagnes au milieu d’un trône de feuillages.

Mayenchi. — Terme injurieux qui s’applique à un homme faible, petit et mince. (B.)

Mayèri, s. f. — Branche de saule que l’on coupe pour faire du bois et que l’on emploie aussi pour soutenir les pampres de la vigne. (B.)

Mayoussa, s. f. — Fraise. Mais surtout la petite fraise des bois.

Mayoussié, s. m. — Fraisier.

Mazantâ, v. a. — Soupeser.

Mâzio. — Se dit du pain et des fruits qui deviennent ridés et flétris en se desséchant. (Charbot.)

Lettre M / Me

Mean. — Pourvu que.

Méari, s. f. — Métairie, ferme d’une certaine importance.

Méchabit, s. m. — Différend, contestation, querelle.

Méchavet, s. m. — Bêche, boyau.

Méchintisi, s. f. — Action méchante, parole médisante.

Méchintisi, s. f. — Méchanceté.

Mécla, s. f. — Méteil, mélange par moitié de seigle et de froment.

Mèclie. (B.) Mélange de foin et de paille à l’usage des vaches et des chevaux.

MécIâ, v. a. — Mélanger.

Mécle (de). — On appelait ainsi un mélange d’orge et de blé trémois {blâ tramei) qu’on semait au printemps et qui servait à faire du pain à la fois économique et rafraîchissant.

Voir cossié.

Mécliau. — Mélange de foin et de paille que l’on donne aux bestiaux pendant l’hiver.

Mei, s. m. — Mois.

Mei, s. m. — Milieu, et aussi : mitan.

Entremei, au milieu.

Mei. — Plus, davantage.

Meian, s. m. — Moyen, qui tient le milieu. Nom de la corde qui sert à atteler les boeufs quand le timon est trop court. (Charbot.)

Meichentisi, s. f. — Méchanceté. L. 1.

Meicla, s. f. — Blé méteil.

Meijour. — Midi.

Meilleiirié, v. a. — Améliorer.

Meillou. — Meilleur.

Mein. — Moins.

Meina, s. m. pi. — Les garçons.

Meinau, s. m. pi. — Mes gaillards ! mes garçons

Ah! vo creïé, meinau, me fare ici la loi? Ménilgrand.

Meiparti. — Déchiré, partagé par le milieu.

Mon cour et meiparti de regret. M. 5.

Meirié, v. a. — Mouvoir, remuer, agiter,

Meisanotadv -. ce soir, cette nuit. (Charbot.)

Meisonâ, s. f. — Maison. Toutes les personnes qui habitent  ensemble, la famille jusques et y compris la domesticité.

Mcisselar, s. m. — Molaire, grosse dent.

Meissi, s. f. — Pampre de vigne. (Champ.)

Meisson, s. f. — Moisson.

Meissonnâ, v. n. — Faire les moissons.

Meila, s. f. — Moitié.

Si t’avia la meita de la langou que j’ay,

Tu vindria caqueta de l’amour comm’un jay.

Mei qui porriet-to vicotaf

Tout est si chier que la meita

Du monda languit sur la terra. M5. M6.

Meitra, s. f. — Maîtresse, qui a le pouvoir.

Meitreyié, v. a. — Maîtriser, commander, régenter.

Meliou. — Meilleur.

Melôta, s. f. — Morceau de forme régulière pétri ou façonné avec les mains.

Men. — Mien.

Lo men – le mien. M. 5.

Mon (la). — La mienne.

Mena, s. f. — Petite lanière de cuir qui sert à attacher le timon au joug et aussi à relier le manche du fléau à la verge.

Ménimou. — Minime.

Menitro, s. m. — Ministre, suppôt.

U dit que lou violon

Son menitro du diéblo. L. 3.

Menon, s. m. — On donne ce nom au bouc châtré. (Charbot.)

On connait les Menons, gardes du corps de la Chourela

Ménon, s. m. — Petit morceau de bois destiné à tordre et à serrer la mena (voir ce nom).

 

Lettre M / Me (suite)

Menta ou mentala, s. f. — Le membre viril.

On ne pot ne dancié, ne mei planta la ménta

Sen l’aida et lo secour de quoque bon garçon. U 3.

Commentaire

Mente-fei. — Maintes fois, bien souvent.

Méon, s. m. — Moyen.

La danci et lo méon lo meillou de parla

Et de l’hora et du leu de no zentacoula. L. 3.

Meon, s. m. — Raison, sujet.

Méravillié (se). S’étonner, ne pas comprendre.

Mercuret, marcoret, s. m. — Petite mesure des liquides.

Mèrebûda, s. f. — Grosse andouille formée de tous les boyaux restant du cochon après que l’on a fait les boudins.

Mépié, V. a. — Mouvoir, remuer.

Merlut (lo). — La morue, la merluche.

Meschen. — Méchant, mauvais.

Mescogneussan. — Ingrat, qui ne sait pas ce que c’est que la reconnaissance.

Mesongié. — Menteur.

Messongi, s. f. — Mensonge.

On dit aussi, quoique plus rarement : Ongeo.

Messongié, geiri. — Menteur, menteuse, trompeur.

Mesteyrau, s. m. — Artisan, ouvrier, qui travaille de ses mains, qui fait oeuvre de ses dix doigts.

Métâ, s. f. — La moitié.

Metay (lo), s. m. — Le laboureur, le moissonneur, le fermier, le métayer, celui qui tient et fait valoir une ferme pour la moitié des fruits.

Meûla, s. f. — Moelle.

Meûla, s. f. — Petite fente ou gerçure au talon, crevasse produite par une engelure.

Meupâ, V. a. et n. — Mûrir.

Meure, meutres. f. pi. — Fruit du mûrier et de la ronce.

Meureusson, murisson s. m. — Grosse andouille Gros saucisson qui se conserve dans l’huile

Meurgeat, s. m. — Tas de pierres et par extension un tas d’objets ou de personnes. (Proveyz.)

Mey, s. m. — Milieu.

Mey, s. f. — Moitié.

Mey. — Plus, davantage.

Mey que –  plus que.

Mey, s. m. — Mois.

Meyelâ. — Mélangé, mêlé.

Meycla. ‘— Froment de mauvaise qualité mélangé avec du seigle ou de l’orge.

Meyjour. — Midi.

Meylin – meylet. — Méli-mélo, tous ensemble, garçons et filles.

Meynâ. — Petit enfant, l’enfance. (J. 0.)

Meynâ, s. m. — L’ensemble des jeunes garçons d’un village, la jeunesse masculine.

Meynot. — Minuit. A la meynot. A. R.

Meyon, s. m. — Case, compartiment. L. 3.

Meysolar, s. m. pi. — Grosses dents, molaires.

Meyta, s. f. — Moitié.

Meyterau (lou), s. m. pi. — Les gens qui ont un métier, tous ceux qui ont une profession manuelle.

Meytra, s. f. — Maîtresse de maison.

Mezantà, v. a. — Soupeser, apprécier le poids.

Mezeu. — Aujourd’hui, à l’instant, sur-le champ.

Mezeu. — Désormais, dorénavant.

Mezeuron, s. m. — Petit panier tronronique pourvu d’une anse, dans lequel on met des fruits pour les apporter au marché.

Mi, ti. — Moi, toi.

Mé. (B.)

Lettre M / Mi

Mïa, s. f. — Amie, maîtresse.

Lor mia, leur amie.

Miâro, s. m. — Matou.

Miaronâ, v. n. — Miauler, en parlant du chat qui appelle la chatte, ou inversement.

Michi (una), s. f. — Espèce de petit pain de forme allongée et terminé en pointe de chaque bout.

Le miche du eu –  les fesses, qui ressemblent, en effet, à deux miches accouplées.

Est à fare u poltron d’avey cella malici,

Car le miche du eu lour vont toûjour trcmblan. M. 8.

Michau, s. m. — Petite benne de bois pourvue d’un long manche et servant à puiser le purin.

Mié (lo), s. m. — Le miel.

Miégi, s. f. — Le petit lait, la partie séreuse qui sort du lait quand il se caille.

Miéjot. — Midi.

Miel. — Tas, monceau. (Champ.)

Miéna. — Qui est à moi. Nous dirions aujourd’hui dans le même sens : ma chère!

Miéno, miéna. — Mien, mienne.

Lo miéno, la miéna, le mien, la mienne.

Miéna, terme d’amitié. Ma petite.

Miet. — Monceau, tas.

Miet, s. m. — Miel.

Miet, s. m. — Amas de bois coupé dont les bûcheronsfont des fagots et les  charbonniers du charbon de bois.

On dit aussi : ina roula.

Migeâilli, s. f. — Provisions de bouche.

Migeome, s. m. — Le roitelet.

Migeou. — Mangeur.

Migerot, s. m. — Les légumes qui doivent servir à faire la soupe.

Migeyson, s. f. — Appétit, envie, besoin de manger.

Migeyson, s. f. — Démangeaison, chaleur occasionnée par le besoin de se gratter.

Migié, V. a. — Manger..

Jamey tardi n’a migea son saou, en parlant du blé qu’on sème un peu trop tard, en décembre par exemple, et qui ne produit pas autant que celui qui a été semé plus tôt.

Se laissié migié sa sopa –  se laisser bêtement prendre ce que l’on a, ne pas savoir se défendre.

Migié (lo), s. m. — Ce qui se mange, les aliments.

Migimotet, s. m. — Croque-marmots, croquemitaine. L. 1.

Migipapet. — Hypocrite, menteur, avaleur de bon Dieu.

Sor, sor de ta meyson, berchu, migipapet,

le te vollo baillié tau cop sur le coppet

Que ie t’accaparay d’una branchi qui brûle. M. 8.

Migison, s. f. — Démangeaison.

Migilout. — Qui tout dévore.

Migranà, s. f. — La grenade.

Millianta. — Des milliers.

Mina colessi, s. f. — Sainte nitouche, à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. C’est toujours pris dans un sens injurieux.

Ministre, s. m. — Un âne.

Minti, V. n. — Mentir.

Minuta, V. a. — Escompter l’avenir, projeter quelque chose pour l’accomplir.

Minutan son retour devant que son despart.

Miou, s. m. — Mulet

Mira, s. f. — Chatte.

Miron, le chat, et aussi câlin, enjôleur, qui vous caresse et vous donne traîtreusement un coup de patte.

Miraillié (se). — Se regarder avec complaisance dans une glace, prendre plaisir à se mirer.

Mirâilli, s. f. — Vache noire tachetée de blanc.

Miraillôte, s. f. pi. — Cônes de terre dans lesquels on met du bois et qu’on fait brûler pour amender la terre d’un champ.

Miray. — Miroir.

Mire, s. f. pi. — Chattes.

Mirèla, s. f. — Petite chatte. L. 1.

Mireu, s. m. pi. — Miroirs.

Miricolà, fricôlas. f. — La morille, champignon.

Miricotâ, v. a. — Terme de jardinier. C’est coucher en terre une branche quelconque pour lui faire prendre racine.

Miron, s. m. — Chat.

Aplagnié lo miron –  amadouer le chat. M4.

Miron, s. m. — Coureur de filles.

Gro miron de la Mura et de la Mateysina

Qui chassie tou lou rat den la terra veisina.M. 4.

Miron mirelle, s. f. pi. — Chatteries, minauderies.

Mironâ, v. n. — Se dit d’une chatte qui miaule pour appeler un mâle.

Su l’ot una mira jardoiri

Mirona su lo tet. L. 1.

Mirondèlla, s. f. — Coureuse, fille ou femme de moeurs légères.

Mironna. — Féline, traîtresse, qui a de la ressemblance avec le chat.

Lo raci mironna, la race féline, les voleurs, tous ceux qui cherchent à tromper les autres, les malhonnêtes gens.

Mironton, s. m. — Chaton du noyer.

Mirouflet. — Qui a de grosses joues, frais et bien portant. (Eybens.)

Miroufla – grassouillette.

Misto. — Joli, propre, bien agencé.

Mistodin ou mistoudin, s. m. — Muscadins, les gommeux, les petits crevés du XVII.

Mitan, s. m. — Milieu.

U fin mitan –  au beau milieu.

Lettre M / Mo

Mo. — Mou, flasque, tendre.

Môchi (una). — Mèche de lampe.

Mochié, v. a. — Moucher et aussi donner un soufflet.

Mochié lo chiet, faire un faux pas.

Moellon, s. m. — Partie fumante et mal éteinte d’une chandelle.

Mochou, s. m. — Mouchoir.

Mocossin. — Se dit d’une jeune personne qui ne sait pas se tenir comme le veulent les usages. Au fém : mocossinta.

Moequou. — Moqueur, qui tourne les autres en ridicule, qui leur dit des impertinences.

Venteire de Seissin, moequou de Sassonagco. M. 4.

Modâ, v. a. — Lâcher. Il se dit proprement des cordes avec lesquelles on remonte un bateau. (Champ.)

Modâ, v. n. — Partir, se mettre en route.

Môda, S. f. — Mode, l’une des trois sonneries qu’on fait dans les villages pour avertir les fidèles du commencement de la messe.

La promeiri môda, la segonda môda, la darei môda.

Au plur. : mode.

Moduragoo, s. m. — Droit d’usage d’un moulin.

Modureiri, s. f. — Mesure de grains qui contient tout ce qu’un moulin peut moudre en une fois. (B.)

Moeino, s. m. — La pièce d’un pressoir à vin où l’on met la clef pour le serrer. (Charbot.)

Moéro (je). — Je meurs.

Mogni, s. f. — Biceps.

Molû, V. a. — Lâcher, détendre, laisser glisser en parlant de la corde qui sert à élever des fardeaux avec une échelle d’engin.

Môla, s. f. — Meule, pierre à aiguiser.

Molar, s. m. — Elévation, colline, lieu élevé.

Molen, s. m. — Moulin.

Molenda, s. f. — Mouture. C’est l’ensemble du blé qu’un particulier fait moudre à la fois. (Charbot.)

Moliandron, s. m. — Ragoût de viande de mouton et de pommes de terre.

Saucisson, murûson, jambon, patié, raviole,

Fricassié, moliandron remplisson le courniole. B. 9.

Molinâ, V. a. — Moudre. Se dit surtout en parlant du moulin à café.

Molinasson. — Mou, flasque, sans énergie.

Voir : molasson, molassouna.

Molar. — Lieu élevé, colline. (Champ.)

MoIIcn, s. m. — Moulin.

Molié, s. m. pi. — Marais. (B.)

Mollié, V. a. — Mouiller.

Molon, s. m. — Tas, monceau.

Monda, V. a. — Casser des noix pour en extraire les noyaux.

Mondou, mondousa, mondaille.

Monda, V. n. — Casser, éplucher et trier les noix cassées. De là : mondou, mondousa et mondaison.

Mondâilu, s. f. — Travail qui consiste à casser les noix et à séparer le fruit de la coquille.

Monichl, s. f. — Le mont de Vénus

Moniér, moniére – Meunier, meunière

Monina, s. f. — Guenon, la femelle du singe.

Monséyié, v. a. — Traiter de monsieur. On dit encore : je lui ai donné du monsieur gros comme le bras.

Montangi, coutangi s. f. — Coût, prix, somme à laquelle s’élève quelque chose qu’on vient d’acheter. (B.) Voir : coutangi.

Montanièri, s. f. — Bois qu’on lie verticalement aux traverses des vignes en hautin pour y attacher les pampres.

Montéla, s. f. — Belette.

Moque (de). — Feint, pour rire, pour se moquerMorà. — Mûre, fruit de l’arbre qui a nom mûrier.

Morcet, s. m. – Morceau, lopin de terre.

Morccu, S. m. pi. — Morceaux.

Morei, s. m. — Mûrier.

Morgan, s. m. — Faiseur d’embarras, querelleur, mauvais coucheur, gouailleur.

Morgua, s. f. — Orgueil, suffisance.

Mori, v. n. — Mourir.

Morié, s. m. — Mûrier, arbre qui porte les mûres.

Morliet, s. m. — Grillon.

Morliet, adj. — Boudeur. Se dit surtout d’un petit oiseau qui ne sait pas encore manger tout seul et qui ne veut pas prendre la nourriture qu’on lui donne.

Morliétâ, v. n. — Bouder. Refuser la nourriture, en parlant des jeunes oiseaux qui ne savent pas encore manger seuls.

Morèyié, v. a. — Menacer.

Mornifla, s. f. — Gifle, soufflet.

Morniflou. — Morveux, petit garçon malpropre.

Morrion, s. m. — Le fond d’une casserole, d’un petit poêlon, parce que, retourné à l’envers et privé de sa queue, il a quelque peu l’apparence d’un casque.

Morteirié, v. a. — Piler.

Morvelle, s. f. pi. — Le volubilis.

Messe. — Monsieur, messer.

Mostachin. — Espèce de danse fort en usage au xvn’ siècle.

Nom qu’on donnait, au xvr siècle, à la danse armée ou pyrrhique. (Roq.)

Motà. — Sans cornes.

Motet, s. m. — Petit enfant, nourrisson.

Motet, s. m. — Le cul-blanc, ainsi nommé parce qu’il saute en voletant de motte en motte. On dit aussi : le moteu.

Motillon. — Petit enfant, nouveau-né.

Motin. — Sans cornes.

On dit : in nhourot motin et ina chiûra motat.

Mottet, s. m. — Garçon, jeune homme.

Mou, tou, sou. — Mes, tes ses (au masculin).

Me, te, se, mes, tes, ses (au féminin).

Moucherla, s. f. — Moucherolle, fauvette. On donne ce nom à une personne maigre et grande. (Champ.) Cochierla. (B.)

Mouchi jailli, s. f. — Œstre, taon.

Mouchillon, s. m. — Moucheron.

Moudâ, V. n. — Partir.

Mouendà, v. a. — Donner le premier labour à la terre. (Champ.)

Mougi, s. f. — Vache qui commence à prendre du lait et même une vache laitière en général.

Mouneyri, s. f. — Meunière.

Mounié, s. m. — Meunier.

Mourcillié, v. a. — Mordiller.

Mourgâ, v. n. — Faire la nique.

Monta sur un chiva qui uz autre mourgo/ve.

Et gui superbamen su lo parey gingave,

V rendit tou loue eu biaucop plu reboiiillar

Que Reynaud su bayard. M. 6.

Voir : murgd.

Mourié, s. m. — Mûrier, arbre qui porte les mûres et dont les feuilles servent à la nourriture des vers à soie

Mourliet, s. m. — Grillon.

Mourna, s. f. — Anneau ou plutôt virole en métal qui sert à maintenir une lame dans son manche.

Mourna,botifla  s. f. — Toupie.

Mouroune, s. f. pi. — Cerise . Variété particulièrement petites et noires comme de l’encre lorsqu’elles sont bien mûres.

Mourquintéla. — Capricieux, fantasque.

Mourra (la). — Espèce de jeu très à la mode dans le Piémont.

Mourro, s. m. — Visage.

Moursa, s. f. — Amorce d’une arme à feu, grains de poudre dont on remplissait le bassinet des anciens fusils à pierre.

Moursin, s. m. — Noeud d’une corde fait de telle manière qu’il est très difficile à défaire. (B.)

Mourvelou, s. m. — Petit morveux, terme de mépris.

Mousqu’entêta. — Ecervelé, capricieux, étourdi. (Charbot.) Nous disons aujourd’hui dans le même sens : avoir une araignée dans le plafond.

Mousquetâda, s. f. — Décharge simultanée de plusieurs coups de fusil.

Moustachin. — Danse en usage au XVII siècle.

Mouta, adj. fém. — Sans cornes.

Moutella, s. f. — Belette. Fouine, nom vulgaire de la martre des hêtres.

Moutié, s. m. — Monastère, couvent.

Mouze, V. a. — Traire une vache ou une chèvre.

Movendâ, v. a. — Terme d’agriculture. Donner le premier labour à un champ. (Charbot.)

Lettre M / Mu

Mucel, s. m. — P de fll, de laine ou de soie. (Charbot.)

Muguet. — Fashionable, jeune et aimable garçon et aussi l’amant d’une femme.

Mûla, s. f. — Moelle.

Muranchi, s. f. — Maison bâtie en pierre, par opposition à paillanci, maison couverte de paille. (Champ.)

Muresson, s. m. — Andouille.

Choqua lo muresson – avaler l’andouille et en parlant d’une femme : se livrer au mâle.

Murgié, s. m. — Tas de pierres extraites des champs et amoncelées dans un coin.

Murissin et murisson ou murusson. — Andouille. (Champ.)

Musi, V. n. — Moisir.

Musi. — Moisi.

Mussâ (se). — Se cacher. (Charbot.)

Emussié –  faire sortir un animal de sa tanière.

Musselâ, s. m. — Une grosse dent, une molaire.

Mutrié. — Meurtrier, assassin.

Muzi. Mezi — Moisir. Voir : charmuzi.

Muzi ou mezi. — Moisi.